IO
dernier y est au a 4 e degré en 1800 , il n’a commencé en vertu de la précession des équinoxes à y être au premier degré , que i 44 o ans auparavant, c’est-àdire, dans l’année 36o de Jésus-Christ. Ce zodiaque est donc postérieur à notre ère actuelle, et doit montrer le commencement de l’année. Nous y voyons le solstice d’été marqué par un oiseau à tête de crocodile entre l’un des gémeaux et le cancer. Ce qui montre que le solstice d’été venoit de passer du cancer aux gémeaux -, et de même le solstice d’hiver, du capricorne au sagittaire, circonstance qui nous oblige de porter ce zodiaque de l’an 36o de notre ère, à un moindre nombre d’années depuis cette même époque. . ,
Je montrerai de la même manière, que les autres zodiaques, loin de remonter à une haute antiquité, ne sont que des mémoriaux de fêtes ou d’usages. Prenons pour exemple celui d’un temple au nord d’Esné. Je le représente sur la deuxième planche à la fin de ce volume, et je vais en donner la description extraite de la deuxième livraison des antiquités publiées par la commission des monumens d’Egypte.
« Le portique du petit temple au nord d’Esné renferme huit colonnes disposées en quatre rangs parallèlement à l’axe du temple, et réunies par des architraves qui partent de la façade et s’étendent jusqu’au foud du portique. Ces architraves et les murs latéraux soutiennent les pierres du plafond qui forment cinq suffi tes, d’une longueur égale a la
profondeur du portique , et de la même largeur que les cntre-colonnemeus, « Les soffites sont couverts de sculptures. Ceux des extrémités du portique sont ornés de bas-reliefs représentant un zodiaque.
« La moitié des signes se trouve à gauche en entrant : ce sont , dans l’ordre suivant , les poissons, le bélier, le taureau, les gémeaux , le cancer et le lion. L’autre moitié des signes est à droite , mais on n’en voit plus qu’une partie, parce que l'affaissement d’une colonne de la façade a entraîné la chute de la moitié du soffite. Une partie du sagittaire, le capricorne et le verseau sont encore eu place.
« Nous avons reconnu entre les pierres amoncelées au pied de l’édifice , des indices certains de tous les signes du zodiaque , qu’on ne voit plus au plafond ; nous avons remarqué particulièrement l’épi de la vierge, un des plateaux de la balance et la queue du scorpion ».
Ce zodiaque consiste donc en une seule bande de signes , sous laquelle est uue cérémonie funèbre composée d’une marche de plusieurs personnages qui accompagnent un bateau portant un cercueil sous le signe du tautcau , c’est la mort d’IIorus. Cette bande contient sept signes, les poissons, le bélier, le taureau , les gémeaux , le cancer , le lion et la vierge tenant la queue du lion. Les poissons sont précédés -d’une figure d’homme à deux visages, comme Janus, ce qui signifie la fin et le commencement de l’année, aux poissons, comme il est actuellement. Cela rapproelieroit cette bande zodiacale de notre ère, et la
placeroit à l’année 338 avant Jésus-Christ. Le solstice d’été seroit dans les gémeaux comme aujourd’hui, et comme j’ai montré qu’il est marqué dans le zodiaque circulaire de î)enderah, et l’équinoxe d’automue dans la vierge. Les rédacteurs des monumens n’ont pas vu ici la vierge qui lient la queue du lion. L’homme à deux visages tient à la main un serpent déroulé qui signifie la fin d’une année , et le commencement d’une autre, au lever de la canicule. C’est donc l’indication du commencement simultané des deux années vague et fixe, i3ai avant Jésus-Christ, et x 3g après l’ère chrétienne.
Le tableau gravé au-dessus de cette bande, n’est qu’une scène de mort et de carnage. On y voit des cadavres agenouillés, sans têtes qui sont tombées sous les coutelas rangés à côté d’eux , entre les signes du capricorne et du verseau , saison de ces cruelles et sanglantes exécutions. Cela confirme ce que j’ai dit de ces tableaux : ils ne sont que des emblèmes des usages pratiqués en chacun des mois de l’année, représentés parles signes du zodiaque , c’est-à-dire , par les constellations que le soleil parcourt, en décrivant l’écliptique pendant sa course annuelle d’Occident en Orient, et non pendant la révolution entière des équinoxes en plus de 25ooo ans d’Orient en Occident.
