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hS EXAMEN DU CHRISTIANISME
D'ailleurs, on s'explique facilement le silence de Jésus sur les générations futures. Il croyait, comme nous le verrons au % 6, que la Un du monde était proche, que la génération d'alors ne passerait pas sans que son avènement se réalisât, et II avait annoncé à ses disciples que plusieurs d'entre eux vivraient jusqu'à cette époque. li lui suffisait donc de constituer un ordre de choses qui pât subsister quelques années ; Il n'avait pas à se préoccuper d'un avenir qui ne devait pas avoir lieu ; il était superflu de régler la transmission des pouvoirs d'une génération à l'autre, puisque ses contemporains allaient clore la série des générations humaines, et que ses disciples immédiats devaient exercer leur apostolat jusqu'au grand jour du jugement universel.
La conduite des apôtres prouve que la première Église fut une démocratie pure, régie par le principe d'égalité conformément aux préceptes de Jésus, et ne connut pas de prêtres. Le premier acte, après l'ascension, est l'élection d'un apôtre à la place du traître Judas. On remarque d'abord que ce choix n'est fait, ni par Pierre auquel 11 aurait dû appartenir exclusivement d'après les doctrines romaines, ni par les onze apôtres restant, mais par l'assemblée de tous les frères qui étaient au nombre de cent vingt environ, (A et. ap,9 1,15); et l'élection a lieu par la voie du sorL £t quels sont les pouvoirs conférés au nouvel apôtre ? Est-ce de juger les fidèles, d'exercer une magistrature ou un sacerdoce? Nullement; il ne s'agissait que de désigner un homme qui eût vécu constamment en la compagnie de Jésus- pendant sa carrière publique, et qui pût servir de témoin de sa résurrection (v. 2i, 22). On veut donc seulement compléter le nombre de douze témoins. Mais l'élu Matthias ne conquiert par là aucune supériorité sur ses frères ; on ne le consacre par aucune cérémonie, on ne lui confère aucune juridiction. Le tilre d'apôtre n'est même pas exclusivement réservé aux douze ; car, sans qu'il se soit fait aucun vide parmi eux, nous voyons ce même titre accordé plus tard à Paul, à Barnabe et à Siias.
Le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit descend sur les fidèles indistinctement et les remplit tous de ses dons (ii, 4), notamment du don des langues. Si l'on voit les apôtres montrer plus d'activité et se mettre plus en évidence, c'est qu'ils avaient plus de vertu el
EXAMEN DU CHRISTIANISME ftO
& d*intelligence ; mais lis n'élaient que les premiers entre leurs égaux, yà primi inter pares. On a eru voir un acte de Juridiction exercé par r. Pierre sur Ananlas et Sapbire, quMi frappa de mort subite (ch. v) ; (6 mais il n'agit dans cette circonstance qu'en sa qualité de tliauoiai lurge et non en vertu d'un pouvoir sacerdotal. C'est un acte de même r nature que eelui du propiiële Elisée qui, sans être prêtre, fit dévorer li par deux ours quarante-deux enfants coupables de l'avoir appelé G tête chauve (IV Rois, i, 23, 24).
t L'apostolat est si peu une délégation du pouvoir donné primitif
fi vementaux douze, que Paul, aussitôt après son baptême, se met à g prêcher avant d'avoir été présenté aux apôtres Immédiats de Jésus, et sans avoir reçu d'eux aucune mission (Act. ap,, ix, 20 et sulv.) : e ce n'est que trois ans après avoir exercé son apostolat, qu'il vient [ trouver Pierre (GaL^ i, 18), mais sans se subordonner à lui ; il déclare que les apôtres primitifs ne lui ont rien appris (id., ii, 6), qu'il ne leur est en rien inférieur, et qu'il est chargé de prêcher i'Ëvangile aux incireoneis, comme Pierre aux circoncis. Bien loin de reconnaître à Pierre aucune suprématie, Paul n'bésite pas à le reprendre publiquementà Antiocbe (id, ii, lletsuiv.)et à lui exposer ce qu'il déclare être la vraie doctrine du Christ. Ainsi celui qui devait être ie fondement de l'Ëglise, et qui, au dire des théologiens catholiques, était le vicaire de Dieu sur la terre, s'efface devant un homme nouveau qui n'avait jamais connu Jésus et ne tenait de personne sa consécration apostolique. Ce qui établit la différence d'autorité, c'est le degré de capacité de chacun, c'est l'ascendant de l'intelligence, et non une prétendue hiérarchie de rang dont on ne trouve aucune trace dans les Évangiles et qui ne peut s'appuyer sur les autres livres canoniques.
