RAISONS DE L'EXAMEN
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lourdes ; aujourd'hui, c’est presqu'un désert de rochers nus, résultat qu'il faut attribuer à la négligence ou à la malice de l’homme. Actuellement on ne peut voir encore, çà et là, que des commencements de ces conditions ; cependant il y a encore 150,000 acres d'un tel désert dans les trois comtés de Methuen, Anstruther et Burleigh seulement. Et si l’on continue à suivre à l'égard de ce territoire une administration d'indifférence et de négligence, ce qui aurait pu être une source continue de richesse deviendra non seulement une terre stérile, mais, par suite des changements, que subira le régime des eaux, les industries, établies pour utiliser les forces hydrauliques de ce bassin, seront menacées de ruine.
La région que nous décrivons repose sur la roche archéenne, polie par l’action glaciaire, et dont la désintégration est difficile ; le sol qui la recouvre est très mince et peut être emporté facilement jusqu'au fond des rivières ; elle est donc plus exposée que toute autre à être convertie en une stérilité irrémédiable.
On peut étudier en cette région, avec plus de précision que partout ailleurs, les effets d’incendies répétés, qui surviennent encore fréquemment, étude qui a été faite aussi attentivement que possible par le Dr. Howe. Les pertes financières, causées par ces incendies, justifieraient à elles seules cette investigation. Si le lecteur veut bien jeter un coup d'œil sur la page 66 et les suivantes, où sont discutés les divers points de la situation, il se convaincra qu'il s’agit ici d'autre chose que d'un problème académique.
Voici un spécimen de terre de milliers de milles carrés que l’on trouve dans d’autres parties des provinces de l'Est, et les conditions de ce bassin sont assurément extraordinaires. Elles se répètent partout où l’on a permis au feu et à la hache de détruire la forêt primitive d’une contrée qui repose sur une couche de roche archéenne, c'est-à-dire, chaque foi; que l’on a autorisé l'exploitation du bois, moyennant permis, sans sauvegarder le reboisement. Les conséquences d’une telle déplorable administration sont les mêmes partot.‘. L'enlèvement de tout le bois d'œuvre, sans la destruction des branchages, laisse sur le sol des débris qui, invariablement, deviennent une amorce (d'incendie ; le permissionnaire se désintéresse ensuite de sa propriété, et, ce qui est pis, le gouvernement lui-même ne s’en occupe plus. La nature s'efforce ensuite de reproduire la forêt, mais bientôt surviennent les incendies qui détruisent les meilleurs arbres et les rejetons. Le sol se recouvre plus tard, pendant quelque temps, de trembles et de la bouleaux ; mais, d'autres incendies éclatent, et finalement il est rendu impropre à toute sorte de reproductions. Les mêmes résultats se répètent sur les parties où il y a de petites fermes : au début, les occupants
COMMISSION DE LA CONSERVATION M M OU PO EN PE Eee ont vécu du profit Ces ventes aux marchés créés par les exploitants de bois ; peu à peu ces marchés disparaissent et le sol s'épuise ; la surface s’use, les rochers sont mis à nu, et les habitants restent dans la misère et le dénuement.
Une autre raison de la continuation de l'examen provient du fait qu'une partie de la population de cette région occupe des terres impropres au maintien d'une vie de gens civilisés. Plusieurs fermes ont déjà été abandonnées par les occupants, qui sont allés s'établir dans des endroits où ils espèrent mieux réussir : toutefois, plusieurs autres, qui méritent d'être quittées, continnent à être habitées par ceux qui sont dépourvus de moyens ou d'énergie, et qui constituent un groupe de miséreux. Une administration éclairée et prévoyante de cette région devra pourvoir au déplacement de cette population dégénérescente.
