‹ Examen historique et raisonné des expériences prétendues magnétiquesChapitre 7 sur 16 · Chapitre VII · texte numérisé non relu

Chapitre VII

Sagacité des commissaires . — Ils ne s'en laissent pas imposer par les effets qui résultent de l'ennui et de la monotonie des passes . — Puissance de l' imagination. — Comme quoi elle aurait trompé les commissaires , s ils eussent observé avec peu d'attention , ou avec de la préoccupation d'esprit.

Une chose assez importante à remarquer , avant d’aller plus loin , c’est que , dans la première partie du rapport, dans celle que nous examinons en ce moment , les commissaires paraissent se tenir en garde contre les magnétiseurs; ils semblent n’accorder encore qu’une part assez minime à l’agent magnétique dans la production de tous les effets qu’ils observent : tactique assez adroite, et qui tendrait à . • entraîner peu à peu les lecteurs bénévoles à ans toutes les déceptions qu’ils ont fini par admettre comme des réalités. Il y a plus; nous venons de voir qu’une série de phénomènes physiologiques avait été regardée par eux comme offrant les premiers vestiges du magnétisme, comme l’aurore de la splendeur somnambulique , et conséquemment comme déterminée en partie par l’action magnétique; eh bien, ici nous allons voir nos commissaires revenir en quelque sorte sur leurs pas , rétrograder , comme éclairés par un retour subit de raison , et comme effrayés de leurs progrès dans le champ des absurdités magnétiques. En effet, les phénomènes qu’ils vont nous exposer ne seront plus les avant-coureurs du magnétisme , les prodromes de ses merveilles: ils ne seront plus produits, même en

très-minime partie, par Faction magnétique; ils seront uniquement et exclusivement produits par Y ennui et par la monotonie des passes , ou papr Y imagination ( page 1 5. ) Les commissaires déclarent avant tout : que la puissance de l’imagination a été telle, dans les cas que nous allons rapporter, que certains individus, croyant être magnétisés , éprouvaient les mêmes effets que s’ils l’eus sent été réellement. ( Page i5. ) Cette déclaration équivaut positivement à cette autre , que les effets attribués à la puissance magnétique peuvent être produits par la puissance de l’imagination, et cependant nous verrons bientôt les commissaires auteurs de cette assertion ne plus tenir aucun compte , ni de l’ennui , ni de la mono^ tonie , ni de l’imagination , et croire à l’intervention d’un agent extraordinaire ; nous les verrons enfin attribuer à

— la puissance de cet agent,* i° des phénomènes physiologiques dont eux-mêmes auront reconnu la production

— rationnellement explicable; 2° des phénomènes thérapeutiques dont ils auraient pu laisser tout l’honneur à la nature ; 3° des miracles dont ils auraient pu laisser toute la gloire à la dextérité des magnétiseurs.

Première observation. « Mademoiselle Lemaître , âgée » de vingt- cinq ans , était affectée depuis trois ans d’une » amaurose , quand elle entra à l’Hôtel-Dieu. Elle a été » magnétisée les y, i3, i4, iô, i(5, iy, 18, 19, 20, 21 et )) 22 juillet 1826 : bientôt clignotement et abaissement » des paupières, frottement des yeux, inclinaison brusque

1* » de la tête^et , déglutition de laj>alive, commencement de » somnolence à la fin de la troisième séance jusqu’à la on- » zième. A dater de la quatrième, mouvemens convulsifs » des muscles du cou et de la face , des mains et de l’é- » paule ; accélération du pouls. Après avoir été magné-

» tiséedix fois, M. Dupotet, son magnétiseur, s’assit],

)> d’après l’invitation du rapporteur, à la onzième séance,

» le 20 juillet, derrière elle, sans faire aucun geste , - — » sans avoir aucune intention de la magnétiser, et elle » éprouve une somnolence plus marquée que les jours » précédens. Du reste rien du côté de la vue. » ( p. 16. ) Seconde observation . « Louise Ganot, demeurant rue )> du Battoir, n° 19, entrée à l’Hôtel-Dieu le 18 juillet » 1826, salle Saint-Roch, n° 17, pour y être traitée » d’une leucorrhée, a été magnétisée par M. Dupotet )) les 21, 22 , 23 , 24? 25 , 26, 27 et 28 juillet 1826. w Elle était, a-t-elle dit , sujette à des attaques de nerfs,

)) et en effet des mouvemens convulsifs, de la nature de » ceux qui caractérisent l’hystérie, se sont constamment » développés chez elles pendant toutes les séances ma- )) gnétiques : cris plaintifs , raideur et torsion des mem- » bres supérieurs , direction de la main vers l’épigastre ,

» renversement de tout le corps en arrière, de manière » à former un arc dont la concavité était dans le dos ;

» quelques minutes de sommeil terminaient ces scènes.

