II. to
pas ià tout l'homme; et si toutes les autres facultés sont sans développement, il reste incomplet à beaucoup d'égards, il languit, il n'est pas beureux. L'bomme a besoin d'aimer, non-seulement d'aimer Dieu qu'une distance inûnie sépare de lui, mais d'aimer ses semblables et de former avec eux des liens de diverses natures; il a besoin d'exercer son activité, de travailler, d'entreprendre, de poursuivre sans cesse de nouveaux buts; il a besoin de variété dans ses exercices et même dans ses plaisirs ; il ne trouve rien de semblable dans Je paradis où règne une monotonie effrayante et dont l'idée seule fait presque toujours bâiller d'ennui prédicateurs et auditeurs. Aussi généralement est-il peu désiré pour lui-même, mais seulement par opposition à l'enfer qui inspire des craintes affreuses. A part quelques mystiques qui passent une partie de leur vie dans l'extase contemplative et qui rêvent le bonheur suprême de l'union en Dieu, la majorité des bommes voit avec une parfaite indifférence le sort des bienheureux ; et comme la seule occupation dans le ciel, celle de chanter les louanges de Dieu, est précisément celle qui se pratique & vêpres où généralement l'on s'amuse fort peu, on n'éprouve pas un vif désir d'aller psalmodier pendant l'éternité. Et même, en y réfléchissant, on ne peut s'empêcher d'être effrayé d'un genre de vie où rien ne marque plus la succession du temps, où il n'y a plus ni jour, ni nuit, ni saisons, où chaque instant est exactement semblable à ceux qui l'ont précédé et à ceux qui doivent le suivre, où aucun événement ne vient troubler la constante uniformité de la vie, si toutefois c'est vivre que d'exister ainsi. Un pareil bonheur lasserait à la longue et deviendrait un supplice; plus d'un élu regretterait l'agitatiou de sa vie terrestre, entre mêlée de peines et de plaisirs, de craintes et d'espérances, d'ombre et de lumière.
Le purgatoire, inconnu des premiers chrétiens (comme nous l'avons vu ch. ix, § 6), a été emprunté par l'Église aux religions anciennes et forme un heureux correctif à l'enfer. Dans le dogme primitif, il n'y avait pas de milieu entre le salut et la damnation ; tous ceux dont l'âme n'était pas parfaitement pure de toute faute, étaient précipités dans l'abîme. Mais, grâce à l'invention du purgatoire, ceux qui ne sont coupables d'aucun péché mortel et qui cependant se trouvent souillés de fautes légères et n'ont pas expié
suffisamment leurs méfaUs, sont envoyés dans un séjour intermédiaire où ils subissent des peines plus ou moins cruelles, mais pour un temps limitera la suite duquel, puriGés par la souffrance, ils rentreront en grâce auprès de Dieu et prendront place. parmi les élus. Celte conception est conforme à la bonté de Dieu ; et bien loin de reprocher au catholicisme de l'avoir introduite, nous lui reprocherons de ne pas l'avoir assez étendue et de n'avoir pas appliqué à tous tes hommes ce qu'il admet pour quelques uns, de n'avoir pas, en un mot, remplacé l'enfer par le purgatoire. Les protestants, sous prétexte de fidélité au texte de l'Écrilure dont l'élasticité se prèle cependant à tant.de compositions, ont été bien mal inspirés quand ils ont rejeté le purgatoire et rendu à l'enfer toute sa rigueur. Il est bien entendu que nous ne faisons que comparer le mérite des deux hypothèses, tout en reconnaissant que ni l'une ni l'autre n'est démontrée; si la raison humaine établit le dogme de l'immortalité de l'âme, elle ne peut se faire aucune idée du genre d'existence qui nous attend au delà du tombeau.
