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leur ne cessa de s'accroître, et bientôt on ne se contenta plus de voir en lui la première des créatures, il fallut en /aire un Dieu. Arlus semble être rest^ fidèle à la ligne de Paul : en s*opposant aux honneurs divins qu'on voulait rendre i Jésus, il avait certainement pour lui les Écritures ; la lutte, comme on sait, fut vive et longuement débattue. L'opinion qui érigeait Jésus en Dieu, n'avait, sans doale, pas pour elle Tantiquilé de la possession, car TËglise entière se divisa» des conciles se prononcèrent en faveur d'Arius qui, en élevant Jésus au-dessus de l'bumanité, ne voyait cependant en lui qu'un être créé. Enfin, les partisans de l'incarnation divine triomphèrent au concile de Nicée; mais la décision de cette assemblée n'en est pas moins en opposition avec l'Ëvangile et avec les discours de Jésus; si elle était vraie, il faudrait reconnaître que Dieu, en venant séjourner parmi les hommes, aurait tout fait pour que sa nature divine fût méconnue et pour précipiter le genre humain dans l'erreur, puisque au lieu de se prononcer clairement sur une question qui devait soulever tant de tempêtes, il causait, par l'ambiguïté de ses expressionsj'.une indécision qui s'est prolongée pendant plusieurs siècles et qui subsiste toujours pour ceux qui ne peuvent reconnaître l'autorité divine du concile.
g 4. — De la Trinité.
Le dogme de la Trinité, c'est-à-dire d'un Dieu unique en trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit, était ignoré des Juifs ; l'Ancien Testament n'en fait aucune mention; dans le Nouveau, on ne trouve pas une seule fols les mots de Trinité, de Personnes (on II ypostases) qui sont sacramentels; on n'y voit rien sur la filiation des personnes divines, telle que l'enseigne l'Eglise, ni sur les points fondamentaux de la multiplicité dans Punité.
Ce que nous avons dit sur le sens dans lequel on doit prendre le titre de Fils de Dieu, nous dispense de revenir sur ce sujet; Jésus, dans les discours que lui prêtent les évangellstes, ne se présente que comme un homme envoyé de Dieu, comme le fils chéri de Dieu, ayant autorité pour enseigner en son nom, mais non comme une personne divine engendrée par le Père de toute éternité, et égale à lui.
; voir Ji esl dit, dans le préambale du quatrième évaogile, que le Verbe 4riBi était au commeDcemeut auprès de Dieu, et que le Verbe était Dieu, bon* Mais l'auteur ne dit pas que le Verbe soit un être personnel et dismeot tinet de Dieu. Si, en suivant Platon qui a inspiré ee passage, on enneoi tend par Verbe l'intelligence divine, ce n'est alors qu'un attribut ate, de Dieu, puisque ce n'est autre chose que Dieu considéré sous un isi, certain aspect. Mais rien n'autorise à affirmer que Jean ait distingué aol diverses personnes en Dieu.
'QD II est fréquemment question, dans l'Ëvangile, de l'Esprit-Saint. eoi Cette expression avait, dans l'Ancien Testament, le même sens que est chez nous celle de Providence; c'est Dieu en tant qu'il gouverne le dé monde. Rien n'indique, dans le Nouveau Testament, qu'on doive Dt entendre par l'Esprlt-Saint autre chose que l'action de Dieu sur la f^ création ; il s'agit d'un attribut ou d'un effet de Dieu, et non d'une personne en Dieu. Aucun passage ne peut autoriser à considérer l'Esprit-Salnt comme une personnalité distincte. L'Esprit-Saint ou e l'Esprit de Dieu ne constitue pas plus une personne que la vertu de i Dieu, la force de Dieu, la bonté de Dieu, etc.
La Trinité est une conception étrangère au christianisme primitif, Inconnue des apôtres et importée par les néo-platonidens. La secte des unitaires, en la rejetant, n'a donc fait que revenir à la simplicité du premier dogme évangélique.