Quand les chrétiens sont divisés sur la conservation de la loi de Moïse, la question est soumise à une assemblée à laquelle l'Ëglise donne ie nom de concile : ni Pierre, ni aucun des apôtres n'y exerce d'autorité ; la réunion est composée des apôtres, des anciens (seniores) et des frères {Act. ap., xv, 23), et comprend, par conséquent, , tout le peuple chrétien. Si deux classes d'individus y sont désignées d'une manière spéciale, c'est par respect pour les mérites des uns et pour l'âge des autres, mais sans aucune prérogative distincte ; tous
les membres concoarent avec un droit égal, et la délibération est prise par les apôtres^ les anciens et toute VÈglise (oa assemblée) (V. 22).
L'égalité de rang entre les cb retiens n'empécbait pas qu'il n'y eût diversité de fonctions selon l'aptitude de chacun et les dons qu'il recevait de l'Ësprlt-Saint. Ainsi, suivant Paul, Dieu a établi dans son Église, premièrement les apôtres, puis les prophètes, ensuite les docteurs, puis ceux qui ont le don de guérir les maladies, ceux qui ont le don d'assister les frères, ceux qui ont le talent d'administrer, ceux qui ont reçu le don des langues ou celui de les interpréter (I Cor., XII, 38). L'apostolat, c'est-à-dire la mission de propager la connaissance de la doctrine de Jésus, est donc mise sur la même ligne que les autres fonctions dévolues aux divers membres de l'Ëglise ; c'est un talent et non une juridiction ; tous ces emplois sont bons et ont leur utilité, mais aucun ne donne à celui qui le remplit d^autorité sur ses frères, et la charité est au-dessus de tous les dons (1 Cor.^ xiii). Chacun exerce sa fonction à son gré, sans être obligé d'en subordonner l'exercice à qui que ce soit; c'est ainsi queSilas, Jude, Paul et Barnabe se dispersent suivant leur fantaisie, sans qu'aucune volonté supérieure leur assigne de territoire.
Les apôtres n'étaient donc pas des pontifes, comme les théologiens voudraient le faire croire : c'étaient des frères qui prenaient la lâche la plus pénible, celle de la propagation. Les anciens (icpeaSutepol, mot que les traducteurs rendent abusivement par celui de prêtre) étaient tout simplement les vieillards qui administraient la com* munauté. Le mot évêque {episcopusy liltéraiement inspecteur) ne se trouve employé qu'une fois dans les Actes des apôtres, et dans un sens exclusif de ridée de pontife (1). Il est dit (xx, 17) que Paul étant à Milet, fit venir les plus âgés de l'Ëglisede cette ville {majores natu, ce que L. Sacy a osé traduire par le mot prêtres) : Paul prémunit ces anciens contre les doctrines corrompues de certains novateurs, et leur dit de veiller avec soin à la garde du troupeau sur
(I) « Dans les premiers siècles de TÉgUsc, la préirise ctrépiscopat nVlaient qu*ane même chose sous deux noms différents, dont Tan marquait rage et Taulre la dignité (sairt Jérôme, Epist. ad Oeeanum). »
lequel le Saint-Espril les a établis évêques : ce litre d'évêque qui maintenant est réservé au prince des prêtres chargé de gouverner spiriluellenient toute une province, appartenait donc alors à tous les vieillards de chaque ville où il y avait des chrétiens; il ne servait qu'à désigner la fonction qui appartenait aux anciens, d'inspecter la communauté. Rien n'indique que ces inspecteurs aient prétendu alors au privilège de parler seuls au nom de Dieu et d'exercer une juridiction sur les fidèles. Paul écrit aux saints de la ville de Philippes, avec les évêques et les diacres (PhiLy i, 1) ; les évêques étaient donc une classe de fidèles, il n'y avait donc pas un évéque unique à la tête du troupeau. Il ne parle de ces évêques que pour énumérer les vertus qui doivent les distinguer (1 Tim,, iii, 2; TH., t, 7), et n'entre dans aucune définition de