‹ Examen du christianismeChapitre 19 sur 49 · II · texte numérisé non relu

II

Les apôtres Pierre, Jean, Jude et Jacques, dans leurs épitres, recommandent aux fidèles de se conformer à leurs enseignements ; ils entrent quelquefois dans de grands détails sur les règles de conduite à suivre; lis ne parlent jamais du baptême. Paul observe le même silence, sauf dans un passage où il dit : Un seul Dieu, une seule foi, un seul baptême {Ephes., iv, 5), ce qui avait pour but de faire sentir la nécessité de l'union dans l'Ëglise par l'unité de doctrine; mais il ne parle ni des effets du baptême, ni de sa nécessité pour le salut. Ce silence est d'autant plus significatif, que Paul, dans ses exhortations, traite souvent des sujets qui auraient dû nécessairement l'amener à parler du baptême, s'il avait eu les idées actuelles de l'Ëglise sur cette matière. Ainsi, dans le passage que nous avons cité (§ 5), où 11 oppose la mort entrant dans le monde par le pécbéd'un seul, à la grâce réparatrice qui se répand par la vertu d'un seul {Rom,, y, 15), il n'eût pas manqué, s'il eût connu la doctrine orthodoxe, de parler du baptême institué par Jésus pour effacer le crime héréditaire du genre humain. Il dit qu'il a baptisé très-peu de personnes, et qu'il n'a pas été envoyé par le Christ pour baptiser, mais bien pour évangéliser (I Cor., i, 16-17); on voit par là qu'il attache bien peu d'importance au cérémonial, mais qu'à ses yeux l'essentiel est la régénération morale, conformément aux préceptes de l'Évangile.

Ce qui prouve invinciblement que les chrétiens des premiers siècles envisageaient le baptême comme nous venons de le faire, c'est qu'ils ne le conféraient qu'aux adultes et que beaucoup de personnes différaient de le recevoir jusqu'à l'article de la mort. Un tel usage s'explique parfaitement si le baptême est une cérémonie d'initiation : l'Ëglise a droit de se montrer exigeante sur l'admission des nouveaux membres et de ne recevoir que des personnes d'une raison mûre et d'une conduite irréprochable. Si au contraire le baptême a pour objet de laver du péché originel et d'arracher l'homme à l'empire de Satan, alors on ne conçoit pas qu'un acte aussi indispensable soit différé d'un jour ni d'une minute : tout individu non baptisé pouvant mourir d'un moment à l'autre et se trouver par là, inévitablement et quelle qu'ait pu être sa conduite, condamné au supplice de l'enfer, ce serait une affreuse folie que de rester dans un pareil état

et de ne pas courir, toute affaire cessante, chercber la grâce et ié salut dans les eaux du baptême. Aussi dès que le système du péché originel eût été mis en faveur par saint Augustin, la manière de considérer le baptême changea-t-elle radicalement, et dès lors on introduisit l'usage de baptiser les enfants nouveau-nés.

Ce changement dans les habitudes de l'Ëglise est attesté par tous les monuments du christianisme. La manière dont s'administrait le baptême, était même une preuve qu'il n'était réservé qu'aux adultes : c'était dans des lieux séparés des églises et appelés baptistères, que la cérémonie uvait lieu ; le néophyte n'y était admis qu'après des épreuves longues et pénibles, il subissait un interrogatoire solennel, confessait la foi chrétienne et renonçait à l'empire du démon. Après l'accompiissement de plusieurs rites destinés à exprimer symboliquement la rénovation spirituelle à laquelle il allait être appelé, on le dépouillait de tous ses vêtements; des diaconesses remplissaient cet office à l'égard des femmes; le nouveau chrétien était plongé dans un bain où il était censé mourir au siècle, pour en sortir comme d'une nouvelle matrice, et devenait ainsi un nouvel homme. Le baptême ne s'administrait que depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte ; et en 385 , le Pape SIrice défendit expressément de baptiser dans un autre temps, et encore en recommandant de n'admettre que ceux qui auraient subi, pendant le carême, les préparations nécessaires {voyez Fleurt, Histoire ecclésiastique^ liv. XI et XVIII). Cette seule circonstance d'une époque de l'année, réservée pour le baptême, prouve qu'on avait alors de cette cérémonie des idées tout autres que celles de l'Église actuelle; car, avec le système du péché originel, il est Indispensable que le premier venu puisse à tout instant baptiser ceux pour lesquels on le demande, préparés ou4ion; sans quoi une foule d'individus seraient continuellement exposés aux flammes éternelles, et l'on se priverait de gaieté de cœur du moyeu certain de les en affranchir.