Quand Jésus annonce à ses apôtres qu'ils ne pourront recevoir qu'après sa mort l'effusion de l'Esprit-Saint, il leur promet (Jean, xvi, 13) que cet esprit de vérité leur apprendra toute vérité, qu'il ne leur parlera pas de lui-même, mais quHl leur dira tout ce quHl a entendu, et leur révélera les choses futures. Si, comme le prétend l'Église, le Saint-Esprit est une personne en Dieu, il résultera de ce discours que cette personhe est inférieure aux deux autres, puisqu'elle ne sait rien d'elle-même et qu'elle ne fait que répéter ce qu'elle a appris, ce qui ne peut s'appliquer à l'Être éternellement omniscient ; on arriverait donc à une hérésie. Dans le système contraire, le discours s'entendrait d'une manière fort raisonnable. Jésus annonce à ses disciples qu'ils seront fortifiés et éclairés par le secours de Dieu ; l'esprit qui doit les -soutenir, n'est plus alors une personne réelle, mais l'action de Dieu \ cet esprit ne
8i EXAMEN DU CHRISTIANISME
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parle pas de lui-même, en ce sens que chacun d'eux ne doit recevoir que Fécbo de l'inspiration divine et ne pourra entendre directement la voix de Dieu. Ce passage est donc plutôt contraire que favorable à la Trinité.
Il en est de même du texte suivant ; « Nul ne connaît le Fils que le Père, et nul ne connaît la Père que le Fils et celui auquel le Fils aura voulu le révéler (Mat., xi, 27). » Que reste -t-11 au Saint- Esprit? S'il existe, il est condamné à ne pas connaître le Fils, et, en outre, à l'alternative de ne pas connaître le Père ou de n'en connaître que ce que le Fils voudra bien lui apprendre: donc il n'est pas Dieu.
Les auteurs ecclésiastiques ont argué du dernier discours de Jésus dans Matthieu (xxviii, 19), où il est recommandé de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Il est bien peu croyble que fauteur ait reproduit textuellement les paroles de Jésus (1). En effet, la réunion decës trois mots placés ainsi consécutivement, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ne se trouve nulle part ailleurs, soit dans l'Ëvangile de Matthieu, soit dans les trois autres évangiles : est-il done supposable que Jésus, n'ayant jamais donné à ses disciples aucun enseignement à ce sujet, soit venu ainsi, dans son discours d'adieu, leur apprendre une formule qui, faute d'explication, devait nécessairement être inintelligible pour eux, comme elle le serait pour tout lecteur qui n'aurait étudié le christianisme que dans l'Ëvangile de Matthieu? D'un autre côté, le livre des Actes des apôtres rapporte que les apôtres baptisaient au nom du Seigneur Jésus (il, 38 ; vm, 12, 16; x, 48 ; xix, 5). Telle était donc alors la formule usitée ; la formule actuelle ne s'est donc introduite que postérieurement; donc elle ne faisait pas partie de l'enseignement de Jésus. — Mais, en admettant même l'authenticité du verset que nous venons de citer, comme il ne se réfère à aucun discours contenu dans le même évangile, et qu'il est isolé dans le dernier discours de Jésus, sans un seul mot de définition ni d'explication, il est impossible
(1) L'authenticité de ce dernier verset est contestée par beaucoup de savants (Hurk, Dissertation en tète de TExode, t. Il de la Bible de Cahen; il se réfère à Echorn et De Wette).
d'en rien conclure ni de faire aucune conjecture plausible sur le sens que l'auteur a voulu attacher à ces mots qui, dépourvus de lien avec le reste du texte, n'offrent qu'une énigme. Peut-être a-t-il voulu que le baptême rappelât le Père ou Dieu, auteur de tout, le Fils, c'està-dire l'bomme de Dieu choisi de Dieu pour annoncer sa parole au monde, et l'Esprit-Saint, c'est-à-dire la Providence sans le concours de laquelle tous les efforts humains sont stériles. Toujours est-il que ce passage de Matthieu est loin de sufilre pour autoriser l'admission des trois personnes divines, puisqu'il ne qualifie point les troi^ êtres au nom desquels le baptême doit être conféré, et qu'il ne se prononce pas davantage sur leur unité.
