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tifiable de n'avoir pas placé originairement tous les bommes et tous les anges dans cette position, ce qui était un moyen certain de rendre le mal rigoureusement impossible, tout en conservant (d'après la doctrine de i'Église) le libre arbitre des créatures. En ne le faisant pas, Dieu aurait donc voulu leur malbeur : supposition révoltante. Donc le système qui fait Jouer à Dieu un pareil rôle est radicalement faux. Saint Augustin répond (Pœdag., ii) que Dieu n'est point obligé de donner à une créature un degré de perfection plutôt que tel autre. Ce raisonnement est vrai, mais seulement en ce sens qu'une créature étant nécessairement finie, il sera toujours possible de concevoir un état plus élevé que le sien, de sorte que si même elle pouvait obtenir tous les degrés de perfection imaginables, elle se sentirait toujours finie et pourrait avec autant de raison qu'auparavant, se plaindre de son infériorité; en réalité, c'est se plaindre de n'être pas infini, de n'être pas Dieu, ce qui n'a pas de sens. Aussi ce que nous reprochons au Dieu des chrétiens, ce n'est pas d'avoir fait l'ange ou l'homme si imparfait, mais de ne pas leur avoir donné les moyens certains de réaliser la somme de bien que comporte leur nature, c'est surtout d'avoir créé des êtres pour les faire soufTrir pendant l'éternité, et de les punir de ce qui n'est que l'accomplis* sèment inévitable de ses décrets.
§ 8. — Du petit nombre des élus.
Nous avons vu précédemment que, d'après le dogme chrétien, l'homme atteint en naissant par la déchéance qui frappe toute sa race,est coupable avant d'avoir pu agir et mérite un châtiment infini, que Jésus est venu le racheter de cette peine, mais que le bénéfice de cette rédemption ne s'applique qu'à ceux qui obtiennent le don de la grâce ; pour que cette application soit efficace, il faut, suivant l'Église, la foi en la doctrine orthodoxe et la pratique de la loi chrétienne, consistant surtout dans l'usage des sacrements. Ceux qui ne satisfont pas à toutes ces conditions, sont en dehors de la rédemption, restent la proie de Satan et sont dévolus à l'enfer. C'est ce qu'on a exprimé par cet adage concis et effrayant : Hors de VÉglise pas de salut, c'est-à-dire que nul ne peut être sauvé s'il n'a vécu en
communion avec l'Ëglise, croyant tout ce qu'elle enseigne et pratiquant tout ce qu'elle ordonne. Cette doctrine suivie de tout temps par les chrétiens, découle de la prétention qu'a chaque secte de posséder exclusivement la vraie révélation^ ce qui amène à damner tous ceux qui ne veulent pas en reconnaître l'autorité. S'il en était autrement, si l'on pouvait se sauver par quelque profession de foi que ce fût, les doctrines affirmées par une secte quelconque ne seraient plus nécessaires à l'homme, tous les dogmes seraient indifférents, et chacun pourrait sans danger choisir ceux qui l'accommoderaient le mieux. Pour éviter cette conséquence, l'affirmation dogmatique au nom du ciel doit donc être accompagnée de la dam- Dation des dissidents.
