‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 91 sur 148 · ALCMÉON · texte numérisé non relu

ALCMÉON

C'est à Alcméon , autre disciple de Pythagore , qu'on fait honneur de cette idée. Outre quelques opinions plus ou moins extraordinaires sur les fonctions , on remarque chez ce philosophe celle que la santé dépend de l'égalité de la chaleur , de la sécheresse , du froid et de l'humidité, ancien dogme que l'on retrouve, avec celui des quatre élémens, dans une doctrine médicale qui est devenue célèbre à une autre époque. La douceur , l'amertume et autres qualités semblables, concouraient également, selon l'opinion du même philosophe , à l'entretien de la santé, que l'influence des qualités contraires ne manquait pas d'altérer.

HERACLITE.

Heraclite, d'Éphèse, qui fut , pour ainsi dire , contemporain de Pythagore , et qui avait une philosophie particulière , se piquait également de réunir cette science à la médecine. Dans son humeur chagrine , il poussait à l'excès cette vie frugale dont Pythagore lui avait donné l'exemple. Si les conseils qu'd donnait aux autres ne furent pas plus fructueux que les essais qu'il tenta pour se délivrer d'une hydropisie qu'on dit avoir été la suite d'un pareil régime , nous ne devons pas regretter la perte de ses écrits.

8 MEDECINE AVANT IIIPPOCRATE.

Sa philosophie consistait à tout attribuer au feu. En médecine , il prétendait combattre l'humidité par la sécheresse, etc. Il donna donc aussi dans le vice de l'ontologie.

Quoiqu'il fût difficile aux philosophes de cette époque de résister au penchant qui porte l'homme à réaliser ses conceptions , quelques uns cependant surent en quelques points se soustraire à son influence , tandis que sur plusieurs autres ils s'y laissaient entraîner.

Page 1