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traînés par le zèle de sanctifier les âmes des fœtus, ne craignent pas de déchirer les entrailles d'une personne peut-être vivante! Plusieurs fols, on a vu avec horreur des prêtres accourir auprès de femmes qui paraissaient avoir rendu le dernier soupir, et, sans vouloir consulter les liommes de Tart, souvent même contre leur défense formelle, découper en lambeaux un corps humain, en extraire une masse informe de chair et lui administrer triomphalement ce qu'ils appellent le baptême. profanation!... Un autre inconvénient, c'est l'indécence de ce procédé et le scandale qui peut en résulter pour les familles. En effet, si toute femme enceinte, ou présumée telle, doit être ouverte après sa mort, afin que le baptême puisse être donné à son fruit, il en résuite que cette mesure doit s'étendre à toutes les femmes, quand même on n'aurait aucun motif particulier de les croire enceintes ; car toute femme, dès qu'elle est pubère, a pu se mettre dans le cas de devenir enceinte ; il n'en est aucune dont on puisse affirmer le contraire avec une certitude irréfragable; quelques garanties morales qu'on croie avoir à ce sujet, on peut se tromper; une faute, une surprise, un viol a pu avoir lieu. La règle ne doit subir aucune exception ; les femmes les plus recommandâmes, les plus haut placées, les plus renommées par leur sainteté, les abbesses elles-mêmes, toutes doivent subir cet outrage posthume. Il n'y a pas à mettre en balance les.ménagements pour l'honneur de la défunte, avec la chance de sauver une âme intra-utérine. Ainsi, toutes doivent être éventrées; c'est l'Église qui le décide. Quand il nous meurt une sœur, une fille, une mère, le prêtre a le droit de venir, le scalpel d'une main et le goupillon de l'autre, fouiller dans ses entrailles pour y chercher matière à sacrement ; s'il ne le fait pas, c'est par pure condescendance. Mais, il le fera, si bon lui semble, quand la loi de l'Église sera devenue loi de l'État. En attendant. Il ne renonce pas à user de ses droits; et si le mari ou les parents de la défunte s'opposent à son entreprise, les personnes chargées de garder et d'ensevelir le corps, sont invitées à en faire secrètement l'ouverture, et l'Église les exhorte à violer le dépôt qui leur est confié (i).
(1) SoETTLBB, In sexlum deeatogi frœcfplum prmleetûmeti édit. 1844, p. 161 ; Bouvier, etc.
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Nous venons d'exposer, à propos du baplême, les théories admises par le corps du clergé ; si odieuses, si répugnantes, si ridicules qu'elles soient, il faut bien reconnaître qu'elles découlent du péché originel; elles peuvent servir à le faire apprécier; tel arbre, tels fruits.
§ 7. — De la confession.
Pour juslifler l'usage de la confession, on a prétendu que c'était un frein salutaire qui empêchait l'homme de mal faire, qu'elle l'obligeait à mettre de temps en temps sa conscience à nu, ce qui doit le porter à ne rien faire dont 11 ait à rougir devant son juge; le pénitent, dit-on, trouve, dans le prêtre un guide qui le conduit à travers les orages de ce monde, le préserve des écuells et le dirige sûrement au port du salut; le coupable ne pouvant obtenir l'absolution que par le repentir de ses fautes et à la charge de les réparer^ est forcé de renoncer à tout acte d'injustice, à tout gain illicite, à toute pratique immorale, et de marcher de plus en plus vers la perfection.
