‹ Examen du christianismeChapitre 17 sur 49 · II. 4i · texte numérisé non relu

II. 4i

se réduit à une communication spirituelle entre Dieu et l'tiomme. De ce principe découle comme conséquence la suppression de toute espèce de prêtres.

Jésus dit ailleurs : « Demandez et vous obtiendrez (Mat., vu, 7). Tout ce que vous demanderez à mou Père en mon nom, il vous l'aoeordera (Jean, xvi, ^). » Ces préceptes ne peuvent être entendus que combinés avec les précédents; on ne peut donc en conclure que Jésus ait prescrit de demander expressément et oralement à Dieu ce qu'on désire, chose superflue, puisque le Père saitd*avance ce qu'il nous faut. Mais Jésus a voulu seulement apprendre à ses apôtres quMIs devaient élever leur âme vers Dieu avec une entière soumission à ses volontés (fiât voluntas tua) et une ferme confiance quMl leur accorderait tout ce qui était pour leur bien {panem, nostrum supersubstantialem da nobis hodie), sans qu'ils aient besoin de désignera Dieu ce qu'il doit faire pour leur être agréable. — Quant à ceux qui croient plaire à Dieu par des prières continuelles, Jésus a proclamé la stérilité de leurs efl^orts, quand il a dit: «^ Ceux qui me disent Seigneur y Seigneur y n'entreront pas dans le royaume des deux; mais celui-là seulement y entrera, qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Mat., vu, SI). » Ainsi les œuvres seules sont efficaces, les longues prières et les pratiques bigotes sont sans valeur pour le salut.

On a prétendu gue le culte public avait été prescrit par ces paroles : c Quand deux ou trois personnes se réuniront en mon nom, je me trouverai au milieu d'elles (Mat., xviii, 20). » Mais Jésus ne dit pas que la prière doive être le but de ces réunions; il a voulu sanctifier l'esprit d'association, il a promis sa bénédiction et son concours à toute œuvre entreprise dans un but religieux. Le faible nombre indiqué pour la réunion prouve encore qu'il n'a pu avoir en vue une assemblée pour un cuite public.

Toutes les attaques de Jésus contre le matérialisme du culte juif et contre les superstitions des pharisiens s'appliquent avec une parfaite conformité au matérialisme de plusieurs églises chrétiennes et aux superstitions de leurs prêtres; des deux côtés sont également des pratiques minutieuses, des observances dénuées de sens, des rites matériels qui abrutissent l'esprit et font perdre de vue le

but essentiel de la religion, c'est-à-dire la charité. Les vives peintures que fait Jésus de la bigoterie du clergé de son temps, n'ont point perdu de leur à-propos, à tel point qu'on les croirait inspirées par l'état de choses actuel : « Les scribes et les pharisiens (les prêtres) sont assis dans la chaire de Moïse (de Jésus) : ils lient des fardeaux insupportables et les mettent sur les épaules des hommes, et ils ne veulent pas les remuer du bout du doigt,,. Malheur à vous qui fermez aux hommes le royaume des cieux ; car vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous êtes un obstacle à ceux qui désirent y entrer... Malheur à vous, hypocrites, qui payez la dîme de la menthe, de Vaneih et du cumin, et qui avez abandonné ce quHly a de plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la foi.,. Malheur à vous qui nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qui êtes au dedans pleins de rapines et d'impuretés, etc. (Mat., xxiii). » Jésus .défend de lier pour les hommes des fardeaux insupportables, c'est-à-dire de multiplier les pratiques dévotes et les conditions requises pour le salut, 11 ne veut point fatiguer ceux qui viennent à lui par des exigences multipliées, il déclare que son joug est doux et son fardeau léger (Mat.,xi, 30). Jésus et ses disciples parlent souvent des seuls devoirs de Thomme, de ceux dont l'accomplissement est requis pour entrer dans le royaume céleste ; jamais ils n'y comprennent les rites, ni aucune cérémonie, mais uniquement l'amour de Dieu et du prochain; c'est là le double précepte qui renferme tout (Mat., XXII, 40). Faites aux hommes, dit Jésus, ce que vous voulez qu'ils vous fassent, car d'est là la loi et les prophètes {id,, vu, 12). Interrogé sur ce qu'il fallait faire pour entrer dans la vie, il répond {id., XIX, 17 et suiv.) : « Tu ne commettras point d'homicide, ni d'adultère, ni de vol, ni de faux témoignage. Honore ton père et ta mère, et aime ton prochain comme toi-même, » Son interlocuteur lui répond qu'il a rempli tous ces préceptes et demande s'il faut encore quelque chose de plus. Que va ajouter Jésus? Ya-t-il lui parler de messe, de communion, de confession, de rosaire, de pèlerinage, de coups de discipline?... Il lui dit ; « Si vous voulez être parfait , vendez ce que vous avez , donnez-en le prix aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel ; puis venez et suivez-moi. »