Des textes nombreux ont servi, chez les chrétiens, à appuyer ce système exclusif : Jésus, dans une de ses paraboles sur le royaume des cieux, fait jeter dans les ténèbres extérieures, lieu de pleurs et de grincement de dents, le convive qui n'a pas de robe nuptiale (Mat., xxii); d'où l'on a conclu la nécessité de l'initiation à la communion chrétienne. « Celui qui n'est pas avec moi, dit Jésus, est contre moi ; et celui qui n'assemble pas avec moi, disperse (Mat., xii, 30). Celui qui n'entre pas par la porte de la bergerie, est un voleur... Je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus jusqu'ici, sont des voleurs et des brigands, et les brebis ne les ont point écoutées. Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé (Jean, x, i, 7, 8, 9). // y a beaucoup d^ appelés et peu d'élus (Mat., xxii, i4). Ne craignez rien, petit troupeau, parce qu'il a plu à votre Père de vous donner le royaume (Luc,xn,32).Toute plante que mon père céleste n'a pas plantée, sera arrachée (Mat., xv, 13). — Il n'y a, dit saint Pierre, de salut en aucun autre que Jésus, et aucun autre nom sous le ciel n'a été donné aux hommes, par lequel nous puissions nous sauver (Act, ap.y iv, 12). Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu {Eebr., xt, 6.) >
Comme on trouve tout dans les livres sacrés, la thèse contraire n'a pas manqué non plus de textes en sa faveur. Ainsi saint Paul dit : « Lorsque les gentils qui n'ont pas la loi, font naturellement les choses que la loi commande, n'ayant pas la loi, ils se tiennent à eux-mêmes lieu de loi, faisant voir que ce qui es{ écrit dans la
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loi est écrit dans leur cœur (Rom., ii, 14). » C'est dire que la loi naturelle est un aussi bon guide que la loi révélée. Saint Paul dit aussi : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité (I Tim., ii, 14). >— Mais cette doctrine douce et raisonnable n'a pas prévalu : le dogme faroucbe de l'exclusivisme a été constamment suivi par les Pères les plus accrédités (1) et domine actuellement dans l'Ëglise. Le concile de Cartbage de 412 statue en ces termes : « Quiconque est séparé de VÉglise catholique, si irréprochable qu'il se croie dans sa conduite, par le seul crime de sa séparation de Vunité de Jésus-ChHst, n^aura point la vie; mais la colère de Dieu s'apesantira sur lui (2). » Le même concile prescrit d'interroger les évêques à ordonner, s'ils sont persuadés que hors de VÈglise catholique nul ne peut être sauvé.— Le concile de Trente a décidé que ni les gentils, par la force de la nature, ni les Juifs, par la loi de Moïse, n'ont pu se délivrer du péché, que la foi est le fondement et la racine de toute justification, et que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu (Sessio VI, dejustificatione, can. I-YIII): d'où il suit que les non-chrétiens naissant coupables et ne pouvant parvenir à se justifier, ne peuvent échapper à la peine du pécbé, c'est-à-dire à l'enfer. — Le clergé de
(1) Voyez SAINT Ignace, Epist. ad Ephesiog^ Epist. ad Trallianos, Epist. ad Philadelph.i saint Justin, Dial. cum Tryph., et Apol. secundas saint Irénéb, Adv. Hœres., liv. 111, cb. iv, et liv. lY, ch. xliii; SAINT Cyprien, Ep. 37, 38, 39, 51, 61, etZ>e unilate ecdesiœ -, saint Fir- HiLiEN, Ep. 73 ad Cyprianum ; Lactance, Inslitul. div., liv. lY, ch. xiv, XXX, et liv. Yll, cb. xx; saint Hilaire, liv. YII De Trinitate; saint Am- BRoiSE, in Lucam^ ch. m, et De Poent/enlûi, liv. I, cb. vu» liv. II, ch. iv. — Saint Augastin {De Baptismo) dil que, hors l'Église, on peut avoir la foi, le baptême, le même Évangile, les mêmes cérémonies, mais qne toutes ces choses sont inutiles à ceux qui ne sont pas dans TÉglise, parce que, hors de VÉglise^ on ne peut avoir , ni le Saint-Esprit, ni la charité, ni le salut étemel, quelques bonnes œuvres que Von fasse, et que, quand même on souffrirait le martyre, on n''en recevrait aucune récompense. - La même doctrine est admise par saint Fclgence {De fide ad Petrum, ch. xxxix), SAINT Prosper, Tbéodoret {PrœfaJtio in libros hon'ctieos). — Voyez aussi Du Pin, Doctrine chrétienne, ch. xix.
(i) Conf. I«r concile de Constantinople, can.' YU.