« A la sixième séance , M. Dupotet, qui jusqu’alors l’a- » yait magnétisée, se plaça en face d’elle et à deux pieds » de distance, sans avoir de contact avec elle, sans exer- » eer aucune manœuvre , mais ayant la vive intention de » produire sur elle quelques phénomènes magnétiques :

» aussitôt agitation , mouvemens convulsifs , soupirs » longs et entrecoupés, raideur des bras, etc., etc. Le » lendemain 27 , on place M. Dupotet derrière elle ; le )) magnétiseur dirige l’extrémité de ses doigts en face de » la partie moyenne de son dos, le derrière du fauteuil » étant interposé entre la magnétisée et le magnétiseur :

» aussitôt convulsions plus violentes que jamais, som-

» meil , etc. A son réveil elle déclare qu’il lui semblait » qu elle était tourmentée par quelque chose qui agissait. » derrière elle. Le 26 et le 27 juillet, développement de » phénomènes analogues , sans le secours des manoeuvres, » par l’intention seule, par derrière et à Vinsu de ladite » dame. Enfin on voulut expérimenter si les mêmes phéno- » mènes se reproduiraient en l’ahsence du magnétiseur. » G est ce qui est arrivé le 28 juillet. La dame Ganot a été » mise dans toutes les circonstances semblables à celles » des autres épreuves; même heures de la journée, )> même local , même silence , même fauteuil , mêmes » assistans, mêmes préparatifs; il ne manquait que le » magnétiseur qui était resté chez lui , et cependant dé- » veloppement des mêmes mouvemens convulsifs que » les jours précédens. » (Pag. 17-18. )

Troisième observation. <c Un homme âgé de vingt- » sept ans , sujet depuis quinze ans â des attaques d’é- » pilepsie, a été magnétisé quinze fois à l’Hôtel-Dieu, » depuis le 27 juin jusqu’au 17 juillet par le rapporteur )> de la commission. Une se déclara qu’un sommeil très- » léger à partir de la quatrième séance , sommeil qu’on » interrompait facilement , soit par du bruit, soit par » des questions; à la quinzième séance, on le plaça, » comme on avait fait pour la dame Ganot, et le même » sommeil se manifesta , bien qu’il n’ait point été ma- » gnéti'sé. » ( Pag. 18-19. )

Voilà, sans contredit , trois expériences parfaitement conduites; les commissaires ont développé une haute ca pacité dans l’examen des phénomènes. Nous allons voir si, dans l’appréciation des résultats, ils ont montré une égale sagacité; car ce n’est pas seulement pour avoir des faits tels quels que l’Académie avait nommé des com-

mîssaîres; elle leur avait encore demandé implicitement une interprétation, une explication positive de ces mêmes faits. Or, ici comme en toute circonstance, il y avait deux manières d’interpréter les faits , ou mieux les effets vus, l’une que j’ai déjà nommé rationnelle , et l’autre absurde. Eh bien! par l’influence d’une longue et pro-

fonde déception , non-seulement les commissaires ont presque toujours choisi de préférence l’interprétation absurde, c’est-à-dire magnétique; mais il y a plus, et cela s’applique au cas présent , lorsqu’ils ont rejeté l’intervention magnétique, ils n’ont pas encore su tomber sur l’interprétation rationnelle ; ils ont trouvé une interprétation absurde, bien que d’un autre genre.. Te vais immédiatement en fournir la preuve.

