Chapitre XIII
Comment il advint (juun homme sans éducation fut somnambulisé a son insu et citravers plusieurs cloisons , et comment il arriva que la prévision F avertit d'un petit malheur et ne l'avertit pas d'un grand.
Nous allons analyser un rare exemple d’intuition, au dire des commissaires. Dans cette observation , assure le rapporteur ( p. 53), la prévision sera encore plus développée que dans le cas précédent : il s agit d’un liomme du peuple, dit-il, tout-à-fait ignorant et qui, à coup sur, n’avait jamais entendu parler du magnétisme. Voici cette expérience, débarrassée des détails insignifiants :
« Pierre Cazot, âgé de vingt ans, ouvrier chapelier, m né d’une mère épileptique, était sujet, depuis dix » ans, à des attaques d’épilepsie , qui se renouvelaient » cinq ou six fois par semaine, lorsqu’il entra à la « Charité, dans les premiers jours du mois d’août » 1827. Il fut soumis de suite au traitement du ma- » gnétisme, s’endormit à la troisième séance , et de- >3 vint somnambule à la dixième, qui eut lieu le 19 « août. Ce fut alors à neuf heures du malin qu’il an- 33 nonea que ie jour même, à quaire heures après midi, 33 il aurait une attaque d’épilepsie; mais qu’on pon- 33 vait la prévenir, si on le magnétisait un peu aupa- 33 ravant. On préféra 'vérifier Inexactitude de sa pré- 33 vision, et aucune précaution ne fut prise pour s y 33 opposer. On se contenta de l’observer sans quil s'en » doutai. A l’heure indiquée l’accès éclata.
» Le 24 août , M. Foissac le magnétisa, et on lui » fit les questions suivantes : Combien aurez-vous * » encore d’accès? Rép. Pendant un an. Savez vous » s’ils seront rapprochés? R. Non. En aurez-vous un » ce mois-ci ? R. J’en aurai un lundi 27, à trois heures
» moins vingt minutes. Sera-L il fort? R. Pas la moi-
« tié de celui qui m’a pris dernièrement. Quel autre » jour aurez- vous un autre accès? AP rès un mouve- » ment d’impatience, il répond : d’aujourd’hui en » quinze, c’est à-dire le 7 septembre. A quelle heure ? a R. A six heures moins dix minutes du matin. Cazot sortit ce jour-là même de l'hôpital pour y revenir » le 27, montrer l’accès prédit. Le concierge ayant » refusé de le recevoir, il se rendit chez M. Foissac;
» ce dernier préféra , a-t-il dit à la commission ,
» dissiper l’accès par le magnétisme que d’en être seul » témoin. Restait à observer l’accès annoncé pour le » 7 septembre. La commission se rendit à la Charité ,
» où Cazot était rentré, et l’accès eut lieu à l’heure » indiquée. >3 (55,54,55, 56. )
L’exemple de Cazot est cité par la commission pour prouver la réalité de la prévision : nous examinerons pl us tard sur quels fondements repose la croyance de la commission à cet égard; pour le moment, nous allons fixer l’aUenlion du lecteur sur deux incidents particuliers et assez remarquables, puisqu’ils ont suffi pour que la commission en tirât une des conclusions les plus curieuses de son rapport. Voici d’abord le premier incident :
« Le 10 septembre , à sept heures du soir, la corn- 33 mission se réunit chez M. Ilard , pour continuer ses
» expériences sur Cazot. Ce dernier était dans îe cabi- » net où la conversation s’est engagée et a été enlre- » tenue avec lui jusqu’à sept heures et demie, moment m auquel M. Foissac, arrivé depuis lui et resté dans » l’antichambre, séparé de lui par deux portes* ferw mées et à une distance de douze pieds, commença à » le magnétiser. Trois minutes après, Cazot dit : je » crois que M. Foissac est là , car je me sens abasourdi. » Au bout de huit minutes, il était complètement » endormi. On le questionna , et il assura de nouveau » que, de ce jour en trois semaines, le ier octobre, il » aurait un accès épileptique à midi moins deux minu- » tes. » (56. )
Yoici le second qui, du reste, est lout-à-fait analo» g ne :
« Quoique la commission ne pût douter , dit îe rap^ » porteur (p. 58.), de l’action bien réelle que le ma- » gnétisme produisait sur Cazot, même à son insu et à » une certaine distance, elle voulut encore en acqué- » rir une preuve nouvelle... La commission se réunit n donc dans le cabinet de M. Bourdois , le 6 octobre , à » midi, heure à laquelle Cazot y arriva avec son én- » fant. M. Foissa’fe avait été invité à s’y rendre à midi w et demi; il arriva à l’heure dite , à Y insu de. Cazot , » et resta dans le salon, sans aucune communication » avec nous. Ou alla cependant lui dire par une porte '> dérobée, que Cazot était assis sur un canapé éloigné « de io pieds d’uue porte fermée , et que la commission » désirait qu’il l’endormît , etc.