France, en 1700, a condaruDé comme hérétique la proposition que la fol nécessaire à la Justification, se borne à la foi en Dieu; et en 1720, il a proclamé comme une vérité Tondamentale du christianisme, que, depuis la cliule d'Adam, nous ne pouvons être Justifiés ni obtenir le salut que par la foi en Jésus-Christ (1).
Le Catéchisme enseigne qu'on ne peut être sauvé hors de VÉglise^ parce qu^on ne peut avoir Dieu pour père si Von rCa V Église pour mère. Or, n'être pas sauvé, c'est rester condamné aux peines du péché, c'est-à-dire à l'enfer. — Le pape Grégoire XVI, par son encyclique du 15 aoiit 1832, a anathémalisé sous le nom ù^indifférentismey « Vopinion perverse qui s^est répandue de tous côtés par les artifices des méchants, et d*après laquelle on pourrait acquérir le salut éternel par quelque profession de foi que ce fût, pourvu que les mœurs soient droites et honnêtes. » a II ne vous sera pas difficile, ajoute-t-tl, dans une matière si claire et si évidente, de repousser une erreur aussi fatale du milieu des peuples. Puisque l'apôtre nous avertit qu'il n'y a qu'un Dieu, une foi, un baptême, ceux-là doivent craindre qui s'imaginent que toute religion offre les moyens d'arriver au bonheur éternel, et ils doivent comprendre que, d'après le témoignage du Sauveur même, ils sont contre le Christ, puisqu'ils ne sont point avec lui, et, par conséquent, quHl est hors de doute quHls périrout éternellement sHls ne tiennent la foi catholique et sHls ne la gardent entière et inviolable (2). » —Tout récemment, le pape Pie IX, dans son encyclique du 15 juillet 1859, s*est élevé avec force contre cette doctrine, que l'homme est libre de ses propres opinions politiques et religieuses, et il a déclaré que « quiconque sort de Varche de Vunité, sera submergé dans le déluge des peines éternelles. »
Cette doctrine étant bien établie comme étant celle de l'Église, voyons, pour la juger, quelles en sont les conséquences.
Considérons d'abord le genre humain avant Jésus-Christ, et examinons en premier lieu la règle ; nous verrons ensuite l'exception.
(1) Bercier, v° Infidélité.
(2) Expressions du symbole de saint Athanasc.
Les boromes, comme héritiers do pécbé d*Âdam, ayant tous mérité la damnation éternelle et n'ayant pas de rédempteur, étaient Inévitablement destinés à l'enfer ; aacon ne pouvait être sauvé. En vain lis cbercbaient le bien, guidés par les lumières de la raison, en vain ils s'efforçaient de pratiquer la vertu et de s'approcher autant que possible de la divinité, par une vie pure et sans reproche : toutes ces prétendues vertus n^étaient que des crimes déguisés, comme l'enseignent la plupart des Pères, des péchés splendides, selon rexpression de saint Augustin (1). « Tant que l'homme, dit Bourdaloue (8), n'est pas tiré, par la grâce, de l'état de péché, ses actions n'ont point le germe de. vie qui les rend méritoires; Dieu est la vie de l'âme, ainsi l'âme séparée de Dieu ne peut opérer que des actions de mort. »
Omne etiam probitatis opus nisi semine verœ Exoritur fidei, peeeaium est inqw realum Vertilur.
(SiiiTT Prosper, De gratià, part. II, eh. xvi.)
Ah ! do nom de vert a gardez-vous d'honorer Des actions qae Dieu dédaigna d'épurer. Rome n'eut des vertus que la fausse apparence.
Sur un tronc desséché rien de bon ne peut naître. Qui n'a point Dieu pour père a le démon pour tnaitre. De la mort à la vie il n'est point de milieu.
(Racine fils, la Grâce, ch. i, v. 193 et suiv.)