Saint Cyrille et saint Ambroise dissertent sur le baptême d'une façon qui ne peut convenir qu'au baptême d'adultes et qui exclut celui des enfants. Pierre Leroux (4), après avoir prouvé péremp-

(I) Encyclopédie nouvelle^ t. Il, y» Baptême,

toirement que le baptême n'était dans l'origine qu'une initiation, termine ainsi : « Le baptême, loin d'avoir été institué pour les enfants, ne fut jamais donné aux enfants jusque vers la fin du y* siècle que par une sorte d'abus et de dérogation. Il est bien vrai que, dès !e premier siècle, la coutume s'introduisit de baptiser quelquefois des familles entières, sans excepter les enfants. Mais nous voyons aussi régner avec bien plus de force l'usage contraire de cat^cbumènes qui diflTéraient leur baptême jusque dans un âge avancé et même Jusqu'à la mort (1). Si l'on trouve dans quelques Pères, tels que saint Irénée, Origène et saint Cyprien, des traces du baptême accordé aux jeunes enfants, on trouve dans d'autres Pères la condamnation formelle de cet usage. Tertullien, dans son Traité du Baptême, dit positivement que le baptême est une illumination d'intelligence, qui n'est pas faite pour l'enfance. A l'objection tirée de ce root de Jésus-Cbrisl : Laissez les enfants venir à moi (Mat., XIX, 14) (seul texte que les théologiens catholiques modernes aient trouvé à opposer aux anabaptistes et aux soeiniens), il répond en disant: «Eli bien, qu'ils s'approchent, mais à mesure quêteur » âge leur permet de comprendre le but dont ils approchent. Qu'ils » soient chrétiens lorsqu'ils auront la faculté de comprendre Jésus- » Christ. Quelle nécessité y a-t-il donc, dans un âge innocent, » de se hâter de racheter ses péchés {Quid festinat innocens œtas » ad remissionem peccatorum) (2)? »

Ainsi Tertullien, à une époque où II était regardé comme une des lumières de l'Ëglise, affirmait hautement, et sans être contredit par personne, Vinnocence de jeunes enfants chez lesquels, deux siècles plus tard, saint Augustin trouva de grands coupables. La théorie du péché originel n'était donc pas née du temps de Tertullien, ou (lu moins elle n'était que confusément ébauchée. L'adoption de cette

(1) Constantin ne se fit baptiser que quand il se sentit près de mourir, et sa conduite a été approuvée par tous les auteurs ecclésiastiques tels qu'Eusëbe.

(2) Saint Clément d^Alexandrie n^est pas moins formel : « Qu'on nous dise comment un enfant qui ne vient que de naître a prévariqué, comment celui qui n'a rien fait a pu tomber sous le péché d'Adam {SlromaieSt Hv. III, p. 68). » Voyez aijpsi ORicènr, Homil, XIY in Lucam),

EXAMEN DU CHRISTIANISME 1li7

doctrine amena comme conséquence l'extension du baptême aux enfants et la suppression des époques réservées jusque-là pour l'administrer. Nous verrons, en traitant du Culte (cb. xin, § 6), que l'Église ne s'en est pas tenue là et qu'elle a porté encore plus loin les conséquences du faux principe qu'elle avait adopté.

Article 2. — De la pénitence.

