‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 90 sur 148 · EMPÉDOCLE · texte numérisé non relu

EMPÉDOCLE

Cette manière de procéder à l'étude des phénomènes de la nature fut celle de tous les anciens philosophes. Ils réalisaient quelques unes de leurs conceptions , et bâtissaient un roman sur une base aussi fragile. On en verra un grand exemple dans la doctrine de Platon.

Empédocle , le plus célèbre des disciples de Pythagore, croyait que la semence, dans les animaux, n'est autre chose que les diverses parties d'un nouvel être, dont les unes sont chez le mâle et les autres chez la femelle. Ces parties tendent incessamment à se réunir; de là l'attraction invincible des deux sexes l'un vers l'autre. Au surplus, ce philosophe fut aussi un médecin des plus éclairés de son époque, puisqu'il préserva de la peste la Sicile, sa patrie, en faisant boucher des ouvertures de montagne qui donnaient accès au souffle empoisonné d'un vent du midi. Il arrêta aussi dans une province les progrès d'une épidémie, par des canaux qu'il fit creuser pour procurer de l'écoulement à des eaux stagnantes. Il fit encore revenir une femme hystérique qui passait pour morte ; ce qui prouve qu'aux spéculations à priori, il savait joindre l'observation des agens qui peuvent modifier l'état des organes. Empédocle avait sur la respiration , les fonctions des sens et la composition des chairs, des idées qui n'ont pas toutes été perdues. Je mentionnerai sa théorie des quatre élémens, le feu, l'air, la terre et l'eau, qu'il considérait comme la base du corps animal, base sur laquelle on bâtit dans la suite le système de l'humorisme. Selon lui , les sueurs et les urines viennent du sang atténué et fondu. Il comparait les semences des plantes aux œufs des animaux , qui tombent dans le temps de leur maturité. Ce philosophe était avide de toute espèce de connaissances ; chacun connaît l'histoire vraie ou supposée de sa fin malheureuse dans le cratère du mont Etna, et plusieurs écrivains l'ont attribuée à son orgueil. Quoi qu'il en soit, ce que nous savons de lui

MÉDECINE AVANT HIPPOCRATE. f

prouve qu'il réunissait l'exercice de la médecine à la culture de la philosophie; mais rien n'annonce qu'il se soit livré à la dissection des animaux, dans le dessein de jeter quelque jour sur l'exercice de leurs fonctions.

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