II
d'élrcs moraux, on ne peut jamais supputer mathématiquement Tinicnsilé des efforts employés de pari et d'autre, on ne pourra jamais dire que ia résultante soit autre cliose que ce qu'elle aurait dû élre d'après le jeu naturel des forces opposées. Et si l'effet nous semble étonnant, plutôt que de supposer un miracle, il vaut mieux croire que nous avions mai calculé l'intensité de ia force et celle de la résistance.
Les chrétien» tenant à prouver que leur succès n'a pu être que le résultat d'un miracle, ont été amenés parla à grossir les obstacles qu'ils ont eus à vaincre. Gibbon a discuté avec beaucoup d'érudition et de sagacité l'bistolrc de l'établissement du christianisme et est arrivé aux com^luslons suivantes dont il a donné la démonstration la plus satisfaisante : 1» II s'est écoulé un temps considérable avant que la nouvelle secte ait paru digne de l'attention du gouvernement; 2° les empereurs agirent avec précaution et avec répugnance quand il fut question de condamner ceux de leurs sujets qui avaient été accusés d'un crime aussi extraordinaire; S"* la'plupart furent modérés en infligeant des punitions; 4° l'Église jouit de plusieurs intervalles de paix et de tranquillité (1). Ne pouvant donner ici de longs développements historiques, nous nous bornerons à rappeler brièvement en quoi ont consisté les persécutions.
La première a eu lieu sous Néron, trente et un ans après l'époque à laquelle on place ordinairement la mort de Jésus-Christ. Cet intervalle avait permis à la nouvelle secte de s'étendre paisiblement de tous côtés sans que rien entravât sa marche. D'après les récits de Tacite (Annal,, xv, 44) et de Suétone (Néron, ch. xvi), Néron se serait déterminé à cet acte de violence dans le seul but de donner le change à l'opinion publique, en accusant les chrétiens de l'incendie de Rome, afln de se disculper des soupçons dont il était lui-même l'objet. Il n'agissait donc pas par haine contre ia secte chrétienne, ni dans le but de l'étouffer ; il lui fallait une victime à sacrifier à la fureur populaire, et il choisit une corporation qui, suivant les historiens, était faible et méprisée. Cette persécution fut de tcès-courte
(1) Histoire de la décadence de V Empire romain, ch. xv et xvi. Voyez aussi le curieux ouvrage de Dodwell, DepauciliUe martyrum.
durée el ne s'étendit pas au delà de la ville de Rome. Elle n'apporta aucun danger aux chrétiens des autres parties de Pempire et ne dut pas ralentir ie mouvement de propagation commencé. Les supplices infligés à quelques chrétiens ne furent qu'un faitaccidentclyet la qualité de chrétien ne fut pas pour cela érigée en crime.
Trente et un ans après, Domitien ayant découvert une conspiration de son cousin Clémens, le fit périr et enveloppa dans la condamnalion un certain nombre de personnes qu'on accusa aussi d'athéisme et de mœurs judaïques (1) ; ce qui fit supposer légèrement qu'il s'agissait de chrétiens. Quoi qu'il en soit, cette affaire ne concerna que peu d'individus, et l'on ne peut dire qu'il y ait eu persécution. Tertullien qui en parle {ApoLyCh. v), dit que Domitieo qui n'avait pas dépouillé tout sentiment d'humanité, s'arrêta bientôt et rappela même ceux qu'il avait exilés (2). Après lui, Nerva défendit qu'on poursuivît personne pour cause de judaïsme (3).