Ainsi la même action qui maintenant, chez un chrétien, est vertueuse et méritoire, n'était, chez ce qu'on appelle un païen, que criminelle ou, du moins, dénuée de toute valeur morale. Les plus grands hommes de l'antiquité, ceux dont la force d'âme, le désintéressement, l'abnégation, le dévouement au bien public ont fait l'admiration des siècles, ces nobles martyrs qui ont prodigué leur
(1) De Maistre félicite saint Augustin et Malebranche d'avoir dit que les vertus païennes ne sont que de l'orgueil (V^ lettre sur P inquisition).
(2) Sermon sur Ntat de péché.
Vie pour lear patrie ou pour la cause de la vérité, les SoIod, les Léouidas, les Épamioondas, les Aristide, les Socrate, les Régulos, les Scipion, etc., n'avaient de la vertu qu'une fausse apparence, n'étaient au Tond que des criminels, ils doivent être renversés du piédestal que leur a dressé le trop crédule enthousiasme des générations anciennes, et ils expient en enfer leurs prétendues vertus (i). Qu'ils s'effacent devant les vrais héros de la grâce, les saint Antoine, les saint Pacôme, les saint Crépin, les saint Labre, et autres gloires du martyrologe catholique... Pendant un long espace de temps dont le minimum est fixé à quatre mille ans. Dieu n'a créé des hommes que pour avoir le plaisir de les damner ; aucun effort de leur part ne pouvait les soustraire à cette sentence Irrévocable. Les hommes, en poursuivant follement ce qu'ils croyaient être la vertu, ne couraient qu'après une chimère; c'était une déception dont il plaisait à Dieu de les leurrer, aussi bien que du désir du bonheur qu'il met dans tous les êtres sensibles et qui n'était qu'un mensonge du Tout-Puissant. Nous plaindrions-nous de cette abominable barbarie, imputée à Dieu? La théologie nous répond froidement que Dieu était dans son droit, qu'il eût pu damner tous les hommes sans exception, et que bien loin de lui reprocher de ne pas les sauver tous, nous devons le trouver très-clément quand 11 veut bien en sauver quelques-uns.* Toute la masse du genre humain, dit saint Augustin, doit des peines, et si tous subissaient le supplice de la damnation qu'ils ont mérité, cela n'aurait rien d'injuste (De naL et gratiâ, ch. vu,). Cela ne doit pas révolter un chrétien persuadé que tous les hommes sont lombes par le péché d'un seul dans une condamnation si juste que quand Dieu n'en délivrerait aucun, on n'aurait nul sujet de s'en plaindre {De prœdesLy ch. viii) (2). » Ces principes révoltants excitent une telle horreur qu'il n'est pas
(1) Tous malheureux morts sans confession I
(Voltaire.)
(2) C'est ce qu'exprime de même Tinflexible saint Prosper :
Cur querimur quàd non omnes S€tlvantur an illa Cùm ai progeniem tuper omnem irrupta manerety De cunetis juste damnatis non quereremur?