La durée du séjour dans le purgatoire est, d'après l'Ëglise, proportionnée au nombre et à la gravité des offenses à expier. Mais cette durée peut être abrégée par les prières, soit des élus, soit des hommes terrestres; et les mérites des uns et des autres peuvent être à leur gré appliqués au soulagement des personnes trépassées auxquelles ils s'intéressent, et qui gémissent dans les tourments. Ainsi s^établil un lien de solidarité entre les divers mondes que l'humanité est appelée à parcourir, entre les diverses générations de ta grande famille humaine, entre les morts et les vivants. Mais malheureusement celte idée, grande et religieuse en théorie, a été singulièrement gâlée par l'application pratique qui en a été faite dans le catholicisme. Du moment qu'il fut admis que les prières et les bonnes œuvres des vivants contribuent au soulagement des âmes du purgatoire dont elles peuvent même opérer la délivrance, l'Église détermina, parmi les bonnes œuvres, celles qui concourent le plus efficacement à ce but; ce ne sont pas les actes de charité, de dévouement, en un mot, les œuvres utiles aux hommes, ou, du moins, tout cela n'est que fort secondaire; mais ce qu'elle recommande par-dessus tout, ce sont les pratiques bigotes et puériles, telles que le chapelet,
les neoTaines, le scapalaire, les pèlerinages, le jubilé, etc. Elle détermiDa la quanlilé exacte d'iDdolgeoce attachée à (oQtes ces cérémonies; l'une rapporte une remise de huit jours de séjour dans le purgatoire, une autre celle de quinze jours, un mois, etc. Il y en a qui vont jusqu'à cent ans elqu*on peut renouveler un nombre indéfini de fois dans le cours d'une vie, de sorte que le dévot prévoyant et songeant d'abord à s'assurer pour lui-même une réserve dans Tautre monde, peut ainsi accumuler sur sa propre tête des milliers de siècles d'indulgence et esquiver entièrement le purgatoire. Comme rien n'est perdu, il applique l'excédant de ses besoins à ses amis et connaissances, c'est à dire que si, au moment de sa mort, il est riche, par exemple, d'un crédit de mille ans d'indulgence, et que son débit ne soit que de huit cents ans de purgatoire, non seulement II est quitte envers Dieu et entre de piano en paradis, mais il repasse à qui bon lui semble son superflu de deux cents ans d'indulgence et diminue d'autant le contingent de quelque malheureux moins bien pourvu; de même que les écoliers échangent des exemptions de pensum. Il y a même des pratiques dévotes, telles que le jubilé, qui valent indulgence plénière, c'est-à-dire remise de toutes les peines encourues par le pécheur. 11 y a aussi des autels privilégiés où chaque messe dite tire une âme du purgatoire. L'Église ayant des moyens aussi puissants de rachat, on ne conçoit pas comment elle a la cruauté de ne pas multiplier de pareils autels et de ne pas y faire dire des messes jour et nuit; elle arriverait ainsi à tirer du purgatoire autant d'âmes qu'il y en entrerail, de manière à en faire un désert. Bien qu'elle soit restée en deçà de ce qu'elle pouvait faire, Calvin disait avec raison que, supposé que le purgatoire existât, il devait être constamment vide, tant était grande l'action incessante des causes qui le dépeuplaient (1). Un dogme qui aboutit à de pareils
(1)11 est dit dans une petite brochure distribuée au Mans par les pères Rabitaille et Grocqaard, missionnaires {Le Mans^ Étiembre cl Beadvais, 1861 } VOpinion nationale du 10 août 1861), que le bienheareux Jean Massias, qui n'a vécu que quarante-cinq ans, a délivré un million quatre cent mille âmes du purgatoire. « Il Ta déclaré sur le point de mourir, et il le savait, car ces âmes délivrées venaient le remercier avant de monter
résallats, se tue par le ridicule; et l'abus des indulgences devait nécessairement tuer la foi au purgatoire. Au point de vue moral, il est scandaleux que la peine du péché se racbète au moyen d'amulettes et de patenôtres ; du moment que l'expiation était reconnue nécessaire, elle devait être sérieuse et pénible, et c'est une dérision que de la remplacer par de vaines momeries. Ce système de commodes substitutions a encore un mauvais côté, c'est que les pratiques présentées comme les plus efficaces donnent lieu à des rétributions au profit du clergé, de sorte qu'en dernière analyse, c'est l'argent donné aux prêtres qui ouvre les portes du paradis. Leur impudence alla jusqu'au point de vendre publiquement des indulgences, moyennant un tarif déterminé suivant la gravité des péchés. Tout le monde sait que cet infâme trafic reçut son plus grand développement sous Léon X qui en destinait le profil à la construction de la basilique de Saint-Pierre, et que c'est à la suite d'une rivalité entre les corporations de moines chargées du débit de cette marchandise pour le compte du saint siège , que Luther se mit à attaquer, d'abord le principe des indulgences, puis l'autorité même de l'ËglIse romaine. Le système du purgatoire était tellement compromis par lès fruits honteux qu'on lui avait fait produire, qu'il ne put trouver grâce devant les réformateurs, et dut être enveloppé par eux dans la réprobation dont ils frappèrent les indulgences.