leurs attributions. Les fonctions des apôtres n'ont rien de sacerdotal et consistent essentiellement dans la prédication {AcL ap,y vi, 4). Ils étaient chargés aussi, dans le commencement, de la distribution des vivres entre les fidèles; mais leurs nombreuses occupations les forcèrent de se décharger de ce soin sur les diacres ou servants (id,). On ne voit pas que les apôtres aient jamais exercé l'office de prêtres, aient célébré aucune cérémonie religieuse, ou même aient eu le privilège de présider aux prières. Le baptême était, comme nous le prouverons plus loin, une initiation qui pouvait être conférée par tous les fidèles. On voit les apôtres imposer les mains pour faire descendre le Saint-Esprit sur les néophytes (viii, 17); mais c'était là une faculté miraculeuse, aussi bien que le don de guérir; et Simon le Magicien, frappé de ce prodige, veut acheter à prix d'argent un pouvoir qui lui paraît si merveilleux (viii, 18). L'Imposition des mains n'était qu'un geste dont les thaumaturges accompagnaient le plus souvent leurs opérations; c'est ainsi qu'on voit Jésus lui-même imposer les mains aux infirmes pour les guérir (Marc, vn, 32) (1) et exercer même des manipulations plus compliquées à l'égard d'un sourd-muet (id,, versets 33 et 34), introduire ses doigts dans les oreilles, mettre de la
(1) L'imposition des mains accompagne fréquemment les guérisons miraculeases : voyez notamment Mat., ix, i8; Marc, v, 23 ; vi, 5; vin, â3; xvf, 18; Ldc, Iv, 40; xiii, 13; Act, op., ix» 12, 17; xxviii, 8.
salive sur la langue, soupirer ei prononcer certaines paroles. L'ioiposition des mains n'était point une condition essentielle pour obtenir l'effusion da Saint-Esprit; car, pendant un discours de Pierre à des gentils qui n'avaient point été baptisés et n'avaient eu auparavant aucune notion du christianisme, le Saint-Esprit descendit spontanément sur evffi, sans avoir été provoqué par aucun geste (AcLap.fX),
Les apôtres, disciples immédiats de Jésus, ne parlent jamais, dans leurs épitres, en maîtres ou en Juges ; ils n'ordonnent rien et n'ont pas la prétention de faire passer leur volonté pour loi ni de parler au nom du Saint-Esprit; ils se bornent à avertir les fidèles, à les conseiller, à leur offrir les lumières de leur expérience. Leurs écrits ne ressemblent en rien aux mandements des évoques, qui se terminent toujours par des injonctions, et encore moins aux brefs et aux encycliques de la Cour de Rome. Ce ne sont pas des pontifes notifiant leurs ordres à leur troupeau, ce sont des frères s'entretenant avec leurs frères. Paul est le seul dont le ton semble parfois devenir plus impérieux, ce qui tient sans doute à la fougue de son caractère. Et cependant, même dans les circonstances où il paraît faire acte d^aulorité, on voit qu'il reconnaît que la juridiction n'appartient qu'à l'assemblée des fidèles. Ainsi, s'il condamne l'incestueux de Corintbe, c'est parce qu'il devance la décision des fidèles au milieu desquels il se transporte en esprit et à l'autorité desquels il s'assoeie (I Cor,, v, 3) ; s'il se permet d'Influencer les décisions de l'assemblée, ce n'est que par voie de prière et de conseil (II Cor,, ir, 8). Il dit aux Hébreux : c Nous avons tm pontife si grand qu'il est assis dans le ciel à la droite du trône de la majesté, étant le ministre du sanctuaire et du vrai tabernacle fixé ftar Dieu et non par un homme (Hebr., viii, 4,2).» Il regardait donc Jésus comme le seul pontife, le seul prêtre; et il complète cette idée en disant plus loin : < Chaque homme n'aura plus à enseigner son prochain et son frère en disant : Connaissez le Seigneur; parce que tous me connaîtront depuis le plus petit Jusqu'au plus grand (verset ii). » Il n'y a donc plus de sacerdoce.
