CHAPITRE II
PU SYSTEM* PROTECTEUR DANS SE3 ftA?PQ*TS AVEC l<\ LIBERTÉ.
De nos jours il est un moyen certain de connaître si une institution a de l'avenir, c'est de voir si elle s'accorde avec Injustice et la liberté. De tout temps les hommes se sont proposé de n'avoir que des lois qui fussent conformes à l'équité telle qu'ils la concevaient, et qui concordassent avec la liberté autant qu'ils s'en formaient une idée exacte.
DAIfS SÇ* RAPPORTS ATPC feA fcfBERTÉ. |
Àrçjourd'huit dww tous les États de l'Europe, st eur tous lqs points du globe où l'Europe a ét&hh ses essaims, Ja 30-, ciété est eu travail pour produire d as lois et des pratiques qui soient au harmonie parfaite avec ce que la majeure partie des peuples civilisés appellent ftvec nous les principes dû 1789, c'est-à-dire avec upe notion perfectionnée de la justice et de la liberté. Toute institution qui a le malheur de heurte? la liberté ou de blesser U justice est destinée à périr. Il n'y a pas 4e raisonnement qui puisse la faire absoudre j il n'y ft pas d'expédient, il n'y 3 p^s de puissance qui puisse la sailr yer. ta règle est absolue, et je ne pense pas qui} se présente personne pour la contester t du moment que j aurai ajouté que 1^ liberté doit s'entendre nourgeulement de l'individu isolément, mais aussi de la société prise collectivement; or, la liberté collective de la société, c'est l'ordre».
Faisons donc passer le système protecteur par U double creuset de la liberté et de {ajustiez et ex$miupns ce qu'il efl restera.
D'abord, la liberté. Le système protecteur la vi^le mani* festement. La liberté du travail et de l'industrie, qui est notoirement selon l'esprit de la civilisation moderne, et qui est formellement garantie par la Constitution de 1848 (art. 13), suppose et exige : l°que les hommes choisissent lejnr profession à leur gré et l'exercent comme ils l'entendent pourvu que la liberté réciproque du prochain n'en soit pas compromise ; 2° que les hommes s'approvisionnent où ils veulent de matières et d'instruments ; 5° qu'ils disposent à leur gré des produits ou de la rémunération de leur travail, pour leur usage personnel ou pour telle destination honnête qui leur plaît.
Sur le premier point, j'admettrai ici que nous soyons passablement lotis, non que les restrictions au libre choix et au libre exercice des professions soient rares parmi nous ;
1 Je ne connais pas de définition de Tordre qui vaille celle-là ; elle est de M. Cousin.
on pourrait même citer quelques monopoles plus ou moins offensifs ; mais c'est sur les deux autres points qu'il y a le plus à réclamer, incomparablement, et je m'y réduirai.
Le citoyen français est indéfiniment contrarié dansson désir légititime de se pourvoir de matières et d'instruments là où il le ferait avec le plus d'avantage. Il l'est plus encore lorsqu'il voudrait appliquer à ses besoins le fruit de son travail, en se pourvoyant là où il lui plairait des objets qu'il désire. Une muraille de la Chine a été érigée autour de nos frontières depuis 1793, et, par cet obstacle, la liberté du travail et de l'industrie n'est plus qu'une moquerie quant aux conditions auxquelles Phomme industrieux se procure les matières et les instruments nécessaires à son travail, et quant à l'application à soi-même ou aux siens de la rémunération légitime de ce travail.
Parmi les matières que les arts utiles emploient sans cesse, il y en a beaucoup que les marchés étrangers livreraient à des prix modérés, mais que le citoyen français est forcé de prendre sur le marché intérieur, où il lespayecher. S'il en est qu'il obtienne à d'aussi bonnes conditions qu'à l'étranger, ce n'est pas la faute du législateur ; celui-ci, comme s'il eût jugé que le bon marché était un fléau, a essayé d'y mettre ordre de toutes parts. La houille, qui est le pain quotidien de tant d'industries, est assujettie à des droits qu'on ose appeler protecteurs du travail national. La houille de Newcastle convient mieux que celle de nos départements situés au nord de la Loire à certains usages , aux chemins de fer en particulier : il faut qu'on s'en passe et qu'on se contente de la houille de nos mines, et le service des chemins de fer en est ralenti ou entravé. Quand même la houille étrangère entrerait librement en France, nos houillères du Nord jouiraient d'une prospérité éclatante, à plus forte raison celles du Midi « ; mais le principe de la protection avant tout. La
1 Le droit, comme nous l'expliquerons plus loin, est plus fort au Nord qu'au Midi.