Dans le sacrement de pénitence II y a deux choses à considérer, le pouvoir que s'arrogent les prêtres de remettre les péchés, et la loi de la confession par eux imposée aux fidèles. Sur le premier point, nous avons vu au paragraphe % que les textes invoqués par l'Église catholique comme établissant son pouvoir de remettre les péchés, s'appliquent, non à un corps de prêtres, oon à quelques individus privilégiés, mais à l'assemblée générale des ffdèles,et que, même en supposant que ce pouvoir ait été originairement concédé aux apôtres, il n'aurait appartenu qu'à eux et n'aurait pas été transmissible.

Jésus, d'après les Évangiles, s'est attribué ie droit de remettre les péchés et a usé de ce droit (Marc, ii, 3 et suiv.); les pharisiens Indignés de celte prétention, ayant demandé ^t/i peut remettre les péchés sinon Dieu^ Jésus persiste à entendre ce droit au Fils de Vhomme qui (de quelque manière qu'on envisage sa nature) est un être à part; mais il ne dément pas l'affirmation des pharisiens, ce qu'il eût dû faire dans ie système catholique, en leur apprenant qu'une nombreuse classe d'hommes aurait à l'avenir le pouvoir de remettre les péchés. Dans les Écritures canoniques, il n'y a pas un seul exemple qu'un homme autre que Jésus, ait remis les péchés à un autre homme ou ait prétendu l'absoudre.

Ce premier point résolu, la confession disparaît. Bien plus, le pouvoir de remettre les péchés, quand même il serait aussi légitime qu'il l'est peu, n'entraînerait pas comme conséquence la nécessité pour les fidèles de confesser leurs péchés au prêtre. Les théologiens prétendent que pour pouvoir discerner les péchés qui doivent être remis de ceux qui doivent être retenus, il est indispensable que ie pécheur fasse connaître à son juge, c'est-à-dire au prêtre, l'état exact et détaillé de sa conscience. Mais cette conséquence est loin d'être logique. Pourquoi le prêtre ne se contenterait-il pas du re-

pentir du pécheur et de son changement de conduite, pour le laver de ses fautes, ainsi qu'il se fait pour le baptême des adultes et pour rextrême-onction, qui n'ont pas besoin d'être précédés de la confession ? Pour attribuer à quelques hommes un pouvoir aussi étrange que celui de descendre dans les replis les plus cachés du cœur de leurs semblables, il ne faudrait rien moins qu'un ordre formel du maître de toutes les consciences. Et si vraiment il était dans l'intention de Jésus d'établir la confession, comment se fait-il qu'il n'en ait rien dit, et que les Évangiles ni aucun autre livre du Nouveau Testament ne contiennent, ni précepte catégorique à ce sujet, ni exemple de confession?... Jésus recommande à ses disciples, quand ils prient, de pardonner à leur prochain afin que le Père céleste leur pardonne leurs péchés (Marc, xi, ^26) ; c'est donc par une confession à Dieu et par des sentiments de charité, que l'homme doit obtenir son pardon, et non par un aveu à un autre homme. Jésus recommande à l'homme de prier seulf dans sa chambre, ks portes fermées, afin que le père qui voit tout dans le secret^ lui en rende la récompense (Mat., VI, 6); il ne doit donc pas y avoir d'intermédiaire entre Dieu et l'homme. Il défend à ses disciples de reconnaître aucun d'entre eux pour maître ou docteur ou pour pasteur {id,, xxiii, 8-ii) ; nul n'a donc le droit de s'établir en juge de la conscience des autres ; ils n'ont tous qu'un seul juge, qui est au ciel.