Nous devons toutefois faire mention d'un texte de Paul, favorable aux prétentions du clergé: «Que les hommes nous considèrent comme
les mioislres du Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu... Je me oiels fort peu en peine d'être jugé par vous on par quelque bomme que ce soit... Mais c'est le Seigneur qui est mon juge (l Cor,, lY, 1-4). » On voit percer là le caractère taautain et despotique de Paul qui semble bien s'attribuer un vrai sacerdoce. Mais cette prétention individuelle n'est nullement autorisée de la parole du maître. Ce qu'il importe de rechercher, c'est l'enseignement de Jésus; et l'on ne peut reconnaître comme faisant autorité que ses propres paroles. Nous venons de rapporter et d'examiner les discours que lui prêtent les évangélistes sur la question dont il s'agit; la doctrine qui s'y trouve ne peut être infirmée par l'opinion contraire d'un homme qui, sans l'avoir connu, s'est décerné à luimême le titre d'apôtre, mais qui n'a aucun droit de se poser comme interprète de Jésus*.
Ainsi il résulte de l'examen des discours de Jésus et de la conduite de ses premiers disciples, qu'il n'a point institué de corps sacerdotal, n'a chargé personne d'être son représentant sur terre, et n'a confié à qui que ce soif de juridiction sur les consciences. Les protestants sa conforment donc à l'esprit du christianisme, quand ils reconnaissent à tout homme le droit d'interpréter les Écritures. Les textes établissent, il est vrai, l'autorité de l'Ëglise entière, et nous voyons, dans les Actes des apôtres, cette autorité s'exercer sur la question des observances légales. Mais la difficulté serait de mettre en pratique, dans l'état de choses actuel, ce qui était d'une exécution facile dans les premiers temps. Quand la communauté chrétienne était fort peu nombreuse et avait son noyau principal dans une seule ville, il était aisé de convoquer la presque totalité des fidèles et de les faire tous délibérer sur les points litigieux. Mais comment devait-on procéder quand le christianisme a été répandu sur toute la terre? Il ne faut pas songer à réunir en une assemblée tous les chrétiens du monde. La communauté de chaque ville ou contrée doit-elle se constituer en Église indépendante? Les diverses Églises doivent-elles envoyer des députés à une assemblée représentative? Qui aura le droit de convoquer ces assemblées, quels seront les électeurs, dans quelles formes se feront les élections, à quelle majorité se prendront les décisions, etc. ?
Tontes ces questions restent sans solution, et les textes sont muets à cet égard. Par conséquent, ni Jésus ni les apôtres ne donnent le moyen de constituer l'Ëglise. Un corps de prêtres s'est formé et a prétendu posséder seul le pouvoir de représenter la chrétienté; ce pouvoir partagé d'abord avec les laïcs, puis exercé par le clergé seul, a ilnl par se concentrer entre les mains des évéques ; enfin l'évêque de Rome s'est posé en successeur unique des apôtres et a réuni en sa personne toute l'autorité ; de sorte que i'Ëglise, après avoir passé de la démocratie à l'aristocratie, est devenue une monarchie tempérée d'abord et enfin despotique. Mais la force ne fait pas le droit, et ni le pape ni les évéques ne peuvent citer une seule parole de Jésus qui légitime leurs usurpations. Jésus a jugé à propos de laisser indécis tout ce qui concerne le gouvernement de la société par lui fondée; il s'est reposé sur le hasard ou sur le jeu des passions humaines, du soin d'organiser son église; aussi l'autorité de ceux qui ont prétendu parler en son nom sans justifier de leurs titres, n'a-t-elle cessé d'être contestée; l'anarchie et la confusion ont toujours régné dans la république chrétienne qui est encore déchirée par les divisions; et son fondateur, paf une imprévoyance inexcusable, n'a rien fait pour lui assurer le bienfait de l'unité.