On a cité aussi ce passage de saint Paul : < Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, et l'amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit soient avec tous(iI Cor.,xiii,i3). » On a cru y trouver les trois personnes divines. Remarquons d'abord qu'elles ne seraient pas dénommées dans l'ordre où les place l'Ëgiise, que cette interversion serait une énormité aux yeux de l'orthodoxie, et qu'un chrétien ne manquera jamais de donner, conformément au CredOy la première place au Père Créateur qui ne dérive de personne et dont dérivent les autres personnes divines. L'apôtre énumère trois êtres : il donne au second, non pas le titre de Père, mais celui de Dieu, et il ne le donne qu'à lui. II ne qualifie pas Jésus-Christ, et rien n'autorise à croire, ni qu'il le reconnaisse pour Dieu, ni que le Saint-Esprit, dont il souhaite la communication, soit une personne distincte de Dieu dont il appelle l'amour, ni qu'il admette trois personnes divines, ni qu'il y ait unité entre les trois êtres qu'il mentionne. L'Ëglise ne peut donc appuyer sur ce texte son dogme de la Trinité.
On a surtout invoqué comme décisif un passage fort singulier, tiré de la première épître de saint Jean (v, 7, 8), et ainsi conçu : c Ily a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe et le Saint-Esprit; et ces trois sont tin. Et il y a trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang; et ces trois sont un. » Nous avons vu ci-dessus (ch. vu, § 7) que ce passage qui manque dans les plus anciens manuscrits, est regardé par les meilleurs critiques comme intercalé. Mais il est tellement obscur et si
peu coDCluaDt, qu'il y a lieu de prendre en pitié la maladresse des falsificateurs. Pour que l'on pût tirer parti du premier terme de ce rapprochement, il faudrait que le second offrît une idée nette à l'es* prit. Or, que signifie ce témoignage rendu sur la terre par l'esprit. Peau et le sang? S'agit-il d'êtres réels ou d'at)straclions (1)? Veuton parier de l'eau et du sang matériels, ou sont-ce des figures, et alors que cacbent ces figures? Et surtout qu'est-ce que l'unité de ees trois substances?... Nous défions les théologiens de répondre d'une manière satisfaisante à ces questions. Le sens le plus probable de la seconde proposition, c'est qu'il s'agit de l'homme terrestre que l'on regarde comme formé de trois éléments ou principes, esprit, eau et sang. Il y aurait alors une erreur grossière de chimie ; car ne compter dans le corps humain que deux principes matériels, c'est trop ou trop peu. Si l'on compte le corps comme l'un des principes constitutifs de l'homme, il ne devra figurer que pour un ; si l'on énumère les diverses natures d'éléments qui entrent dans la composition du corps, il faudra en compter un assez grand nombre (oxygène, hydrogène, azote, carbone, phosphore, soufre, fer, calcium, etc.), mais non l'eau et le sang qui ne sont pas des éléments. Si l'auteur a voulu donner une idée de la Trinité divine par l'unité de l'homme composée de trois parties constituantes, il a exprimé une idée totalement différente du dogme actuel; car aucun de ces trois principes n'est l'homme , ne forme une personne humaine ; l'esprit, l'eau et le sang ne sont pas trois personnes humaines réunies en un seul homme. Ainsi, par sa comparaison, il nous donne à croire que la trinilé dans l'unité n'existe pas chez Dieu autrement que chez l'homme, qu'ainsi le Père, le Verbe et le Saint-Esprit sont des attributs de Dieu et non des personnes divines, ce qui renverse complètement le mystère admis par l'Ëglise.