Les personnages du Nouveau Testament, après leurs fautes, et notamment Pierre après le crime du reniement de son maître, se repentent et sont absous; mais on ne les voit point aller à confesse. Dans les Actes des apôtres, la vie des premiers chrétiens est décrite en détail ; jamais on n'y voit figurer la confession. Si cependant elle eût été prescrite par Jésus, elle aurait été pratiquée dès l'origine, et il en aurait nécessairement été fait mention, soit dans les récits, soit dans les discours des apôtres. Ânanie dit à Paul repentant de recevoir le baptême et de laver ses péchés en invoquant le nom du Seigneur {Act. ap,, XXII, 16); il ne lui dit pas de se confesser. — On voit bien , il est vrai, les nouveaux convertis avouer leurs fautes {id., XIX, 18); mais ce n'est là qu'une déclaration spontanée, arrachée par le repentir de leur vie passée; Il n'est pas dit que ces aveux aient été faits secrètement à un prêtre, ni qu'ils aient été la

condition de i'absolation, ou que l'absolution y ait été attachée; il est dit, au contraire, que ces néophytes faisaient des déclarations publiques {annuntiantes actus snos) et apportaient les mauvais livres pour qu'ils Tussent brûlés devant la foule; ils étalent heureux de rompre hautement avec un passé qu'ils déploraient, et de donner un gage éclatant d'adhésion à la nouvelle doctrine. Mais on ne trouye pas là la confession sacramentelle.

Les épîlres des apôtres sont également muettes sur ce point. Un incestueux avait scandalisé l'église de Corinthe. Paul, dans sa première ëpître, demande que les fidèles étant assemblés livrent le coupable à Satan pour mortifier sa chair et sauver son âme, et que ce pécheur soit retranché du sein de l'Ëglise (1 Cor., t, 3, 4, 5, 13) : dans sa seconde épitre,il déclare qu'il suffit pour le coupable d'avoir subi le blâme infligé par l'assemblée, et il demande qu'on le fasse rentrer en grâce (11 Cor., n, 6-8). C'est donc le corps entier des fidèles qui exerce la Juridiction, et non un prêtre ou aucun autre membre ; la confession n'est point exigée, mais seulement le repentir. Le même apôtre, dans le passage où l'Ëglise romaine prétend trouver l'eucharistie, dit : « QueVhomme s'éprouve soi-même avant de manger de ce pain et de boire de ce calice (probetse ipsum) (I Cor., xi, 28). » Il suffit donc à chacun de descendre dans sa conscience, déjuger par lui-même s'il est en état de participer à la cène, et de demander à Dieu pardon de ses fautes ; il n'y a donc pas à se confesser à autrui, et le fidèle n'a besoin de recourir à personne pour recouvrer la pureté de l'âme. On retrouve ailleurs le même précepte (II C(?r.,xiii, 5); et nulle part il n'est prescrit de recourir aux prêtres (qui n'existaient pas), jamais il n'est dit que des délégués de Dieu aient le pouvoir d'absoudre.

— Paul dit que si les femmes veulent s'instruire de quelque chose, elles doivent le demander chez elles à leurs maris ; car, ajoute-t-il, il est honteux aux femmes de parler dans l'assemblée (1 Cor.,xiT, 35). On doit en conclure que la confession était inconnue; car l'apôtre aurait enjoint aux femmes de demander des lumières sur la religion à leurs confesseurs, leurs guides naturels, plutôt qu'à leurs maris.

— Paul dit encore : Ne nous jugeons pas les uns les autres (Rom.f xiT, 13), ce qui est tout à fait conforme à l'Évangile, mais contraire aux prétentions de l'Ëglise et à l'institution de la confession.

On a allégué en faveur de la confession ce passage : « Si nous con^ fessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les remettre, et il nous purifiera de toutes nos iniquités (I Jbaii, i, 9). » C'est Dieu qui doit nous absoudre ; il n*esl question ici d'aucun homnoe ayant ce pouvoir, ni de la confession orale à un homme; rien n'autorise à croire qu'il s'agisse d'autre chose que de la confession à Dieu.