Le problème que présente cette région demande un mode d'action libéial et prévoyant, afin d'en effectuer le déveioppement et la rénovation. Il faut p. téger le régime des eaux, établir des industries, en vue d'utiliser ie peu de ressources qui restent, et d’augmenter ainsi le transport pour le canal. En ce faisant, on assurera à cette région un avenir plus prospère que celui auquel elle est exposée par l'indifférence et la négligence de l'administration actuelle.
Manière de Conduire l’Examen
Avant d'entreprendre les investigations sur place, des correspondances ont été échangées avec les baïillis et les greffiers des comtés à visiter, afin d'obtenir leur concours. On s’est aussi adressé à la Division Forestière du Dominion et au département des Terres Provinciales pour en avoir des données qu'ils ont généreusement fournies. On s'est servi de plans des townships à l'échelle d'un demi-mille au pouce, pour y inscrire les renseignements.
L'équipe des examinateurs commença ses travaux à Marmora, coin sud-est de la partie du bassin qui devait être examiné, et campa de place en place, levant sa tente tous les quatre ou cinq jours, à mesure que les données recueillies étaient consignées. Ordinairement on travaillait séparément : chaque membre de l’équipe prenant une section, parcourait à pied les townships, lot par lot, tout en se renseignant auprès des baillis, des greffiers et des habitants, au courant des conditions, sur les parties non visitées, ainsi que sur les points que l’on ne peut obtenir sur le terrain, tels que les conditions économiques, et les renseignements contenus daus les registres des répartiteurs.
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Les instructions générales données à l’équipe sont les suivantes :
“Cette équipe fournira une description détaillée des conditions économiques et naturelles et des ressources du bassin dans les comtés de Peterborough, Hastings, Haliburton et Victoria servant à l'alimentation des caux du canal de Trent et de base à un plan d'administration.
Les conditions économiques à connaître sont : (a) la possession et l'état des coupes de bois ; (b) les règlements municipaux et les conditions de l'impôt foncier : (d} les manufactures et scicries en existence, et les possibilités de déx cloppements industriels locaux ; (e) les moyens de transport et la production de forces hydrauliques, en autant qu'ils serviront à promouvoir les industries locales : (f) le trafic des touristes, les intérêts de la chasse et de la pêche.
Les conditions naturelles à connaître et, autant que possible à noter sur la carte sont : (a) la topographie (rudimentaire) et la division du régime des eaux; (b) la classification des terres par lots, jusqu’à la plus faible superficie, soit ro acres : (c) les données concernant la nature du climat et du sol ; (d) le genre et les conditions des forêts dans la classification (b), y compris des estimations du bois d'œuvre debout et du jeune bois ; (e) les ravages de l'incendie ; (f) la reproduction et les études sur le taux de la croissance.’
Le Dr. Howe s’est su »oliqué à relever les dommages ’ausés par les incendies et à étu .ier la reproduction : il a donc examiné la partie hydrographique des investigations ;: M. White, au contraire, s’est attaché spécialement aux conditions économiques.
Histoire de la Région
La route du canal de Trent est l'ancienne voie que suivaient déjà les Indigènes, lorsque Champlain y passa, an 1615. On peut retracer l'histoire du canal proprement dit et de son développement graduel, en consultant les rapports du ministère des Travaux Publics* et, plus tard, ceux du ministère des Chemins de Fer et Canaux.f Jusqu'en 1905, le gouvernement Provincial avait aussi juridiction sur les eaux, ayant fait construire en ce bassin des barrages et des glissoirs pour billes, en vue d'aider à l'exploitation du bois, et aussi quelques écluses, par exemple à Youngs Point, pour favoriser la navigation locale.
C'est en 1827 que, pour la première fois, on émit l'idée de relier le lac Ontario à la baie Georgienne : et, en 1833, la législature du Haut Canada adopta une loi à l'effet de nommer des commissaires,
a ir du ministère des Travaux Publics, 1867 (qui traitent de la première partie de l’histoire) et rapport de 1882,
fRapports du ministère des Chemins de Fer et Canaux, 1885, 1888, 1890, 1892, 1897, 1906, 1909.