« À midi trente-sept minutes , pendant que Cazot
est occupé à la conversation à laquelle no us 'nous ii-
» vrions, et qu’il examine ieè taLleaux qui ornent le jj cabinet , M. Foissac placé dans la pièce voisine ,
» commence ses manœuvres magnétiques , et nous re- » marquons qu’au bout de quatre minutes , Cazol cl I- » gnote légèrement lès yeux, qu’il a un air inquiet , et » qu’enfin il s’endort en neuf minutes (5g, }
Voici maintenant la conclusion :
« Deuxième conclusion. Les moyens qui sont exté- » rieurs et visibles ne sont pas toujours nécessaires » pour transmettre Faction magnétique, puisque dans jj plusieurs occasions , la volonté , la fixité du regard, jj ont suffi pour produire les phénomènes magnétiques , jj même à Finsu des magnétisés, jj (yj .)
M. Husson va, dil-on, répétant à qui veut Fentendre qu’il ne souffrira pas que son rapport soit discuté, c’està-dire , mis en question. Il y a des points, j’en conviens, qui ne souffrent point de discussion rainsi que le 10 septembre la commission se soit réunie cbez M. Itard, où se trouvait Cazol; queM» Foissac, arrivé depuis ce dernier, soit reslédans l’antichambre séparé de lui par deux portes fermées ; que trois minutes après le commencement de ses manœuvres , Cazot ait dit , je crois que M. Foissac est là, je me sens abasourdi , et qu’au bout de huit minutes , il ait présenté les signes ordinaires dusommeil; voilà qui n’admet aucune discussion : des hommes d’honneur nous affirment avoir vu cela, il faut bien les croire , et rien d’ailleurs en cela ne répugne à la raison. Que le 6 octobre la même scène se soit répétée, cela n’est pas plus susceptible de discussion ; les commissaires disent l’avoir vus. Mais certes ce qui souffre discussion , c’esl le prétendu rapport de cause, à
effet trouvé entre la fixité du regard ou les manœuvres de M. Foissac, et le sommeil insolite de Cazot. Et d’abord comment ont-ils pu vérifier la réalité du s ornai» meil de Cazot ? quels sont les signes incontestables du
- 1 '■ . immi' . Mima ■■ in ■—
sommeil magnétique? Il n’eu existe pas un seul. Avant -dmjc, de tirer des deux incidents que j’ai rapportés une conclusion aussi grave ; avant de la donner comme —J a. conséquence de çeg.f&Us, il aurait fallu prouver,* qu’Qu.s’éL.a.iXjnis.à ljibri de toute 'supercherie ; il aurait . fallu .indiquer par que.l, concours de circonstances on avaiLmis MM. Foissac et. Cazot dans l’impossibilité de
s’entendre : est-il donc si difficile à deux hommes de prendre des mesures telles, qu’ils soient réciproque*-quement avertis de leurs démarches ? Les commissaires eux-mêmes ont senti qu’une connivence semblable n’était pas impossible; mais ils ont bien voulu s’eu rapporter à la bonne foi des intéressés, c’est-à-dire , du magnétiseur et du magnétisé. Croirait-on, si cela niétait écrit au bas de la 58e page , croirai t-on que des commissaires nommés par une académie pour vérifier la réalité de certains miracles, que des commissaires, qui protestent de leur sévérité, de leur défiance etc. ; croirait-on, dis-je, qu’ils aient dit à l’Académie: « Nou|~ » nous sommes mis à l’abri de toute espèce de conniven- » ce , A MOINS qu’on ne suppose qu’un homme que )> nous avons toujours vu probe et loyal , voulut s’en - » tendre avec un homme sans éducation , sans inîellij/gence , pour nous tromper. Nous avouons que nous «n’avons fait ni à l’un ni à l’autre^ cette injure, et » nous rendons la même justice à MM. Dupotel et
» Chapelain, dont nous avons eu plusieurs fois oc* « casion de vous parler. » (58. 59.)