On a cru trouver le précepte de la confession dans ces mots de i'épître de Jacques : « Avouez réciproquement vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin d'être sauvés ; car la prière assidue du juste a un grand pouvoir (v, 16). » L'apôtre ne dit pas que ces aveux soient de devoir strict ; et ce qu'il recommande, ne ressemble en rien à la confession catholique ; il invite les amis à s'épancher dans le sein l'un de l'autre, à s'éclairer mutuellement sur leurs devoirs, à se prêter un secours fraternel en s'atdanl à devenir meilleurs. Celte réciprocité qui suppose l'égalité, est tout à fait exclusive de la confession sacramentelle dans laquelle un pénitent vient humblement s'incliner devant son Juge. Jacques s'adresse Indistinctement à tous les fidèles, sans leur prescrire de faire intervenir des prêtres dans les aveux en question. Enfin il n'attache pas à l'observation de ses avis la rémission des péchés ; il dit seulement que ceux qui les suivront et qui prieront les uns pour les autres, en obtiendront du soulagement. Son langage n'est point celui du catholicisme actuel qui veut que chacun confesse ses péchés au prêtre pour en obtenir la rémission (1).

Article 3. — De la confirmation,

La confirmation a pour objet d'octroyer aux fidèles les dons du Saint-Esprit, et l'on prétend en trouver l'origine dans l'effusion

(I) On trouve des vestiges de la confession réciproque dans le rituel de la messe. Le prêtre commence par confesser tout haut et en bloc ses péchés aux assistants; ensuite les servants lui confessent de même les leurs. Puis le prêtre prononce une formule générale d'absolution (/ncfu/genliamy absolutionem et remissionem peecatorum tribuat vobis Deua), bien que les assistants niaient pas fait de confession individuelle et détaillée ; ce qui prouve qu'autrefois la rémission des péchés pouvait s'obtenir sans la confession auricolaire.

du Saint-Esprit sur les apôtres, qui eut lieu le jour de la Pentecôte, conrormément aux promesses de Jésus.

Dans le langage de la Bible, tout homme doué de hautes facultés intellectuelles est regardé comme rempli de l'esprit de Dieu ; ce n'est point une cause uniforme qui amène cet état d'inspiration dont les effets sont très-divers , et qui peut être ou permanent ou Intermittent. Tous les personnages qui jouent un rôle important, y sont représentés comme remplis de l'esprit de Dieu (Ex., xxxt, 3; XXXV, 31 ; Nomb,, xxiv, 2 ; DeuL, xxxrv, 9; Juges, m, 10; etc.), et les dons de l'Esprit s'y communiquent souvent par ^imposition des mains , comme il arrive de Moïse à Josué (DeuL , xxxit , 9). Les résultats de cette Inspiration sont , ou la sagesse , ou la faculté de prophétiser, ou le don des miracles, ou même le talent dans quelque art mécanique. C'est ainsi que Béséléel, flis d'IIri, étant rempli de l'esprit de Dieu, de sagesse et d'intelligence, obtint de cette assistance surnaturelle l'avantage d'exceller à fabriquer toutes sortes d'ouvrages en métaux, en bois, en marbre et en pierres précieuses {Ex,, XXXI, 1 et suîv.).

La communication des dons de l'Esprit étant antérieure à Jésus, n'a donc pu faire l'objet d'un sacrement institué par lui. Jésus a annoncé à ses disciples la visite du Paraclet, mais il n'a pas dit qu'une pareille faveur pût être à l'avenir accordée à tous les hommes, ni que le Saint-Esprit s'engageât à descendre au gré de certains individus, par l'effet de quelques paroles ou gestes. L'effusion de l'Esprit se produit souvent, d'après l'Écriture, à la suite d'actes préparatoires très-divers, ou même sans aucun appareil. Ainsi Jésus, en donnant une mission aux douze, suivant Matthieu, aux soixante-douze suivantLuc, leur confère plusieurs dons qui,dans rËcriture , sonl considérés comme dus à l'esprit de Dieu, tels que de chasser les démons , de ressusciter les morts , etc. ; il leur dit de ne pas s'inquiéter quand ils seront traduits devant les princes et les gouverneurs, car ce qu'ils auront à répondre leur sera donné à Pheure même, et ce sera l'esprit de Dieu qui parlera en eux (Mat., x, 2Q) ; la communication de ces vertus surnaturelles se fait alors sans aucun signe matériel. Jésus, après sa résurrection, apparaît à ses disciples, souffle sur eux et leur dit : Recevez le Saint-Esprit (Jean , xx, 22.)

Page 1