iA\ EXAMEN DU CHRISTIANISME

Ainsi Jésus explique ce qu'il faut faire, non seulement pour être admis dans son royaume, mais enoore pour arriver à la perfection, et il ne prescrit que des œuvres de charité, mais pas un seul acte qui ressemble le moins du monde à un culte extérieur, soit public, soit privé. Quand il fait cette belle peinture du jugement dernier où le Fils de l'homme séparera les bons des mauvais (Mat., xxv, 31 et suiv.), il donne les motifs pour lesquels les uns seront admis au bonheur céleste, et les autres réprouvés. De quoi saura-t-il gré aux premiers? Sera-ce d'avoir beaucoup prié, d'avoir passé toute leur vie dans les temples, d'avoir assisté ponctuellement aux offices, d'avoir souvent communié, de s'être beaucoup mortifié, d'avoir porté un cilice, un scapulaire ou la médaille de la Vierge, d'avoir accompli les mille pratiques prescrites par Rome pour gagner des indulgences?... Non, il leur tiendra ce langage : « Venez, les bénis de mon père; possédez le royaume qui vous a été destiné dès le commencement du monde ; car, j*ai eu faim, et vous m^avez donné à manger; fai eu soif, et vous m'avez donné à boire; fai été sans asile, et vous m'avez donné V hospitalité; fai été nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité; prisonnier, et vous êtes venu à mon aide;.,, car, chaque fois que vous avez fait tout cela à Vun des plus petits d'entre mes frères, c'est à moi que vous Vavezfait, » Et que reprochera-t-il aux réprouvés? Lesaccuserat-il d'avoir manqué messe et vêpres, d'avoir travaillé les dimanches et fêles, d'avoir fait gras le vendredi, d'avoir négligé la communion pascale ou tout autre sacrement, ou enfin de ne s'être pas confessé à l'article de la mort, ce qui est le plus grand et le plus irrémissible des crimes, suivant les prêtres ? Non, ce n'est pas là ce que leur dira le Roi du ciel , mais bien ceci : « Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel » préparé pour le diable et pour ses anges ; car, fai eu faim, et vous ne m'avez pas donnée manger ; fai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire; fai été sans asile, et vous ne m'avez pas donné l'hospitalité ; fai été nu, et vous ne m'avez pas vêtu; malade et prisonnier, et vous ne m'avez pas visité,,. En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous avez manqué à ces devoirs envers l'un de ces petits, c'est à moi-même que vous les avez refusés, »