Ainsi, sur ce point comme sur tant d'autres, les livres canoniques ne peuvent nous instruire. Le mystère de la Trinité a soulevé d'innombrables questions aussi ardues qu'inutiles, a fait naître une
(1) Bergier (vo Trinité) prétend que ce sont les dons miracaleux da Saint-Esprit, le baptême et le martyre. Y a-t-il entre ces trois choses unité et trinité?
EXAMEN DU CHRISTIilNISIIfi 87
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foale (Fhérésies et coaier des flots de sang; le monde s'est divisé à propos ^'hypostases, et pour savoir par exemple s! le Saint-Esprit procédait du Père et du Fils, ou du Fils seulement, grave débat que personne ne comprenait et qui a causé plus de deuil à l'humanité que Ja succession d'Alexandre. Si Dieu eût voulu nous faire connaître ce que nous sommes tenus de croire sur ces matières, comment supposer que, se chargeant de nous révéler les règles de la fol, il ne se fât pas prononcé clairement et catégoriquement, de manière à empêcher tant de crimes et de calamités t Quel rôle loi fiiit-'on Jouer en le faisant auteur d'une révélation qui laisse tout dans le doute et l'obscurité? Que d'imprévoyance et de cruauté supposerai! la conduite que lui prête l'Église !..•
g 5. -- Ua péché originel.
Le dogme du péché originel est un des plus importants du Chris-* tianisme actuel, puisque la chute causée par le péehé du premier homme fut la cause de l'incarnatioii divine et de la rédemption. C'est là le point de départ de tout le système chrétien. Si donc on prouve qu'il ne se trouve ni dans FAncien , ni dans le Nouveau Tes-^ tament, il sera démontré par cela même que le christianisme n'a ries de commun avec les Écritures qui sont censées lui servir de base.
ExamteoDS d'abord si ^histoire de la chute d^\dam a été faite pour être prise à la lettre, et si elle a eu chez les Juifs le seso» que lui donne aujourd'hui l'Église.
Dieu crée l'homme : il les fait mâle et femelle {Gen.^ i, 27); voilà donc les deux sexes formés. Néanmoins, au chupllre suivant, l'hu-^ manité ne se compose que d'un n^âle appelé Adam; il est formé du limon de la terre, et Dieu lui souflle dans les narines (ii, 7, texte hébreu) pour l'animer. Pendant son sommeil. Dieu hii enlève une côte pour en faire la femme. Cette circonstance ne peut raisonnablement être prise à la lettre, et n'est évidemment qu'un mythe ayant pour but d'exprimer l'union intime qui doit exister entre le mari et la femme qui sei'ont tous deux dans une même chair» Avant la formation de la femme. Dieu avait mis l'homme dans un
jardin délicieux, ti ne pleuvait point, mais une fontaine sortait de terre pour en arroser toute la surface. 11 y avait aussi pour arroser le Paradis un fleuve qui se divisait en quatre canaux, et l'auteur désigne ces canaux comme des fleuves existant de son temps, savoir ie Pliison, le Gebon qui coule tout autour de i'Ëtbiopie et qui par conséquent ne peut être que le Nil, le Tigre et l'Euphrate. Ce passage a prodigieusement tourmenté les commentateurs qui, malgré leurs efforts, n'ont pu arriver à une solution acceptable. Quand même le Geboh ne serait pas le Nil dont la source est à plus de mille lieues de celle du Tigre, le Tigre et l'Euphrate n'ont point une même source qui devrait en outre être commune à deux autres fleuves. On ne peut se tirer d'affaire en supposant des changements énormes qui seraient arrivés depuis cette haute antiquité ; car l'auteur (supposé être Moïse) désigne les fleuves et les pays connus de son temps et les productions de ces pays : or, on sait que depuis cette époque, le cours du Tigre et de l'Euphrate n'a pas été altéré d'une manière notable. Mais passons sur la question géographique qui n'est que