Prenons la dernière de ces observations , nous arriverons ensuite aux autres. Un homme épileptique est magnétisé quinze fois à l’Hôtel-Dieu. Gomme de coutume les séances duraient environ une heure , et les commissaires nous ont prévenu que pendant tout ce temps ils observaient le plus grand silence. Le sommeil de cet homme était un sommeil fort vulgaire ; lorsqu’on cherchait à en tirer un profit magnétique, c’est-à-dire à soutirer des réponses extraordinaires, prophétiques, etc., notre homme se réveillait tout bonnement; privé d’ailleurs d’éducation, il n’aurait guère trouvé dans son cerveau de quoi s’occuper pendant quinze séances de repos et de silence. Qu’arrive-t-il donc? notre homme à la quatrième séance, familiarisé avec les gestes magnétiques qui avaient pu d’abord lui paraître étranges , finit fort naturellement par s’endormir, sauf le respect dù aux assistans; il finit par faire ce que tous les hommes de peine , ce que tous les ouvriers finissent par faire lorsqu’ils trouvent un instant

de repos; c’était donc une sorte de petite sieste que ce brave homme se donnait tous les jours. Mais comme la situation n’était pas très-commode, en face d’un aussi grave magnétiseur que M. Husson , et que le dormeur ne jouissait pas de toutes ses aises, il en résultait que son sommeil, quoique de fort bon aloi , était fort léger ; le moindre bruit, dit le rapporteur, les questions, tout le réveillait. Cette petite habitude , très-douce du reste , une fois bien prise, on conçoit que M. Husson a beau faire ses gestes à droite ou à gauche, par devant ou par derrière, le sommeil n’en a pas eu moins lieu , et c’est précisément ce qui est arrivé à la treizième séance. M. Husson s’était placé malicieusement derrière noire homme , et notre homme n’a pas pour cela interrompu l’habitude contractée depuis la quatrième séance.

On voit déjà par ce récit simple et dénué de toute prétention scientifique, comment s’explique ce fait, et en vérité il n’est pas besoin d’explication; elle se présente à l’esprit d’elle-même, naturelle et rationnelle ; comment donc les commissaires ont-ils fait pour en trouver une autre? ils vont nous le dire : « Nous avons dû nécessai- » rement conclure, dit M. Husson ( p. 19 ), de cette » expérience , que cet épileptique a éprouvé les mêmes » effets lorsqu’il était magnétisé et lorsqu’il croyait l’être, » que par conséquent l’imagination a suffi pour pro- » duire chez lui des phénomènes qu’avec peu d'attention » ou qu’avec de la préoccupation d’esprit on aurait pu » attribuer au magnétisme. »

N’avais-je pas eu raison de dire que les commissaires avaient la main tellement malheureuse que , même dans les cas reconnus par eux non-magnétiques, ils s’attacheraient encore à l’absurde ? et ils nous citent ce fait

comme une preuve de leur altention , de la non-préoccupation de leur esprit! Voyez-vous, semblent-ils dire, il n’y avait pas moyen d’en imposer à des hommes comme nous ; d’autres auraient pris cela pour du magnétisme ; mais nous nous en sommes bien gardés ; l’un de nous fait certains gestes devant un homme, cet homme prend l’habitude de s’endormir dès la quatrième séance , donc il s’endort étant magnétisé -, c’est ce que nous avons dû nécessairement conclure; l’habitude une fois bien prise, c’est-à-dire à la treizième séance , M. Husson ne fait plus de gestes , donc il s’endort n’étant pas magnétisé , donc l’imagination de cet homme a suffi pour produire chez lui ces phénomènes ; phénomènes qu’avec peu d’attention, ajoute modestement M. Husson, ou qu’avec de la préoccupation d’esprit on aurait pu attribuer au magnétisme ( p. 19 ).

Passons à la première expérience : Mademoiselle Lemaître , âgée de vingt-cinq ans, entre à l’Hôtel-Dieu pour une amaurose 5 elle est magnétisée onze fois; que fait-elle pendant ces séances ? elle clignote , elle abaisse de temps en temps ses paupières , elle se frotte les yeux ; pauvre fille! elle croyait peut-être que M. Dupotet allait lui rendre la vue ! elle ignorait dans la simplicité de son esprit que , si M. Dupotet fait voir quelques personnes par l’estomac , par les doigts, par l’occiput, etc., il n’en faut pas moins que ces quelques personnes aient de bons yeux; ils ont des yeux pour ne pas voir , et c’est en cela que consiste le miracle , miracle que les commissaires nous diront peut-être plus tard avoir vu, et vu non par leur estomac, par leur occiput, mais par leurs propres yeux. Quoi qu’il en soit , revenons à la pauvre fille de l’Hôtel-Dieu qui n’en demandait pas tant à M. Dupotet;