On voit, par les écrits des Pères, que, dès avant les édits de persécution des empereurs, l'opinion publique accusait les chrétiens de tous les malheurs de Tempire et exigeait parfois que quelques uns d'entre eux fussent livrés aux bêtes. Leur éloignement des charges publiques, leur refus de participer aux jeux el aux représentations théâtrales el de sacrifier pour l'empereur ou pour la prospérité de l'empire, les faisaient considérer comme ennemis de l'Ëlat. C'est, sans doute, à la suite d'une de ces manifestations populaires, que Pline, gouverneur de Bilhynie, consulta Trajan sur la marche à suivre à leur égard. Cet empereur lui répondit que ceux qui seraient convaincus d'être chrétiens, seraient punis, il ne dit pas de quelle peine; mais la générosité de son ciiractère lui fait faire à cette sentence arrachée, sans doute, par les exigences de l'opinion populaire, des correctifs qui l'annihilent : il défend de faire aucune recherche cl d'admettre les dénonciations anonymes, ce qui était rendre les poursuites à peu près impossibles; et ii admet tout accusé à se justifier par une simple dénégation (4). Son successeur Adrien alla plus
(i) SuÉTORE, Vie de Domitien^ ch. xv; Dion, liv. LXVll, cb. xiv.
(2) GnsviER, Histoire des empereurs j liv. XVIL
(3) /cf., /oc. cit., p. 91.
(4) Pline, Ep., liv. X,ep. 98.
loin encore et hendil un édit en faveur des cbVétiens ; on le trouve dans saint Justin à la fin de son apologie, let dans Ëusèbe (Hist. eccLf lY, 19) qui en elle un autre encore plus favorable d'Antonin (id., IV, 13) (1).
Une persécution de très-courte durée eut lieu sous Marc-Âurèle qui ensuite se déclara, suivant Tertullien (2), le protecteur des chrétiens. L'Ëglise jouit ensuite d'une paix profonde sous Commode. Cette tranquillité ayant été momentanément troublée sous Septime- Sévère, un nouvel intervalle de trente-huit ans de paix vint ensuite, pendant lequel les chrétiens purent élever des édifices publics consacrés à leur culte. Alexandre-Sévère plaça même Jésus-Christ au nombre des grands hommes auxquels 11 rendait des honneurs en particulier. Après sa mort,Maximln proscrivit tous ceux qui avaient Joui de quelque crédit auprès de son prédécesseur ; un certain nombre de chrétiens s'y trouvèrent compris et furent tumultueusement massacrés. L'empereur Philippe qui vint ensuite, bien qu'accomplissant extérieurement les cérémonies païennes dont sa position lui faisait un devoir, était secrètement attaché au christianisme, correspondait avec les docteurs tels qu'Orlgène, et protégea les chrétiens de tout son pouvoir (3).
La première persécution qui mérite réellement ce nom, est celle qui eut lieu sous le règne de Dèce, en 250. Les poursuites se ralentirent dès avant la mort de cet empereur (4) ; elles ne reprirent que fort peu de temps sous Gallus et Volusien ; ce fut alors (en 252) que périt saint Cyprlen, évêque de Cartbage. Son historien Pontius avoue (ch. xix) que ce fut le premier évêque d'Afrique qui ail souffert le martyre (5). Le même auteur raconte que toute la multitude
(i) Tertullien parle aussi, dans son Apologétique^ d^un édit de Tibère en faveur des chrétiens : il est reconnu que cette pièce est apocryphe ; mais Tassertion de Tertullien prouve une chose, c^est que, d'après la tradition, les chrétiens avaient joui d^une parfaite liberté sous cet empereur.
(2) Apot.<,eh. V.
(3) EusÈBB, Hist. eccLj yi, 36 ; saint J^rôke, De viris UluslribuSf 54 ; ViifCEifT DE Léaiirs, 23.
(4) Du Piif , Biblioth, eccL, 1. 1, p. 784.