La conduite des apôtres est conforme à ces maximes. Noos avons déjà cité le premier concile d'après lequel ils n'ont conservé de Tancienne loi, que l'abstinence de la chair des victimes sacrifiées aux idoles , du sang , des chairs étouffées et de la fornication {AcL ap.y xv), et ont ainsi aboli le vieux culte sans lui en substituer un nouveau. Paul dit aux Athéniens : « Dieu rChahite point dans les temples bâtis par les hommes; il n'est point honoré par les ou" vrages de la main des hommes, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses (id., xvii, 24). » Il condamne ainsi, et l'usage des temples , et le culte publie , et les honneurs rendus aux images. Il recommande d'éviter la superstition : « Fuyez, dit-il, les fables ineptes et ridicules (ineptas et inanes fabulas); les exercices corporels sont de bien peu d'utilité, mais la piété est utile à tout (I Tim,, IV, 7, 8). » De quel œil l'apôtre eût-il vu les processions, le mois de Marie, les médailles miraculeuses avec leurs légendes puériles, et tous les exercices multipliés du catholicisme?... Il déclare, à l'exemple de Jésus, que celui qui aime le prochain, accomplit la loi {Ronu, xiii, 8), d'où il suit que tout le reste est inutile. Les autres apôtres ne font également consister la religion que dans la charité, a La religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction et à se conserver pur de la corruption du siècle présent (Jacq , I, 27). Le commandement que Dieu nous a fait, est de croire au nom de son fils Jésus-Christ et de nou^ aimer les uns les autres, comme il nous Va prescrit (I Jean, m, 23). Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. C'est en cela que nous connaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, et qu'il nous a rendus participants de son esprit {id. , iv , 12, 13). » Il résulte de ce dernier texte que c'est par ia charité qu'on est chrétien et flis de Dieu ; d'où il suit que ceux qui ont ia charité, satisfaisant à la seule condition essentielle du christianisme, sont parfaits chrétiens, queisque soient leur croyance et leur culte, et que ceux chez lesquels manque la charité, ne sont vraiment pas chrétiens, de quelques dogmes qu'ils chargent leur foi, et quelle que soit ia multitude de leurs exercices de dévotion.

Ainsi il est démontré que ni Jésus ni ses apôtres n'ont fondé de

culte, qu'ils ont même formellement prohibé les cérémonies extérieures et ont borné leur enseignement à la charité envers le prochain. Le culte fondé depuis sous leur nom , ne Ta été que contrairement à leurs préceptes. Puisque Pierre reconnaissait que la loi de Moïse était un joug trop lourd et que les Juifs n'avaient pu le porter , à plus forte raison ne devait-on pas introduire une loi qui, comme celle de TËgiise romaine, est encore plus lourde, plus minutieuse et plus tyrannique.

Pour compléter cette démonstration, nous allons énumérer les principaux articles du culte chrétien actuel et prouver qu'ils ont été, ou inconnus de Jésus, ou même proscrits par lui. Nous comprendrons dans cet examen : l» les sept sacrements ; ^^ le repos des dimanches et fêtes ; S^ le culte des anges et des saints ; 4*" le culte des images; 5<* Tinlerdiction de certaines viandes.

§ li. — Des sacrements.

Article l^r. Du baptême.

Les Juifs connaissaient, dans les derniers siècles qui ont précédé Jésus-Christ, une espèce de baptême consistant en des ablutions auxquelles étaient soumis les prosélytes : elles étaient considérées comme un emblème de la purification qu'ils éprouvaient en entrant dans une nouvelle communion (1). L'idée dépêché originel à racheter n'y était aucunement attachée et leur était même inconnue, comme nous l'avons établi ci-dessus (§ 5). Tel était encore le baptême qu'administrait Jean-Baptisie avant que Jésus ait commencé sa mission, et par conséquent avant que Jésus auquel les chrétiens attribuent l'institution des sacrements, ait institué le Baptême.