Eli ! bon dieu , il s’agit bien ici de faire ou de ne pas 7 faire injure à MM. tels et tels; il s'agit de vérités à déeouvriry,et„y.oiLà tout. Assurément je ne doute pas de la probité de ces Messieurs; mais ici je les considère comme ayant eu un interet direct à vous induire en
terreur; et vos expériences auraient du être faites de manière à ne permettre aucune supposition , de man i è re e n fi n à ne pas être forcé d’ajouter après le récit d’un miracle, il n’y a eu aucune connivence entre les acteurs, à moins gu on ne suppose...
-f- Voyez l’alternative que vous nous offrez , à nous qui ne connaissons pas ces Messieurs personnellement : il faut choisir entre le prodigieux , Tinoui , le miraculeux et une injure ( le terme vient de vous ) à faire à un magnétiseur et à un magnétisé ; ou il faut croire que la volonté humaine traverse à heure fixe, à la minute, distances , cloisons, portes, etc. , et prive à son ijisu un autre homme de toutes les fonctions qui le mettent en rapport avec le monde extérieur; ou il faut croire que M. Foissac s’est entendu avec Cazot pour tromper -|*-ies commissaires. Vous nous obligez enfin à nous demander laquelle de ces deux suppositions est la plus vraisemblable.
J’ai abandonné, comme on le voit, pour un moment la question de la prévision , pour une question incidente , c’est-à-dire pour examiner , comment et par F effet de quelles circonstances les commissaires avaient admis la magnétisation à distance , à travers les cloi-
sons el à l’insu des sujets: je reviens actuellement à 2a prévision.
Des accès avaient, été annoncés dans les deux séances ,, de magnétisation à distance; l’un d’eux devait avoir lieu le iei octobre.
» Le premier octobre, on se rend chez Cazot , et à » midi moins une minute au temps vrai, on trouve » l’accès épileptique caractérisé , etc.
» La commission voulut induire M. Foissac en er- » leur , sur le jour où son épileptique aurait l’attaque >. qu’il avait annoncée d’avance. Le 5 octobre (séance » dont nous avons déjà parlé) , il est magnétisé à dis- « tance par M. Foissac : on lui demande quand il aura » un autre accès , il répond que ce sera d’aujourd’hui 5) en quatre semaines , le 3 novembre, à quatre heures » cinq minutes du soir. On lui demande ensuite quand w il en aura un second, il répond : cinq semaines après j) le précédent , le 9 décembre à heures neuf et demie « du matin. »
« Pour induire en erreur M. Foissac, qui n’avait « rien entendu, on écrit, dans le procès-verbal, que
le premier accès aura lieu le dimanche4 novembre, » tandis que le malade avait dit qu’il aurait lieu le 3. » On le trompe également sur le second. M. Foissac m prit note de ces fausses indications, comme si elles « étaient exactes; mais, quelques jours après , ayant jj mis Cazot eu somnambulisme , il apprit de lui que » c’était le 3 et non le 4 qu’il devait avoir son accès, » et il fit corriger l’erreur consignée au procès-verbal. » La commission prit soin d’observer l’accès du 3 qui » eut lieu à quatre heures cinq minutes du. soir^.