L'Église catholique a tiré quelque profit de cette rude leçon; elle sauve un peu mieux les apparences. Elle a supprimé la vente à bureau ouvert des indulgences à prix tarifé ; mais elle n'en continue pas moins à exploiter le purgatoire. Les rites auxquels elle attache la plus grande masse d'indulgences, donnent encore lieu à des rétributions envers les prêtres ; les messes des morts qui tiennent le premier rang parmi ces moyens de libération, ne se disent que moyennant finance (1), et la multitude de ces messes produit au
au ciel. » Il ne faudrait pas beaucoup de Massias pour épuiser le purgatoire et y maintenir continuellement le vide.
(1) Il existe une agence commerciale des messes, chargée de centraliser l'offre et la demande, et de fournir aux prêtres et aux fabriques, moyennant des bons de messes, des livres, des ornements ou d'antres
clergé un revenu considérable (1). 11 résuite de là que les familles riches ont seules le privilège de pouvoir puiser à ces trésors spirituels; la distinction des classes existe donc, même dans l'autre monde où les heureux de la terre conservent leurs avantages; l'égalité devant Dieu est tout aussi chimérique dans le ciel qu'ici-bas; l'homme opulent peut, sans se gêner ni restreindre ses plaisirs, tester au profit de son âme, et au moyen de sommes considérables léguées au clergé, Taire dire après sa mort et à son profil particulier, des myriades de messes, et de préférence aux autels privilégiés; il acquiert ainsi la certitude de se tirer en très-peu de temps du purgatoire dans lequel ce fortuné patricien n'aura fait que paraître et disparaître; tandis que le pauvre, après avoir été malheureux pen-
marchandises ; ces bons de messes circulent comme des effets de commerce, et les messes ont leur bourse, comme le savon et le trois-six.
(i) En i8i6, une trombe ayant dévasté le village de Monvllle (Seine- Inférieure), le clergé Gt, dans toutes les églises de la contrée, des quêtes pour les victimes de cette catastrophe. Une commission de dignitaires ecclésiastiques, présidée par l^archevéque de Rouen, centralisa les aumônes et procéda à la répartition : elle posa d^abord en principe que les secours les plus abondants devaient revenir à ceux qui avaient le plus de besoins; puis elle considéra que les ouvriers mutilés, estropiés, privés d^ouvrage, les veuves, les orphelins, bien que dignes d'intérêt, ne méritaient pas de venir au premier rang, mais que les victimes qui avaient vraiment droit à une sollicitude privilégiée comme ayant le plus de besoins, c'étaient les âmes du purgatoire. Elle décida donc que les morts devaient passer avant les vivants, et que la majeure partie des offrandes serait employée en fondation de messes pour soulager les âmes de ceux qui avaient péri; en d'autres termes, ces dépositaires charitables des deniers des pauvres s'en sont appliqué à eux-mêmes la meilleure part. Les libres penseurs ayant.osé critiquer cette singulière application des principes de la justice, les journaux dévots, organes reconnus du clergé, ont répondu que cette répartition était parfaitement conforme à l'esprit de rÉglise... Ils ont raison. Le purgatoire est une mine d'or pour rÉglise, mandataire générale et caissière des âlnes du purgatoire. Mais du moins que ceux qui ont la bonhomie de charger le clergé de leurs aumônes pour les pauvres, se souviennent de Monville ! Rien de vorace et de rapace comme les âmes du purgatoire.