Jean explique le but de la cérémonie qu'il pratiquait : il prêche un baptême de pénitence pour la rémission des péchés (Luc, m, 3); il y joint des exhortations morales (v. 4 et suiv.) et ne parie point de tache originelle. Le but qu'il assignait à son baptême et à la confession qui le précédait (Mat., m, 6), doit nous faire croire que, dans la pensée des évangélistes, il opérait la rémission des péchés ; d'où il résulterait que ce n'est pas Jésus qui

(1) Voyez Bebgier, v» Baptême.

a institué le baptême, et que le baptême de Jésus n'était pas nécessaire ; cette conséquence serait en contradiction avec la conduite tenue par les apôtres qui ont cru indispensable de conférer le baptême de Jésus à ceux qui avaient reçu celui de Jean (AcL ap., xix, 2 etsuiv.). Aussi l'Ëglise admet-elle que le baptême de Jean n'était qu'une préparation à celui de Jésus, lequel devait seul avoir de l'efficacité. Mais alors pourquoi Jésus s'est-il soumis à recevoir le baptême préparatoire et a-t-il confessé par là qu'il n'était pas encore en état de recevoir le baptême définitif? Soit que le baptême de Jean opérât la rémission des péchés, soit qu'il fût seulement une préparation à la cérémonie qui devait opérer cette rémission, on ne peut admettre qu'il eût pour objet la remise du péché originel ; car , comment supposer que Jésus ait été infecté de cette tache et ait eu besoin d'en être lavé par le baptême ? — Jean annonce qu'il n'est venu que pour préparer les voies d'un autre plus grand que lui : c Pour moi , dit-il , je baptise dans i'eau; mais celui qui doit venir , vous baptisera dans le feu et dans le Saint-Esprit (Luc, m, 16). » Il annonce par là un baptême d'un ordre supérieur, mais sans dire en quoi consistera cette supériorité, et sans rattacher le baptême du Messie à un prétendu péché originel dont il n'y a pas la plus légère trace dans les Évangiles.

Si le baptême de Jésus avait eu le but que lui assigne TÉglise, non seulement Jésus l'aurait certainement expliqué, mais il aurait conféré le baptême à tous ceux qu'il appelait i lui. Et si le baptême eût été une condition indispensable pour le salut , Jean-Baptiste Ini-même s'y serait soumis. Or, il est bien dit que Jean voyant venir Jésus à lui pour être baptisé, s'en défendit en disant : C'est moi qui devrais plutôt être baptisé par vous (Mat., m, 14) ; mais on ne dit pas que Jean ait été baptisé. Il aurait sans doute été bizarre de présenter ces deux hommes se baptisant réciproquement.

A partir du baptême de Jésus, les évangélistes ne sont pas d'accord sur le rôle que joua le baptême dans la société par lui fondée. Les trois premiers n'en disent plus rien, sauf dans les deux passages dont nous allons parler tout à l'heure, de sorte que celui qui se bornerait à la lecture des trois premiers évangiles, serait forcé d'admettre que la prédiction de Jean sur le Messie qui devait venir