C'est là le beau côté de la confession. Mais les individus sur lesquels elle produit ces heureux effets, sont précisément ceux qui, à défaut d'une obligation religieuse, seraient en état d'arriver au même résultat, soit par leurs propres forces, soit par les conseils et à Taide d'un confident éclairé et affectueux, auquel ils soumettraient volontairement l'étal de leur conscience. Par l'institution de la confession ils ne sont donc rien de plus que ce qu'ils seraient sans elle. Mais si, en mettant à part ces âmes d'élite, nous observons le commun des hommes, nous voyons que la confession n'est qu'une routine à laquelle ils se soumettent sans en retirer aucun fruit; ils éprouvent bien un certain désagrément à dévoiler leurs fautes aux yeux du prêtre ; mais l'habitude ne tarde pas à les familiariser avec cet exercice; bien loin de travailler à devenir meilleurs pour n'avoir pas à faire des aveux aussi humiliants, ils se font un jçu de souiller leur conscience, assurés qu'ils sont de pouvoir la blanchir à volonté; ils perdent l'horreur du vice en songeant à l'extrême facilité avec laquelle ils en obtiennent l'absolulion. Semblables à un malade qui, &
peioe guéri, n'aurait aucun souci des recbules, parce qu'il aurait ie remède sous la main, et qui, par ces alternatives continuelles, finirait par détruire sa santé , ainsi ces hommes arrivent à une sorte d'insensibilité, regardent du même œil tous les cas prévus par les formulaires d'examen de conscience, et ne voient dans les actes les plus réprébensibles, que des bagatelles qu'une parole du prêtre réduit au néant, et qui s'expient par quelques patenôtres. Au lieu de s'efforcer, quand ils ont failli, de se réhabiliter par de longues et pénibles épreuves, et de reconquérir la pureté dont ils sont déchus, ils se fient sur le moyen mécanique qui, en un clin d'œil et par une sorte d'évolution magique, les sanctifie à leurs propres yeux. Pour ces hommes (et ils forment l'Immense majorité), la confession est donc plus nuisible qu'utile. Aussi voit-on, dans les pays catholiques, combien elle profile peu à ceux qui y recourent le plus; ceux qui ont des habitudes vicieuses, y persévèrent malgré le fréquent usage des sacrements. Bien plus, les dévots de profession sont ceux qui conservent le plus fidèlement leurs vices, au nombre desquels figure ordinairement l'humeur aigre et acariâtre. En Italie et en Espagne, pays essentiellement catholiques, les femmes accomplissent ponctuellement les devoirs prescrits par l'Ëglise, notamment celui de la confession ; et nulle part, les mœurs ne sont aussi relâchées; Il y a là tout autant qu'ailleurs, de fraudes commerciales, de rixes, d'attentats contre les personnes, en un mot, de mal en tout genre. Il n'y a pas jusqu'aux voleurs de grand chemin, qui n'aillent de temps en temps à confesse, ce qui ne les empêche pas de détrousser les voyageurs quand l'occasion s'en présente. Avec ces mots : je m'en confesserai, il semble qu'on puisse tout se permettre.
Le clergé ne cesse de dire que, sans la confession, tout serait perdu, qu'il n'y aurait plus ni mœurs ni probité, et que chacun se livrerait sans retenue aux penchants d'une nature corrompue. Pour toute réponse, il n'y a qu'à considérer les nations protestantes qui certainement ne sont pas plus corrompues que celles chez lesquelles s'est maintenu l'usage de la confession. L'Angleterre, la Prusse, la Hollande et la Suède peuvent très-bien soutenir la concurrence avec les pays du midi de l'Europe, et la Suisse protestante n'a rien à envier à la Suisse catholique.