« comme cela avait, été prédit. L’accès annoncé pour » le 9 décembre fut également trouvé exact à Flieure + » indiquée. Le il février, prédiction d’une nouvelle jj attaque , vérifiée comme les précédentes. Le 22 avril jj Cazot est de nouveau magnétisé , et annonce qu’il >j aura encore deux accès , l’un du lendemaiu en neuf jj semaines, à six heurs trois minutes. Il ne veut pas jj penser au second , parce qu’il faut songer, dit-il , à jj ee qui arrivera auparavant (à ce moment, il renji voie sa femme qui était présente) , et il annonce que jj trois semaines après l’accès du 25 juin , il deviendra >j fou, que sa folie durera trois jours, pendant lesquels jj il sera si méchant, au’il se battra avec tout le monde, jj qu’il maltraitera meme sa femme et son enfant, » qu’011 11e devra pas le laisser avec eux, et qu’il ne jj sait pas s’il 11e tuerait pas une personne qu il ne dé- >j signe pas; il faudra alors le saigner de suite aux jj deux pieds, et enfin, ajoule-l-il, je serai guéri pour jj le mois d’août, et une fois guéri, la maladie ne me jj reprendra plus , telles que soient les circonstances jj qui arrivent. C’est le 22 avril que toutes ces prévijj sions sont annoncées , et deux jours après, le 24 , Cajj zot, voulant arrêter un cheval fougueux , qui avait jj pris le mors aux dents , fut précipité contre la roue jj d’un cabriolet qui lui fracassa l’arcade orbitaire , et jj le meurtrit horriblement. Transporté à l’hôpital jj Beaujon , il y mourut le i5 mai. jj (55 , 54 , 55 , 56, 5 y , 58, 59, 60,61, 62).
Revenons maintenant sur les détails de cette observation :
Les commissaires n’ignoraient pastjue l’épilepsie est
une des maladies qu’il est au pouvoir do l’homme de
simuler, et de simuler au point de tromper les médecins les plus experts. Pendant les dernières années de l’empire , plus d’un conscrit peu soucieux de moissonner des lauriers dans les rangs de la grande armée, a usé de ce moyen pour ne pas quitter le toit paternel , et si on était curieux de connaître jusqu’à quel point une volonté forte peut offrir toutes^ les apparences de l’insensibilité, on en trouverait beau-: coup plus d’exemples dans les épreuves auxquelles on soumettait ces piétendus épileptiques, que dans toutes les scènes magnétiques connues. Là aussi, on enfonçait des épingles dans cliairs; là aussi on trouvait que les forces étaient qn ^druplées; là enfin, on allait jusqu’au cautère ardent. Hé bien! qu’en est- il résulté? c’est qu’après le changement de gouvernement , ces mêmes hommes n’ont plus eu d’accès, et se sont applaudis d’avoir mystifié et les conseils de recrutement et les conseils de révision.
L’épilepsie peut donc être simulée , et dès lors tout l’échafaudage de l’expérience précédente tombe de luimême ; en d’autres termes, la prévision si bien développée, au dire des commissaires, s’explique très rationnellement. Voyons cependant ce que les commissaires nous ont d’avance objecté dans le récit même de leurs observations, et pourquoi ils ont tenu à expliquer ces prétendues prévisions par l’intervention de la puissance magnétique.
« D’abord , dit le rapporteur, Cazot était un homme » du peuple, tout- à- fait ignorant, et qui, h coup » sûr , n avait jamais entendu parler du magnétisme.»
Je le veux Lieu; mai&pour feindre des attaques d’épi- Iqisie , il n’est pas ^nécessaire d’avoir reçu une éducation très brillante ; et puis ensuite, il ne devint somnambule qu’après avoir passé dix fois par les mains de M. Foissac.
Mais, reprend le rapporteur, nous avons causé avec le patron de Cazot , avec M. ^eorges , fabricant de cha- ! peau* , rue des Ménétriers, n<> 17, où Cazot demeurait et travaillait, et nous avons appris de ce M. Georges : «que Cazot était un ouvrier très rangé, d’une ex- « cellente conduite et incapable , soit par la simplicité « de son esprit, soit par sa moralité, de se prêter à 3> aucune supercherie quelconque. » Vous sentez dès lors que, nous médecins, appuyés sur des raisons aussi péremptoires, nous avons dû ajouter foi à la réalité des prévisions de Cazot. M. Georges nous a dit que Cazot était incapable de se prêter à aucune supercherie, donc il prévoyait magnétiquement le jour, l’heureet la minute (au temps vrai ) de tous ses accès épileptiques; car sa moralité était plus difficile à pervertir que toutes -les lois, physiologiques connues.