(5) K. TiLLEMoifT, Mémoirts eccié9ia8t.,t. iV, i^e part., p. 450, note 50.
des chrétiens manifesta hautement son amour et son admiration pour son saint pasteur et demanda à grands cris à mourir avec lui, sans que ces marques de zèle aient attiré le moindre danger sur ceux qui faisaient aussi hautement profession de leur foi ; ce qui prouve que la persécution atteignait peu de têtes et que le gouvernement se flattait, sans doute, d'intimider la multitude par quelques exemples éclatants : on voit aussi par là combien sont exagérées les relations des hagiograpbes qui font couler le sang par torrents et accumulent les supplices les plus cruels et les plus bizarres.
Yalérien, au commencement de son règne, laissa respirer l'Église envers laquelle il montra une grande condescendance. Ce n'est que dans les dernières années, quMI changea tout à coup de système et ordonna une persécution qui dura quarante-deux mois et demi selon saint Denis d'Alexandrie. Puis, son 01s Gallien, prenant pour exemple sa première conduite, reconnut formellement aux chrétiens le libre exercice de leur religion. Une paix de plus de quarante-deux ans leur permit de panser leurs blessures et de réparer leurs pertes. Les évêques obtinrent même la reconnaissance légale de leur magistrature et des droits temporels qui y étaient attachés, comme on voit par le procès dans lequel l'empereur Âurélien fut pris pour juge entre Paul de Samosate et le concile qui l'avait déposé du siège d'Ântioche (1).
Dioclétien se montra d'abord très-bien porté en faveur des chrétiens; sa femme! et sa flile étaient chrétiennes, ainsi qu'un grand nombre d'officiers du palais, et pratiquaient ouvertement leur religion. La pureté primitive des mœurs se relâcha, comme Eusèbe le déplore avec force (2), ce qui était une suite et en même temps une preuve de la liberté dont Jouissait alors l'Église. Plus tard, pressé par les instances de Galère, Dioclétien rendit un édit qui fut le signal de la persécution la plus longue et la plus sanglante que le christianisme ait eu à souffrir (en 302). Mais elle ne s'étendit que sur les provinces soumises au gouvernement immédiat de Galère et de Maximin. Constance laissa les édilssans exécution dans les provinces occidentales; et, quelques années après, Maxence, maître de l'Italie,
(1) Eusèbe, Hist. eedès.^ liv. VIl,ch. xxx.
(2) /rf., liv. VIII, ch.i.
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accorda un refuge aux chrélieos qu'il traila avec beaucoup de douceur. Enfin, Galère lui-même abrogea les mesures de rigueur et publia un édil de tolérance (1). Du reste, le nombre des chrétiens s'était tellement accru depuis trois siècles, qu'ils Tormaienl une masse imposante à Tabri désormais d'un orage passager. Ce n'est pas en dix ans qu'il était possible d'exterminer une multitude aussi considérable. Quelques uns périrent, il est vrai; d'autres furent emprisonnés ou condamnés aux travaux des mines. Mais ceux qui se trouvèrent ainsi frappés, ne formaient qu'une faible minorité. La plupart échappèrent par la condescendance de beaucoup de gouverneurs qui n'exécutèrent les édits qu'avec mollesse; les habitants de certaines provinces furent même entièrement à l'abri de la persécution; d'autres purent se sauver paria retraite ou la fuite; quelques uns eurent la faiblesse de jeter de l'encens sur les autels païens et achetèrent ainsi l'impunité^ ce qui ne les empêchait pas de demeurer chrétiens dans le cœur; enfin, comme les édits ne punissaient que ceux qui faisaient partie des assemblées, il suffisait, pour être Inviolable, de s'abstenir, pendant quelque temps, des cérémonies sacrées ou de tenir des assemblées secrètes. On conçoit donc que tous ces moyens de salut suffirent amplement pour maintenir vivant un corps aussi nombreux et aussi robuste qu'était l'Église, et qu'il n'est pas besoin de recourir à des prodiges pour expliquer comment elle a pu survivre à ses persécuteurs.