élonnanl que des auteurs modernes aient chercbé à en pallier la rigueur, dans l'intérêt du christianisme. Frayssinous, dans ses Conférences, voulant concilier, autant que possible, la raison avec le dogme, établit plusieurs divisions dans l'enfer et y donne le séjour le plus doux à ceux qui, éloignés du christianisme par une ignorance invincible, ont suivi la loi naturelle et mené une vie vertueuse ; ces hommes-là seraient privés de la vue de Dieu, mais leur état consisterait plutôt dans la privation du bonheur que dans la souffrance du malheur. Celte hypothèse neuve appartient en propre à son auteur et est en opposition avec les anciens monuments de la religion qui d'une part assigne positivement l'enfer comme séjour aux hommes étrangers au christianisme, vertueux ou non, et d'une autre part enseigne que l'enfer est un lieu de tourments. Les termes de l'encyclique de Pie IX, que nous avons rapportés plus haut, ne peuvent laisser subsister aucun doute à cet égard. Tout ce que vous pouvez faire pour cette nombreuse classe d'hommes, c'est de ne la soumettre qu'au moins cruel des supplices qui s'infligent en enfer, comme fait saint Augustin pour les enfants morts sans baptême {damnationem mitissimam) ; c'est encore un supplice, et vous ne sauvez pas par là l'atrocité et l'iniquité du dogme. — La Mennals, apologiste du christianisme, va plus loin que Frayssinous et admet que, dès le commencement du genre humain, tous ceux qui ont cru en un sauveur, qui l'ont connu autant qu'ils pouvaient, et ont vécu dans la justice, ont été svmsés, {Essai sur l'indifférence, Vf ^ partie, ch. xTi). Une telle opinion renverse de fond en comble le christianisme; car si, avant Jésus, les hommes avalent tout ce qu'il leur fallait pour se sauver, la rédemption n'était pas nécessaire; elle pouvait donc être indéflniment ajournée ou même ne jamais avoir lieu, ce qui eût encore mieux valu pour le genre humain; car elle a introduit un joug plus lourd et des conditions de salut plus diiOciles, comme nous allons le prouver tout à l'heure. De plus il s'ensuivrait, dans ce système, que les hommes qui aujourd'hui ne connaissent pas le christianisme, qui sont, par conséquent, dans la même position que les anciens païens, et qui mènent une vie vertueuse, pourraient se sauver, ce qui est déclaré radicalement impossible par les décisions infaillibles des Conciles et des papes. — Les efforts de
La Mennais et de quelques autres modernes ne prouvent qu'une chose, c'est qu'ils sentent que ia raison ne peut supporter le christianisme, à moins qu'il né se modifie. Mais comment modifier les dogmes d'une Ëgiise qui se prétend immuable et infaillible? Comment, d'ailleurs, supprimer le principe sans lequel il n'y a plus de christianisme ? Ainsi ils ne peuvent sortir de l'alternative suivante : si les hommes ne pouvaient se sauver sans une rédemption, tous ceux qui ont vécu avant cette rédemption, sont damnés, ce qui est monstrueux ; si, au contraire, les hommes antérieurs à Jésus, ont pu se sauver, il n'y avait pas besoin de rédemption, et le christianisme n'a pas de raison d'être.
Les chrétiens, en damnant avec tant de prodigalité ie genre humain antérieur à Jésus, ont pourtant fait une exception en faveur des membres de l'ancienne église Juive qui était ie précurseur et la figure de l'église chrétienne, et ils ont admis que tous ceux qui attendaient ie Messie rédempteur, avaient en lui une foi prophétique et devaient être regardés comme chrétiens ; que ceux-là, vivant dans la vertu, ont été sauvés; cependant, étant privés de la grâce de la rédemption, ils n'ont pu entrer immédiatement en possession du séjour céleste et sont resté» dans un lieu d'attente appelé les Limbes (1), jusqu'à ce que Jésus, après sa mort, soit venu les délivrer et leur ouvrir les portes du paradis. La difilculté consiste à déterminer l'étendue de la catégorie à laquelle doit appartenir le bénéfice de cette exception. — Sera-ce uniquement aux Juifs orthodoxes, aux citoyens de ce peuple élu de Dieu, dont toute l'existence était, nous dit-on, une figure continuellement reproduite et toujours vivante, des destinées de l'Ëglise future? Mais la nation juive ne commence qu'à Abraham, tout au plus, et il serait impossible aux chrétiens d'exclure du royaume céleste les patriarches qui l'ont précédé, tels qu'Adam, Enoch qui fut enlevé vivant au ciel, Noé, le plus juste des hommes de son temps, etc. D'un autre côté, l'Ëcriture reconnaît, soit le don de l'inspiration divine et de la vision
(1) Il ne faut pas confondre ce local, demeuré vacant depuis la visite qu^y fit Jésus après sa mort, avec celui du même nom, affecté aui âmes des enfants morts sans baptême.