Prévoir un ^ccès d’épilepsie deux ou trois mois d’avance.,, prévoir qu’on deviendra fou, qu’on battra sa femme, qu’on tuera une autre personne, c’est assurément chose extraordinaire et merveilleuse même; mais cela nous a paru , à nous commissaires de l’académie, plus vraisemblable qu’une simple déviation dans la moralité de Cazot.
Maintenant, il pourrait arriver que des esprits chagrins , quoique convaincus de la réalité de la prévision de Cazot, quoiqu’ entraînés par la force de la dialeo-
tique de la commission , fussent ten'és d’accuser la prévision d’inutilité, dans Je cas qui nous occupe; comment s est il fait, nous diraient-ils, que cette prévision ait averti Gazot d’un petit malheur, et ne l’ait pas averti d’un grand? M. le rapporteur va leur répondre, et à cette occasion , il fera usage d’une comparaison qui a été accueillie dans le seiif de l’académie avec un mur- t mure d’approbation.
« Les prévisions de Cazot n’étaient relatives qu’à j> ses accès, dit le rapporteur ( pag. 62); elles se ré- « duisaient à la conscience de modifications organiques » qui se préparaient et arrivaient en lui , comme le ré- » sultat nécessaire des fonctions intérieures. ( C’est » ainsi, par exemple, qu’il devait battre sa femme,
» s’il n’eut été tué). Ces prévisions, ajoute plus loin : » M. Hus, son, étaient tout organiques, tout intérieures;
» ainsi nous concevons pourquoi il n’a pas prévu un » événement tout extérieur, savoir que le hasard lui » ferait rencontrer un cheval fougueux , qu’il aurait « l’imprudence de vouloir l’arrêter, et qu’il recevrait » une blessure mortelle. Il a donc pu prévoir un accès » qui n'eüt du jamais arriver. C’est l’aiguille d’une » montre qui, dans un temps donné, doit parcourir » une certaine portion du cercle d’un cadran , et qui » ne la décrit pas, parce que la montre est bri- » sée. » ( 63. )
La comparaison est ingénieuse : elle est défectueuse seulement sous un rapport ; c’est que la montre n’a que des actes organiques d’une seule espèce , c’est qu’elle n’a pas de libre arbitre , tandis que Cazot avait des actes purement organiques et des actes dépendants
1 oo
île sa volonté. Le rapporteur dit que ses prévisions n’étaient relatives qu’à des actes tout intérieurs, tout organiques ; hé bien ! c’est précisément l'a ce qui n’est pas prouvé; il n’est pas prouvé, en effet, que ses attaques dites d’épilepsie n’aient pas été des actes volontaires; il n’est pas prouvé que ces actes dussent nécessairement arriver chez Cazot , comme l’aiguille d’une montre doit nécessairement arriver à un endroit déterminé du cadran.
Je finirai par un conseil dont les commissaires auraient pu tirer quelque profit dans le cours de leurs expériences : quand des somnambules doués de la prévision et de l’intuition se feront fort de vous indiquer à l’avance la nature des maladies dont ils devront être attaqués , la durée, l'issue de ces mêmes maladies, etc., et cela à l’heure, à la minute et au temps vrai : rejetez tous ceux qui vous annonceront des maladies du genre de celles qu’on peut simuler , mais accueillez et observez soigneusement ceux qui vous diront tel jour, à tel heure, j’éprouverai les symptômes d’une péritonite , ou d’une entérite; tel jour j’aurai une pneurrionie , et si vous m’auscultez vous trouverez de la crépitation dans tel point de mon poumon gauche , et de la bronchophonie dans tel autre, etc* j etc#
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