‹ Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteurChapitre 50 sur 82 · RAISONS TIRÉES DE LA POLITIQUE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

RAISONS TIRÉES DE LA POLITIQUE GÉNÉRALE

fement de leurs passions réelles ou jouées, les hommes politiques qui couraient après la popularité repoussaient comme des objets empoisonnés les productions étrangères, même celles qui eussent été les plus utiles à leurs concitoyens. L'idée qu'un étranger recueillit un gain en traitant avec les nationaux les faisait bondir. Peu importait que les nationaux y eussent aussi leur profit ; l'étranger y trouvait son compte, donc c'était un maléfice. Dans les échangés avec l'étranger, on s'inquiétait d'abord des avantages que celui-ci pouvait y rencontrer, afin de les anéantir, et fort secondairement de l'intérêt qu'en retirait le consommateur national, c'est-à-dire le public, et de cette manière on sacrifiait celui-ci aveuglément. Il est beau à un peuplé d'avoir le premier secoué ces traditions hargneuses, pour en adopter d'autres qui soient équitables et bienveillantes.

Il est doux de penser que les peuples civilisés sont tous mûrs pour cet heureux changement, et Ton n'en saurait douter, car de toute part à peu près on s'est déjà plus ou moins inspiré des exemples de l'Angleterre. Presque toutes les nations civilisées ont modifié leur système commercial dans le sens de la liberté. C'est la Hollande et la Belgique ; c'est le Piémont, c'est l'Autriche, c'est la Russie, c'est l'Espagne. De pareils faits attestent à quel point la civilisation, que quelques personnes disent en décadence , est en progrès au contraire ; car la bonté et la noblesse des sentiments qui dominent parmi les nations sont les signes du progrès, signes certains et infaillibles.

Ici, qu'il me soit permis de présenter une observation 6ur le caractère de notre politique générale. Nous âoiûmes fiers d'être Français, et le monde, dans ses jours d'équité* éprouve poiir notre patrie une admiration mêlée de reconnaissance, parce que la France avait contracté l'habitude de prendre fait et cause pour les grands principes de la civilisation. Elle considérait et traitait les affaires du genre humain comme les siennes propres. Elle était comme le cœur du monde, et seè

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battements se font sentir encore d'un pôle à l'autre ; les évéiiètnents de 1848 l'ont bien montré. Elle ne craignait pa* dé prodiguer la vie et le patrimoine de ses enfants pour l'honneur des principes. Elle a pu quelquefois s'abandonner au* inspirations d'une politique arrogante ; il lui est même al*rivé d'outrager la bonne foi. Et que ne dotonerions-noufc pas aujourd'hui pour déchirer de nos annales la conduite superbe d'un de nos plus grands princes cependant, Louis XIV, envers la Hollande, ou les scènes de Bayonne, en 1808, entre les malheureux princes espagnols et le grand homme qui, après avoir porté si haut la gloire de la France, S'oublia tant lui-même à ce fatal moment? Mais même dans Ses emportements et ses écarts , la politique extérieure de la France a presque constamment témoigné d'un grand respect pour l'humanité, et s'est distinguée en ce qu'elle a été sympathique. On l'a raillée quelquefois en la qualifiant de sentimentale et d'humanitaire; je ne crois cependant pafe qu'il puisse y avoir de politique qui soit grande si elle n'a pa* de concordance avec les intérêts généraux de l'humanité, et je ne sache pas que les peuples et les individus aient jamais riéù feit qui fût beau et durable, à moins qu'ils n'eussent ett êttx un sébtiment bon et élevé qui les animât et les soutint. Or, voici que l'Angleterre prend depuis quelque temps là part la plus ample dans cette noble initiative qui semblait &OUS appartenir, et que l'assentiment du genre humain reconnaissait comme un attribut qui nous Mt ptepre.

L'élément qu'une philosophie égoïste et impuissante appelle d'un nom qui, au surplus, se peut accepter, celui d'fcï* ihMitaïre, s'est fait dans la politique britannique une place qu'on n'était pas accoutumé à y voir. Autrefois l'Angleterre, comme pour justifier le mot Au poëte classique, se tenait datts ses plans à part du genre humain. Elle avait une politique insulaire. C'est bien changé depuis quelque temps. Voyez ce qu'elle a fait depuis une vingtaine d'années. Elle a voulu l**fl^ehiôsement des noirs, elle l'a accompli avec

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