On dil aussi que la confession est nécessaire, afin que ceux qui ont commis des fautes graves puissent recouvrer ia paix de i'âme et aient un moyen assuré de savoir s'ils sont rentrés en grâce auprès de Dieu. Mais jamais les hommes n'ont manqué de ces moyens; avant Jésus-Cbrist, presque toutes les nations, y compris le peuple de Dieu, ignoraient Tusage de la confession, et tel est encore Tétat de la majorité des pays chrétiens. Celui qui se repent sincèrement de ses fautes et qui travaille sérieusement à s*en corriger, acquiert un perfectionnement moral dont le témoignage de sa conscience est un sûr garant. Si cependant il doute de l'efficacité de son expiation, il peut toujours s'ouvrir à un homme vertueux et expérimenté, lui conûer l'état de son âme et s'en rapporter à ses sages avis. Ce sera une confession volontaire qui aura tous les avantages de la confession sacramentelle, sans en avoir les inconvénients. Cet aveu libre et spontané dans le sein d'un ami, n'ayant lieu que pour des sujets graves et de la part d'une personne qui en sent la nécessité, sera salutaire, apportera un soulagement aux blessures de l'âme, et les paroles du confldent feront descendre la consolation chez l'affligé; tandis que l'énumération périodique des mêmes fautes, faite machinalement à un prêtre, non par choix ni pour obéir à un besoin vivement senti, mais par habitude ou par peur de l'enfer, laisse le pénitent dans le même état et n'est pour lui qu'une corvée en* nuyeuse qu'il subit comme contraint. Le eonOdent volontaire u'est point un juge qui prononce une sentence en vertu d'un pouvoir imaginaire; c'est un ami qui a étudié le cœur humain, qui a longtemps réfléchi sur les devoirs; et quand il déclare à celui qui le consulte, que son repentir, ses longs efforts, une conduite irréprochable lui ont mérité son pardon, ce pénitent se croit véritablement réhabilité; il peut à bon droit se regarder comme relevé de sa chute ; et sa purification aussi laborieusement acquise, sera d*un tout autre prix que s'il ne lui avait coûté, pour l'obtenir, que de marmotter quelques prières aux genoux d'un prêtre.
La confession catholique présente un vice signalé depuis longtemps, c'est que les femmes sont obligées de se confesser à une personne d'un sexe différent. On blesse profondément par là le sentiment de pudeur qui les porte à choisir de préférence, quand elles le
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peuvent, des confidents de leur sexe. Qu'une jeune fille ait commis une imprudence ; sa conscience l'avertit qu'elle a mal fait, que si elle suit la pente où elle s'est engagée, elle court à sa perte ; mais d'un antre côté, son cœur ne lui appartient plus; que fera-t-clle? A qui confiera-t-elle son trouble, ses inquiétudes, ses remords? Ce ne devrait être qu'à sa mère, c'est-à-dire au guide, au confesseur que lui donne la nature. A défaut de sa mère, elle pourra consulter une femme qui ait en même temps de ta maturité et de rindulgence, et dont le caractère sympathique appelle les confidences. Mais non, on veut que la malheureuse aille s'ouvrir à un homme, à un homme qui a fait vœu de ne pas connaître l'amour, à un homme sec et dur, qui ne comprend rien à un cœur de femme; il faudra qu'elle surmonte une répugnance légitime, qu'elle dévoile ses plus secrètes pensées, qu'elle expose les plus petits détails de sa conduite. Quel supplice ! Cet étranger, qui fait profession d'être au-dessus de toutes les faiblesses, aura le droit de pénétrer jusque dans les replis les plus cachés de son âme, il déchirera brutalement le voile dont s'enveloppait sa pudeur. Une pareille épreuve n*estelle pas dangereuse pour la pureté de la pénitente, dont elle émousse la délicatesse? Et si la jeune fille a conservé toute la virginité de l'âme, combien n'aura-t-elie pas à souffrir des questions Indiscrètes du confesseur qui, pour bien connaître les péchés, se croit en droit de porter sur tout un œil investigateur, qui aborde sans ménagement les sujets les plus épineux ! Combien de fois n'arrive-t-il pas que le prêtre révèle ainsi à la jeunesse des mystères qu'elle devait encore ignorer, et se transforme, même sans mauvaise intention, en professeur d'immoralité!
Et pour le prêtre lui-même, quelle situation périlleuse! Il a renoncé à son sexe, il a promis d'être froid et insensible. Et une femme s'approchera de lui en tête-à-téle; il respirera son haleine, il écoutera ses confidences les plus intimes; elle l'entretiendra de ses sentiments secrets, des dangers qu'elle court, peut-être de ses fautes; Il sera forcé de se transporter en esprit dans cette région amoureuse dont l'accès lui est interdit; il boira avidement le récit des peines, des émotions, des voluptés qu'on y éprouve ; il aura le droit de prolonger autant qu'il le voudra ce colloque enivrant avec sa pénitente