Il n'entre pas dans notre plan de faire l'histoire de la papauté; nous allons seulement, en quelques mots, rappeler son origine, afin de compléter notre discussion sur les pouvoirs de l'Ëglise. Il n'est pas historiquement prouvé que saint Pierre soit jamais venu à Rome ; et s'il y eût été, il serait bien étrange que le livre canonique des Actes des apôtres qui a pour but de transmettre à la postérité tons les événements importants de l'époque apostolique, n'ait rien dit de ce fait capital, selon les catholiques, de la fondation par Pierre du siège auquel devait être attachée la qualité de vicaire de Jésus-Christ. Les anciens écrits qui attestent le séjour de Pierre à Rome, sont d'une authenticité fort suspecte et font figurer en même temps, dans la capitale de l'empire, Pierre et Paul qui y agissent conjointement et au même titre, de sorte que, d'après ces auteurs, la fondation de l'Ëglise de Rome n'appartiendrait pas plutôt à l'un qu'à l'autre de ces apôtres. Pierre avait fondé précédemment l'Ëglise d'Ântioche qui l'a toujours regardé comme son premier évêque ;
(le sorle que les évéques ou patriarches d'Ânliocbe peuvent se dire successeurs de saint Pierre à aussi bon droit que les papes ou évêques de Rome, et revendiquer, aussi bien que ceux-ci, l'héritage du prince des apôtres. Mais quel est cet héritage? En admettant même que Jésus ait conféré à Pierre l'autorité sur l'Ëglise universelle, il ne s'est pas expliqué sur le mode de transmis&ion de cet immense pouvoir. Cette haute magistrature s'étendant sur l'huma- Dite entière, cette délégation de la divinité, pourquoi supposer qu'elle soit attachée à la qualité de pasteur local? Pourquoi ne seraitelle pas au contraire indépendante de tout lien de territoire et con férée par toute la chrétienté? Dans le silence [des textes sacrés, de quel droit un homme ne tirant son pouvoir que de l'élection par quelques habitants d'une ville, a-t-lL pu se dire vicaire de Dieu et investi du droit de régir le genre humain?... Plus on examine les origines de la papauté et de Tépiscopat, plus on se convainc que tout est usurpation, et qu'aucune autorité ne peut s'attribuer le droit exclusif d'interpréter les Écritures.
§ 3. — De la divinité de Jésus-Christ.
Parmi les dogmes chrétiens, celui qui figure au premier rang, c'est la divinité de l'auteur du christianisme. Toutes les sectes, divisées entre elles sur tant d'articles, sont d'accord sur celui-là et rejettent avec horreur comme un déisme déguisé le socinianisme qui, en admettant l'inspiration des Écritures, ne reconnaît en Jésus qu'un homme. Il s'en faut pourtant bien que ce dogme soit clairement établi par les textes sacrés.
Dans un passage que tous les docteurs chrétiens appliquent au Messie, Moïse dit aux Juifs : « Le Seigneur votre Dieu vous suscitera un prophète comme moi^ de votre nation et d'entre vos frères (Deut., xviii, 15). » Moïse en annonçant que le Messie ne serait qu'un prophète comme lui, exprimait par là qu'il serait de la même nature et même ne lui serait pas supérieur ; il ne devait donc pas être Dieu.— Bien plus, Dieu dit à Salomon que jamais homme après lui ne l'égalera en sagesse (11 1 jRois, m, 1^); donc le Messie, loin d'être Dieu, devait même être inférieur à Salomon.