PREMIERE ONTOLOGIE
On peut déjà remarquer dans cette doctrine de Pythagore la tendance de l'homme à réaliser les abstractions de son esprit. On avait observé que l'époque tle sept mois est celle de la première dentition , l'époque de sept ans celle de la seconde , l'âge de quatorze ans celui de la puberté; que certaines maladies aiguës s'étaient spontanément terminées le septième jour, etc.Ehbien! aulieuderecueillir, avant de généraliser, les fails contraires à ces premières observa-
tions, on érige celles-ci en loi suprême. On fait plus , on transforme un compte de jours , de mois ou d'années, une simple opération de l'intelligence humaine, en une puissance active, et dès lors rien ne peut plus lui résister. On n'a plus d'yeux que pour voir ce qui est favorable au système , ce qui confirme le pouvoir de la nouvelle déité. A défaut du nombre sept , on a l'impair pour éluder certaines difficultés. Tous les évènemens heureux qui tombent dans l'un ou dans l'autre servent de preuve à la théorie; ceux qui la contredisent sont mis dans les exceptions, et, à la faveur des grands noms, ces erreurs se propagent jusqu'aux générations les plus reculées. Ces observations sont si vraies que , malgré tout ce qu'ont pu dire et écrire dans ces temps modernes les médecins et les accoucheurs les plus renommés, le peuple croit encore aujourd'hui, avec Hippocrate , que les enfans qui viennent au septième mois sont plus viables que ceux qui naissent au huitième. Pythagore avait pris les formules mathématiques pour les lois mêmes de la nature : de là son grand respect pour les nombres , et l'idée de leur subordonner tous les phénomènes de l'univers, comme à des puissances réelles, existant par elles-mêmes.