Après cette dernière persécution, on arrive au règne de Constantin, le christianisme s'assied avec lui sur le trône, et de persécuté s'apprête à devenir persécuteur. A partir de cette époque, il ne cesse d'avoir pour lui l'appui du pouvoir impérial, sauf pendant le règne fort court de Julien qui chercha à le détruire, mais sans employer la violence.
L'histoire nous offre de nombreux exemples de sectes religieuses qui se sont maintenues vivaces malgré les persécutions les plus atroces continuées sans interruption pendant des siècles. Les Juifs sont certainement le peuple qui a opposé le plus de persévérance et le courage le plus inébranlable à la fureur de ses ennemis. Depuis
(I) EusÈDE, //i>r ecd , liv. VIII, ch. xvii.
EXAMEN DU CHRISTIANISME giS
le triomphe du clirislianisme, l'histoire des Juirs est un long martyre : 00 se croyait dispensé à leur égard de toutes les règles de rhumanité et de la justice; le mépris, les traitements infamants, les confiscations, l'exil, les tortures, la mort, tout a été mis en œuvre contre eux, et rien n'a pu les fléchir; ils ont pullulé sous le fer et le feu des persécuteurs, et leur nation, de plus en plus nombreuse, n'a cessé de rester attachée à sa foi et de conserver des espérances auxquelles le temps donnait cependant chaque jour de nouveaux démentis. Les chrétiens, il est vrai, reconnaissent dans ce fait un miracle, mais ils l'expliquent à imir avantage en disant qu'il a été prophétisé. Nous avons fait voir (chap. vi, § 2) que les prophéties au contraire promettaient aux Juifs, après le retour de la captivité de Babylone, une prospérité éternelle et inaltérable. Le seul texte invoqué au sujet de l'état actuel des Juifs, est la malédiction prononcée par Jésus (Mat., xxiii, 35 et suiv.) : mais on n'y voit que des malheurs annoncés vaguement, et la dévastation de Jérusalem {le temps approche oh voire maison demeurera déserte) : on n'y voit pas que les Juifs doivent rester à perpétuité dispersés parmi les autres peuples. Mais, que leur état actuel ait été prédit ou non, peu importe ; le fait n'en subsiste pas moins. Et si, comme le disent les clirétiens, c'est une marque visible de la protection divine, que la persistance d'une communauté religieuse malgré les plus terribles obstacles, l'existence des Juifs depuis dix-huit cents ans sera un fait beaucoup plus probant en faveur de la vérité de leur doctrine, que l'existence du christianisme pendant les trois siècles qui ont précédé Constantin.
Le protestantisme a eu aussi à subir de violentes persécutions dans plusieurs parties de l'Europe. En France, il a été, dès le début, dévoué aux bûchers de l'inquisition ; les courtes trêves dont il a pu jouir, ont abouti à la Saint-Barthélémy et à la révocation de l'édit de Nantes. Depuis cet acte de rigueur, il n'est pas de cruautés qu'on n'ait employées contre les protestants français; le mot de dragonnades, conservé par l'histoire, est l'expression vraie et populaire des moyens de persuasion adoptés à l'égard de ces infortunés (d).
(1) Voir MicnELET, Histoire de France , t. XIII, ch. xix et suiv.