EXAMEN DU CHRISTIANISME 3oI
dant sa vie, le sera encore après sa mort, el faute d'avoir parmi ses proches quelqu'un en étal de lui acheter une douzaine de messes, il subira sa peine tout du long, sans espoir de pouvoir l'abréger.. . pharisiens modernes, combien vous surpassez vos maîtres!
L'enfer... A ce mot affreux, le sang est prêt à se glacer dans les veines, le cœur se serre d'effroi ; pn se demande quelle âme de tigre a inventé un dogme aussi abominable... L'Église , voulant justifier les peines éternelles qu'elle prononce contre les damnés, a prétendu qu'elles étaient exigées par la justice de Dieu. Les peines, en général, peuvent avoir pour but, ou la réparation due à l'offensé, où l'amélioration du coupable, ou l'expiation de la faute, ou enfin l'intimidation causée par l'exemple du châtiment.
Les théologiens soutiennent qu'une réparation est due à Dieu à cause du péché. Mais cette idée est basée sur une sorte d'anthropomorphisme d'après lequel Dieu est assimilé à un homme qui, ayant éprouvé un dommage par suite d'une faute, a droit à être indemnisé. Cette comparaison est profondément vicieuse ; car Dieu ne peut être atteint par le péché, il ne peut être offensé par l'bomme, ni éprouver par le fait de celui-ci aucune diminution dans sa puissance, dans sa gloire , dans son bonheur. Il n'a donc aucun besoin de réparation. La punition de sa part ne serait donc qu'une vengeance ; et bien que la Bible, à chaque page, fasse de Dieu un être essentiellement vindicatif, il n'en est pas moins vrai que la vengeance est un sentiment bas et rétrograde, indigne, non seulement de Dieu, mais même de tout homme qui a le coeur un peu élevé. Mais, dit-on, il importe à la majesté de Dleo, que ses lois ne manquent pas de sanction, et que les infractions à ses commandements soient punies. Comme Dieu ne peut vouloir que le bien, autant l'homme qui se conforme à cette volonté en faisant le bien, se purifie, s'ennoblit et se rapproche de la divinité ; autant celui qui viole la loi divine en faisant le mal, se dégrade, s'amoindrit et s'éloigne de son type de perfection; il se punit donc suffisamment lui-même, il est son propre bourreau. La justice divine est ainsi satisfaite^ sans qu'il soit besoin de recourir aux flammes et aux tortures ; la loi morale contient sa propre sanction.
La peine appliquée ù propos peut souvent avoir pour effet de faire
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rentrer le coupable eu lui-même, de lui inspirer un repentir salutaire et de le pousser ainsi dans une meilleure voie. Mais ce résultat ne peut être attendu des peines de Tenfer, puisqu'on les suppose éternelles et qu'on déclare les damnés à jamais inaccessibles au bien.
L'expiation n'est autre chose que la purification du coupable par le châtiment ou la réparation du crime par ce châtiment : elle rentre donc dans l'un ou l'autre des moyens dont nous venons de parler.
