SUCCESSEURS 1) HIPPOCRATE
n'y put réussir, parcequ'il se méprit toujours sur les résultats de l'observation. En effet, il y voyait trois choses , qui lui paraissaient exister de la même manière : les objets, l'esprit qui les observe par le moyen des sens, la vérité qui résulte de cette observation. Aujourd'hui nous savons qu'il n'aurait du voir que deux choses, les objets, l'organe intellectuel modifié par eux au moyen des sens ; et il nous est facile d'en conclure que tous les raisonnemens fondés sur l'existence de la troisième entité doivent être entachés d'un principe de fausseté. 11 en résulte qu'Aristote n'a eu que l'intention de rapporter nos connaissances à leur véritable source. C'était déjà beaucoup, et c'est en essayant de la remplir que ceux qui ont marché sur les traces de ce grand maître ont fini par atteindre le but qu'il avait en vain poursuivi.
On voit présentement comment Aristote a pu s'en rapporter de bonne foi à ce qu'il avait appris , à ce qu'il avait cru voir, ou à ce qu'il s'était figuré sur la structure et les fonctions des organes ; et pourquoi il n'a pas fondé une physiologie capable d'influer avantageusement sur l'art de guérir. Il prenait le résultat du témoignage infidèle de ses sens pour des vérités premières qui n'avaient pas besoin d'être démontrées, et avait autant de foi à ces entités factices,qu'il croyait puisées dans l'observation , que Platon en avait dans des entités analogues qu'il s'imaginait empreintes par la divinité même dans son esprit. Ce ne fut point sur la dialectique qu'Aristote fonda l'histoire naturelle et la physiologie; il la croyait inutile pour les vérités incontestables ; mais plus tard on fit un tel abus de
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cette méthode dans les écrits composés sur la médecine, que nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser d'en signaler l'origine.
DIOGLÈS ET PRAXAGORAS.
Deux médecins se rendirent célèbres après Hippocrate dans l'ancienne école dogmatique ; le premier fut Dioclès de Caryste, et ie second Praxagoras de Cos.
Les principes du premier s'accordaient avec ceux d'Hippocrate, à quelques légères nuances près, qui ne peuvent plus avoir d'intérêt pour nous. On présume qu'il pouvait être de l'âge d'Aristote. Quant à Praxagoras , il devait être plus jeune : ce médecin , qui était de la patrie et de la famille d'Hippocrate, fut le dernier rejeton de cette illustre maison, 'qui jeta beaucoup d'éclat. Il soutint dignement l'honneur de la médecine dogmatique. Le premier, il s'aperçut que le pouls peut fournir des signes précieux dans les maladies: et ses disciples tirèrent un grand parti de cette découverte. Il fut surtout grand humoriste ; c'est à lui qu'on doit l'invention de la pituite vitrée qui plus tard a fait dujÊteriit dans les écoles. Cœlius Aurelianus prétend qu uraisait un si grand usage des vomitifs, qu'il les poussait, dans Yileus , jusqu'au vomissement stercoral. C'est bien là l'exécution des préceptes fameux (jub naturavergit, eb ducendum ; vomilus vomitu curaiur. Nous arrêter à quelques différences d'opinions dans la même secte, serait une perte de temps ; ce qui nous intéresse désormais, c'est de savoir que Praxagoras, ce religieux conservateur de la doctrine sacrée de son aïeul , fut le maître d'un des médecins qui y portèrent les premières atteintes ; il
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s'agit d'Hérophiie , l'un des restaurateurs de l'anatomîe , dont nous verrons le nom figurer avec honneur dans l'école d'Alexandrie, après que nous aurons fait mention de- l'introduction du stoïcisme dans la médecine.