M. Jomard dit (i), qu’il ne partage pas l’avis des savans qui pour expliquer le culte de Jupiter Am-
(l) Descripr. de Pile Elepli. Mon. d’Egypte;
mon, ont, comme Jablonski, regardé une figure décrite par Eusèbe( 2 ), de forme humaine, assise, peinte en bleu, à tête de bélier, avec des cornes de bouc surmontées d’un cercle ou disque , comme le symbole de l’équinoxe du printems sous le signe du bélier. Il seroit plus raisonnable, ajoute M. Jomard, de rapporter ce culte à l’équinoxe d’automne, où la crue du nil est à son maximum . » Ainsi , selon M. Jomard, il y auroit six signes de distance entre l’époque de l’équinoxe vernal au milieu de la constellation. 4u bélier, au temps d’Eudoxc, 5oo ans avant notre ère, et l’époque où cet équinoxe étoit dansla balance, c’est-à-dire, 12960 ans, ce qui avec les 5oo ans depuis Eudoxe, donneroit i346o ans d’antiquité au culte de Jupiter Ammon en Egypte. « Car, dit encore M. Jomard , rien n’est mieux établi que la haute antiquité du culte de Jupiter Ammon soit à Thébes, soit dans l’Oasis de ce nom Le monument d’Hermontliis où le taureau est équinoxial , bien qu’assez ancien, n’est certainement pas antérieur à cette dernière époque. »
D’abord on ne voit pas comment il pourroit être plus raisonnable de rapporter le culte de Jupiter Ammon au maximum de la crue des eaux à l’équinoxe d’automne, plutôt qu’à l’équinoxe du printems pendant qu’elles laissent les terres à découvert pour la moisson ; car ce Jupiter Ammon est figuré avec une lête de bélier, cette tête de bélier, marque l’équinoxe du printems au mois de mars, il est
(2) Ilist. Eccl.
donc plus raisonnable de rapporter cette tête à l’équinoxe du printemps , qu’à celui d’automne.
« Le tableau le plus précieux du temple (d’Hermonthis), dit toujours M. Jomard, est celui qui occupe le plafond du sanctuaire. A gauche on voit une figure de taureau, à droite un scorpion : ces deux figures dominent sur toutes les autres. Entre elles deux et au centre du tableau est un homme dans une barque, le visage tourné vers le taureau, ayant un bras élevé et l’autre abaissé ; devant et derrière lui sont deux béliers allant en sens inverse l’un de l’autre, un épervier à tête de bélier, un double scarabée ayant des ailes d’épervier ouvertes, enfin une petite figure assise dans une barque. Tout ce tableau est environné sur trois côtés par une figure de femme reployée sur elle-même , et les bras pendans. Son corps est une simple bande, sur laquelle sont distribués des globes et des figures à genou.
« Pour peu que l’on connoisse le zodiaque céleste, on en distingue plusieurs constellations dès le premier coup-d’œil qu’on jette sur ce tableau. On remarque ensuite que les deux placées en évidence, savoir le taureau et le scorpion , sont précisément des constellations diamétralement opposées dans l’écliptique, c’est-à-dire, que si le taureau répond à un des équinoxes, le scorpion répond nécessairement à l’autre. »
Toutes ces raisons ne sont nullement concluantes, parce qu’elles n’ont rien de précis, et qu’elles portent
à faux. D’abord il n’y a aucune précision : il s’agit , en effet, de calcul; c’est donc le calcul qui doit décider ; nos données ici sont le taureau équinoxial , /
et la précession des équinoxes , d’un degré en 7 a ans. Or le disque sur la tète du taureau n’est rien moins que le soleil. C’est un cercle formé et commençant par la courbure des cornes du bœuf. Tout au plus il indique le passage de dedans le taureau au bélier, ce qui donne nn intervalle de très-peu de temps entre l’équinoxe vernal dans le taureau, et son passage dans le bélier. Or, puisque ce phénomène arrivoitau milieu du bélier, du temps d’Eudoxe, cinq siècles avant notre ère, les i5 précédens degrés ne feroient avec ses cinq siècles, qu’onze cents ans avant l’ère chrétienne pour l’époque de l’établissement du culte de Jupiter Ammon en Egypte et dans l’Oasis, au temps où l’équinoxe vernal en quittant le taureau a commencé d’être dans le bélier.
Pour ce qui est du prétendu taureau équinoxial d’Hermontliis, si ce taureau et le scorpion indiquent des équinoxes , que signiüe donc la double Ggure du bélier qui se voit dans le même tableau V C’est ce bélier , au contraire , qui y désigne l’équinoxe du printems. Le taureau et le scorpion n’indiquent que les six mois après l’équinoxe, de la gestation d’Horus, qu’Isis mit au monde dans le septième mois de la conception. Cette double image du bélier ailé, comme celle de soleil qui traverse l’équateur, est sans contredit l’expression Ggurée de l’équinoxe du printems, saison de la moisson en Egypte.