L'intimidation est certainement, dans les sociétés humaines, un des principaux buts que se proposent les législateurs en décrétant des peines; ils espèrent, par la crainte du châtiment, empêcher les hommes de faillir. Mais il est de principe que la peine ne peut être justement infligée qu'autant que, par une loi antérieure au fait incriminé, la peine a été édictée comme sanction d'une défense légale, et que cette lot a été connue du délinquant. Si nous appliquons ce principe à la justice divine, nous remarquons que l'ancienne loi de Moïse, acceptée comme divine par les chrétiens, ne faisait aucune mention de l'enfer, que, par conséquent, les hommes qui ont vécu, soit avant cette loi, soit sous son empire, n'ayant pas reçu la notiflcation des peines terribles qui attendaient, dans l'autre monde, les infractions aux lois divines, ne pouvaient équltablement être condamnés à subir ces peines. Quant à ceux qui ont vécu depuis l'Ëvangile, ils ont pu avoir connaissance des supplices dont Jésus-Christ menace les méchants. Mais si la fiction que nul n^est censé ignorer la loi est souvent odieuse en fait de justice humaine, ce sera encore bien pis quand il s'agira du sort des hommes pendant l'éternité. Or il est évident et il ne peut être contesté qu'une foule d'hommes ont ignoré et ignorent tout à fait l'Ëvangile dont on ne peut par conséquent invoquer contre eux les dispositions pénales; d'autres, touten connaissant TËvangile, sont divisés sur son interprétation et victimes de l'obscurité du livre sacré, prennent pour servir Dieu une voie différente de celle que prescrit l'Ëglise* d'autres trouvant insuffisantes les preuves de la vérité du christianisme, ou même trouvant parfaitement satisfaisantes les preuves de sa fausseté, se croient fondés à rejeler le dogme do Tcnfer. NI les uns ni les autres ne peu-
vent êlre juslemenl frappés de peines édictées par une loi qui ne leur a pas élé valablement Dolifiée et dont l'aulbenticilé ne leur est pas démontrée.
Non seulement l'application de la peine à leur égard serait contraire à réquité, mats encore le but de l'intimidation est tout à fait manqué. Il l'est même à l'égard de beaucoup de chrétiens qui ne sont croyants que par routine ou par indolence, et sur lesquels l'idée de l'enfer agit peu ou point, parce qu'ils n'ont pas une conviction ferme et arrêtée. Si Dieu eût voulu réellement que la crainte de l'enfer Intimidât tous les hommes, il s'y serait pris de manière que tous eus* sent immanquablement à l'enfer une fol solide et inébranlable. Mais comme les choses se passent tout autrement, et qu'on ne peut supposer que Dieu, se proposant un but, ne puisse l'atteindre, on doit croire que son dessein n'a pas été d'agir par Intimidation. Ce serait même lui faire Injure que de le penser ; car la crainte est un mobile odieux et bas, c'est l'arme des tyrans contre les esclaves; la nécessité où sont les sociétés humaines d'y recourir, n'est qu'une preuve de leur imperfection ; et l'on ne peut admettre que Dieu ait été obligé d'en faire usage. Dieu en faisant aimer sa loi, et en en rendant l'accomplissement doux et facile, était bien plus sûr d'en obtenir l'exécution universelle qu'en employant des menaces qui n'ont jamais empêché le mal.
Ainsi aucune des raisons alléguées ne justifie l'emploi des peines de la part de Dieu. Mais en admettant même la justice et la nécessité de ces peines, 11 ne s'ensuit pas qu'elles doivent être éternelles. Le principe le plus élémentaire de la justice distributlve, c'est que toute peine doit être proportionnée au délit. Or l'homme, être fini, ne peut, quoi qu'il fasse, soit en bien, soit en mal, produire rien que de fini : les crimes, si nombreux, si grands qu'ils soient, ne peuvent constituer qu'un mal fini; il ne peut donc leur être appliqué qu'une peine finie et non un supplice infini par sa durée. Quelque horreur qu'on suppose à Dieu pour le péché commis par l'homme, il doit venir un temps où sa rigueur est désarmée par les tourments des coupables, où sa justice juge l'expiation suffisante. Prétendre, au contraire, que rien ne pourra jamais le fléchir, que pendant toute l'éternité il se complaira dans les souffrances du condamné, qu'après des milliers