On eut recours à des raffioements de barbarie que n'avaienl pas soupçonnés les césars ; on installait cfiez les récalcitrants, des soldats grossiers, brutaux, qui pouvaient impunément piller, saccager, outrager la pudeur des femmes; on enlevait les enfants à leurs parents ; on accueillait, on provoquait même la délation ; on payait les conversions, on les encourageait en faisant hériter les enfants apostats de leurs pères vivants ; on dépoailiait les sectaires de leurs biens; on leur interdisait les professions qui les faisaient vivre; on leur ôtait la ressource de l'exil volontaire, et ils étalent emprisonnés dans une patrie qui n'avait pour eux que des supplices ou des vexations intolérables; les pasteurs étaient condamnés à ramer sur les galères avec les forçats. Cbaque année, la haine catholique Inventait quelque nouvelle torture, quelque perfectionnement à la persécution. Malgré ce luxe d'hostilités, on ne put réussir à déraciner le protestantisme. Les lois d'extermination portées contre les hérétiques ont été constamment en vigueur Jusque sous Louis XVI, et des supplices atroces ont été Infligés, pendant le règne de Louis XV, aux ministres protestants et aux fidèles qui commettaient le crime de se rendre aux assemblées de prières (1). Eh bien, quoiqu'une multitude de protestants, en dépit des prohibitions, aient quitté la France sous Louis XIV, quoique beaucoup d'autres aient été mis à mort ou forcés de changer de religion , il s'est encore trouvé un grand nombre de familles restées fidèles à leur foi, quand Louis XVI se décida à leur rendre le libre exercice de leur culte et mit fin à une persécution de plus de cent ans : la plus longue de celles qu'ait eu à souffrir le christianisme, n'avait duré que dix ans.
Dans les Pays-Bas, la persécution contre le protestantisme a duré moins longtemps, mais elle a surpassé en cruauté tout ce qu'on avait connu jusqu'alors, et le duc d'Albe a laissé bien loin derrière lui les Dèce et les Galère. Mais la mort de tant de victimes ne faisait qu'exciter davantage le zèle religieux et patriotique des réformés qui luttèrent avec une poignée de gens contre les forces du plus puissant empire de l'Europe et finirent par conquérir la liberté. Voilà certes un miracle produit par l'héroïsme, mais un miracle naturel.
(1) Voyez SiSHONDi, Histoire des Français, t. XXVIII, p. 60 ; Goqderbl, Histoire des églises du désert^ 1. 1, ch. yi, p. 272.
§ 8. — Des martyrs.
Le nombre et le courage des martyrs oui aussi été invoqués comme une preuve de la vérité du christianisme. On a prétendu qu*une grâce surnaturelle avait pu seule déterminer tant d'bommes à souffrir volontairement la mort.
Qu'un nombre plus ou moins considérable d'individus consentent ^ mourir pour le soutien de leur cause, on en pourra seulement conclure qu'ils sont prorondément convaincus, mais non que leur cause soit vraie. L'erreur peut enflammer tout aussi bien que la vérité. Que vous mouriez pour prouver que deux et deux font quatre, la proposition n'en sera pas plus vraie; si c'est pour prouver que deux et deux font cinq, la proposition n'en sera pas moins fausse.
Quant aux Taits en eux-mêmes, il est certain qu'on n'a pas de documents exacts sur le nombre des martyrs et que ce nombre a été singulièrement grossi par les écrivains ecclésiastiques qui, en exagérant les effets de la persécution, ont eu pour double but de rendre odieux le paganisme et de glorifier l'Ëglise. Il a été répandu une foule de légendes où l'on a fait figurer des personnages imaginaires avec des circonstances miraculeuses qui presque toujours relardaient la mort du patient sans néanmoins l'empêcher, ou servaient à faire retrouver son corps. Toutes ces relations sont tellement empreintes d'une crédulité niaise qu'on ne peut y ajouter aucune foi. Les hagiographes se sont même vus forcés par la crainte du ridicule, de faire un triage dans cet amas colossal de merveilleux (d).
Gibbon a cherché si quelques notions authentiques ne pourraient pas permettre de fixer avec probabilité le nombre des martyrs. Il s'est emparé d'un aveu d'Origène qui reconnaît que jusqu'à lui, les martyrs ont été peu nombreux et faciles à compter (Contra
(1) Du Pin reconnaît qu'an grand nombre d^actes de martyrs sont des pièces fausses et indignes de confiance : comme exemple frappant de ce genre de fraude, il fait remarquer que les légendes placent une foule de martyrs sous le règne de Gallien pendant lequel l'Ëglise Jouit d'une paix profonde {Biblioth. eeelés., t. I, p. 7860