la moindre des difficultés. — Il y avaitdans ce jardin deux arbres merveilleux, l'un était Uarbre de la science du bien et du ma/, et l'autre rarbre de vie dont le fruit donnait l'immortalité. Quel homme assez épais peut croire que de pareils arbres aient existé et qu'une nourriture matérielle quelconque ait jamais pu donner, ou la connaissance du juste et de l'injuste, ou Timmortalité? L'auteur a sans doute eu meilleure opinion de ses lecteurs et n'a pu penser qu'ils prendraient à la lettre des figures semblables à celles que l'on trouve dans toutes les langues et surtout chez les Orientaux. Quand nous parlons de goûter le fruit de la volupté, quand un poëte dit que l'arbre de la vengeance a ses racines arrosées de pleurs et de sang, que le fruit en est doux au palais, mais funeste à l'estomac, concevrait-on qu'un homme vînt niaisement demander dans quel jardin croissent ces différents arbres?... —Dieu permet à Adam démanger du fruit de tous les arbres du Paradis, à l'exception de celui de l'arbre de la science du bien et du mal, en ajoutant que du jour oii il en mangera^ il mourra très-certainement; menace qui resta sans effet, puisque Adam, malgré sa désobéissance, vécut ensuite 930 ans (v, 5).— Il résulte de la défense que si Adam ne mange pas du fruit
dé/endu, il oemoarra pas et qu'il avait élé créé immortel, même saos la coodition de manger da fruit de Tarbre de vie, mais avec celte alternative, ou de vivre toujours sans la connaissance du bien et du mal, ou de n'avoir qu'une vie bornée avec celte connaissance qui était contraire à sa nature. Dieu n'aurait donc destiné l'homme à vivre que de la vie animale, puisqu'il lui Interdisait Ja connaissance du bien et du mal, sans laquelle il n'y a ni devoir, ni mérite, ni développement moral. Si cette connaissance lui était refusée, il était déraisonnable de lui défendre quoi que ce fût; ses actions ne pouvaient pas plus lui être imputées que celles des brutes, et Dieu ne pouvait lui demander compte de sa désobéissance.
Comment Dieu qui prévoyait la désobéissance d'Adam, a-t-il pu laisser à sa disposition un présent dont il devait faire un si funeste usage ? Cette conduite est d'une cruauté inexcusable. On allègue en vain qu'Adam a conservé son libre arbitre ; dès que Dieu savait qu'il en abuserait, il devait, sans entraver en rien sa liberté, lui enlever l'accès de l'arbre fatal, destiné à le perdre, lui et sa race, l'ai un enfant sans expérience, ne sachant pas distinguer le bien et le mal; je lui livre une foule de jouets en lui permettant de s'en servir, à l'exception d'un seul dont le contact est mortel ; je sais d'avance qu'il y touchera et s'empoisonnera, ainsi que toute sa postérité, et pourtant je le soumets à cette affreuse épreuve... Que dire d'un tel père? Que c'est un monstre infâme : chrétiens, voilà votre Dieu I
Nous voyons ensuite arriver le serpent qui est le plus rusé des animaux et qui engage la femme à manger du fruit défendu. Que doit-on penser d'un animal qui parle, qui raisonne et qui montre même, comme on va le voir, une intelligence supérieure à celle de l'homme? Plusieurs Interprètes chrétiens ont prétendu que c'était Satan revêlu delà forme d'un serpent (1). Mais d'abord, ni ici, ni en
(() Qaelqaes textes semblent favoriser cette opinion : « La mort est entrée dans le monde par Tenvie du diable (Sagesse, ii, 24). L'aneien serpent, c'est-à-dire le diable, etc. {Apoc,, xii, 9). » Saint Paul, au contraire, ne parle qae d'an serpent : « Le serpent, dit-il, a séduit Eve par son astuce (il Cor,, xi, 3). »
M. Glaire, après avoir reconnu les énormes difficultés à faire du tentateur, soit le diable, soit un simple animal, prend un parti moyen {les