baptiser dans le feu et dans le Saint-'Espril^ doil s'eiu<jndre au flguré, de riBlUation aux dons du Saint-Esprit, mais sans aucune cérémonie matérieiie et sans emploi d'eau ou de feu. Ce silence sur le tMpléme serait déjà un argument décisif par lui-même ; ii acquiert encore plus de force quand on iroit le baptême omis dans des circonstances où il eût été inévitablement administré s'il eût été regardé comme une condition nécessaire d'admission au christianisme. Ainsi, quand Jésus appelle k lui ses apôtres et les enlève à leurs occupations pour en faire ses coopérateurs , il leur dit seulement : Suivezmoi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes (Mât., iv, 19; Marc, 1, 17; Luc, V, 10). Il ne les baptise pas et ne leur parle pas de baptême. Et néanmoins , dès ce moment , les apôtres sont complètement consacrés pour l'apostolat et ne cessent dès lors d'accompagner Jésus, de suivre ses instructions et de répaudre sa doctrine parmi les populations. Quand il envoie ses disciples pour prêcher l'Évangile dans tontes les contrées environnantes, il leur donne les pouvoirs les plus étendus (Mat., x; Maeg, vi ; Luc, x); mais il ne dit pas un mot du baptême. Si cependant , il eût cru que I^s hommes , Infectés du péché d'Adam , fussent dans l'obligation de s'en faire absoudre , comment supposer qu'il n'eût pas recommandé avant tout à ses envoyés de faire connaître partout la nécessité du baptême expiatoire? En les envoyant recruter de nouveaux disciples, aurait-il pu oublier de leur dire comment ils devaient, par cette cérémonie, rendre leurs auditeurs dignes d'entrer dans son Eglise ? Mais Jésus ne leur donne que des instructions morales ; il leur apprend à rendre les hommes meilleurs et n'indique pas un seul rite, pas une seule pratique dévote. 11 ne s'adresse qu'au cœur et paraît mépriser les vaines cérémonies par lesquelles les Juifs croyaient se rendre agréables à Dieu. Les théologiens ont prétendu que les apôtres et les autres personnes justes qui écoutèrent la parole de Jésus, furent baptisés (1). Mais c'est là une supposition toute gratuite, qu'aucun texte ne justifie, et qui prouve seulement l'embarras

(1) TiLLEMONT, diaprés saint Augustin, admet {Hiti. eod., 1. 1, notes) qae Teaa qui jaillU du celé de Jésus percé par le coup de lance, atteignit la tète du bon larron qui se trouva ainsi baptisé.

OÙ se trouve l'Église de ne pouvoir appuyer sa doctrine, ni sur les discours de Jésus, oi sur son exemple.

Matthieu et Marc ne parlent qu'une seule fois du baptême, c'est dans le discours d'adieu que chacun d'eux prêle à celui -ci, au moment où il va se séparer définitivement des apôtres. Chez Matthieu, il leur prescrit d'enseigner toutes les nations et de Us baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (xxviii, 19). Chez Marc, il dit : Celui qui croira et gui sera baptisé, sera sauvé; mais celui qui ne croira pas, sera condamné (xvi, 16). » 11 est bien peu vraisemblable que les évangélistes aient ainsi mis dans la boucbe de Jésus prêt à quitter la terre, un précepte sans aucun lien avec ses enseignements précédents. En admettant l'authenticité de ces deux versets (1) , il faudra reconnaître que Jésus, dans son dernier discours, aura prononcé pour la première fois un mot Inconnu Jusque-là à ses disciples, sans leur en donner la définition, sans s'expliquer sur la nature et le but de la cérémonie;dont il ne leur avait Jamais rien dit, et sans qu'on puisse même savoir s'il s'agit d'un baptême intellectuel ou d'une cérémonie matérielle. Toujours est-il qu'on ne peut invoquer ces passages pour établir un rapport entre le baptême et le péché originel, et que toute latitude est laissée à ceux qui veulent voir dans le baptême toute autre chose qu'un moyen de rémission de»-péchés, mais plutôt un signe d'initiation. On ne peut davantage conclure du passage de Matthieu à la nécessité du baptême ; Jésus y prescrit aux apôtres d'instruire les peuples, de les baptiser et de leur apprendre à observer toutes les choses qu'il leur avait enseignées (v. âO). 11 ne s'ensuit pas que le baptême, quel qu'il puisse être, soit présenté comme indispensable, Jésus ayant ailleurs donné, chez le même évangéliste, des préceptes sur les devoirs de l'homme {voir principalement chap. V, VI, vu), et n'y ayant jamais fait entrer les rites et les cérémonies. Quaai au texte de Marc, il est à remarquer que Jésus, en disant que celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé, se borne à ajouter que celui qui ne croira pas , sera condamné, mais sans prononcer la même peine contre celui qui croira sans être baptisé.

(I) Quant au passage de Marc, nous avons vu (cfa. vu, § 7) que saint Jérône le rejetait comme surajouté.

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