‹ Examen des revenus publicsChapitre 6 sur 29 · BASES PRINCIPALES DE LA RÉPARTITION DBS IMPÔTS · texte numérisé non relu

BASES PRINCIPALES DE LA RÉPARTITION DBS IMPÔTS

Ces grandes divisions une fois adoptées^ le coup d'œil de rhomme d'État doit mesurer dans toute leur étendue l'importance relative de ces deux sources de produits^ la force respective de cette double matière imposable^ et déterminer ensuite , par une exacte appréciation de toute la richesse publique^ la proportion qu'il convient d'établir entre les charges de la première nature et celles de la seconde^ soit en temps de paix^ soit pendant la guerre.

Aucun travail officiel» aucun document public n'indique que cette tâche importante ait jamais été accomplie 9 même par le génie de Colbert, qui a su recréer les revenus de la France pendant une administration de aa années.

Mais à travers les vicissitudes politiques qui nous ont longtemps agités , une idée aussi grande ne pouvait pas naître, mûrir, se formuler en loi , ni parvenir jusqu'à l'application. Nous avons accepté; sjsins les rattacher à aucuq plan ni à aucune vue d'ensemble;, les combinaisoiis.variées et succès^ sives qui nous ont été léguées par les gouvernements antérieurs et qui sont restées , pour ainsi

dire, instinctivement dans nos habitudes, avec des modifications appropriées aux circonstances.

Le fractionnement de l'administration des revenus publics, le défaut d'unité dans sa direction, de cohésion dans ses éléments et d'harmonie dans ses différentes parties, a dû prolonger cette sorte d'entraînement à conserver le lendemain la situation de la veille, et détourner l'attention du Gouvernement de l'organisation du système général des impots de la France.

Cependant l'un des Ministres du Gouvernement précédent , dont la vie a été honorée de si nombreux services (i), a semblé, au commencement de i85o, vouloir préparer et faciliter cette laborieuse recherche de l'égalité proportionnelle entre les charges et les ressources des contribuables, par un exposé fidèle et complet de l'état de cette partie de notre législation financière, où il explique avec franchise les conséquences favorables ou défavorables du régime en usage et des dispositions de nos tarifs. Cet acte de probité politique et de loyale discussion a rectifié bien des erreurs et des préventions malignement accréditées, et a procuré à l'adminis-

(i) M. le comte de Chabrol-Crousol.

tration de celte époque l'inappréciable avantage de se faire connaître par ses oeuvres. Toutefois, si cet homme de bien a eu le mérite, dans son trop court passage au ministère, d'ouvrir la carrière et d'en aplanir l'espace, il a laissé à ses successeurs le devoir de la parcourir tout entière et d'en toucher le but.

L'uniformité de notre organisation civile et politique, la promptitude et l'universalité du mécanisme administratif et de l'action du Gouvernement, semblent plus que jamais favoriser la solution du problème diflScile de la péréquation générale, ou égalité proportionnelle, des charges publiques.

Ce n'est pas pour la vaine satisfaction de voir se réaliser une vue spéculative, que nous sollicitons l'examen de cette question financière; ce n'est pas non plus pour provoquer le renversement des impôts établis , car nous acceptons leur existence comme un puissant argument en leur faveur ; mais nous croyons qu'il est indispensable de les protéger désormais par une démonstration conforme à la saine théorie et tout à fait convaincante pour la raison publique. Nous pensons même qu'il devient chaque jour plus pressant de faire comprendre un fait qui n'est pas assez connu.

c'est que la proportion qui existe à présent entre les deux classes principales de contribuables est bien plus favorable aux consommateurs qu'aux propriétaires. Cette vérité, si importante à manifester et à répandre, aurait frappé depuis longt^nps tous les regards et aurait averti plus d'une fois la I^isktore sur le danger d'épuis&t en ten^ de paix la lœittàire imposable la plus précieuse pendant la guerre , si le fm^îonnement de l'administration des revenus n'avait pas toujours séparé, au grand préjudice du pays, le travail des contributions directes proprement dites de celui de l'enregistrement.

EXAMEN DES REVENUS ^UBLIGS. lô

Page 1