elle clignotait donc, elle abaissait ses paupières., elle se frottait les yeux , cl peut-être aussi avalait-elle sa salive, bien que le rapporteur ne l’ait pas consigné, elle soupirait 5 à la fin de la quatrième séance il y eut un petit commencement de sommeil qui alla en croissant jusqu’à la fin ; son immobilité n’était pas complète; dans son impatience elle remuait la tète, les épaules et les mains : voilà tout ce qui se passait dans ces mémorables séances; mais ce qui doit le plus fixer votre attention, MM. les académiciens, s’écrie M. Husson, c’est ce qui advint à la neuvième séance. Ecoutez : M. Dupotet s’assit derrière elle, il ne fit aucun geste, il n’avait pas même l’intention de magnétiser cette pauvre fille , et voilà qu’elle abaisse de temps en temps ses paupières , qu’elle clignote, qu’elle soupire, qu’elle hoche la tête et qu’elle finit par éprouver un commencement de somnolence ! Or, après des faits aussi dignes d'attention , les commissaires n’ont-ils [pas dû encore nécessairement conclure que ces phénomènes, que d’autres , avec peu d’attention ou avec de la préoccupation d’esprit, auraient attribués au magnétisme, étaient produits par la puissance énergique de l’imagination de cette femme? Mais en voilà assez pour mademoiselle Lemaître j voyons mademoiselle Ganot.

Mademoiselle Ganot était une hystérique placée au n° 17 de la salle Saint-Roch ; son magnétiseur était encore M. Dupotet. Les séances magnétiques eurent lieu dans le mois le plus chaud de l’année , en juillet 1826. Dans toutes les séances, et dès la première, sans progression aucune , apparition des symptômes bien connus de l’hystérie : cris plaintifs, extension des membres supérieurs, renversement de tout le corps en arrière, de manière à former un arc dont la concavité était dans le

dos, puis à la fin des séances , état de repos, d’anéantissement semblable au sommeil, (p. 17.)

' A la septième séance on plaça M. Dupotet derrière elle ; il fait de petits gestes ; scène hystérique comme à l’ordinaire; de plus, la malade tourne la tête en arrière et dit sentir quelque chose qui agit der rière elle. Le lendemain , nouvelle séance : même silence , même fauteuil \ mêmes préparatifs , mêmes as sis tans , à l’exception de M. Dupotet, qui était resté chez lui ;aussi tôt mêmes symptômes avec un peu moins cle violence peut-être. (p. 18.)

Les faits ne sont pas autres que ceux-ci ; les voici ramenés à leur plus simple expression : toujours , on le voit, je suis d’accord avec les commissaires pour ce qui est du matériel du récit; mais pour ce qui est des causes productrices , de la raison du développement des faits, de leur apparition, partout nous différons.

Tout dénotait chez cette femme, dit M. Husson , des

attaques d’hystérie que Yon aurait pu croire occasionées par l’influence magnétique, (p. 17.) Non,M. Husson, on n’aurait pas pu croire cela, et par on j’entends les médecins praticiens. Je n’entrerai pas ici dans tous les détails que j’ai consignés, en i83o, dans un mémoire sur l’hystérie, mémoire couronné par la Société royale de médecine de Bordeaux , mais je dirai que lorsqu’une femme est affectée d’une hystérie bien prononcée , il suffit de la placer solennellement dans un fauteuil en quelque sorte mystique , de réunir autour d’elle une certaine quantité de spectateurs, des hommes principa lement (et ici il n’y avait que des hommes), de les réunir, dis-je, autour d’elle le plus près possible, en leur recommandant de ne s’occuper que d’elle , de ne pas la quitter des yeux, d’en placer un pied à pied, genou à

genou , pouce à pouce avec elle , pour développer presque immédiatement une attaque d’hystérie bien caractérisée. Et ici , toutes ces circonstances se trouvaient réunies ; elles ont donc pu suffire sans l’intervention de toute autre cause extraordinaire pour amener des attaques. Que faut-il, en effet, je ne dis pas pour faire contracter subitement une maladie hystérique, mais pour provoquer une attaque soudaine de cette affection? Il faut une vive stimulation organique, et rien autre chose. M. Dupotet se place à deux pieds de distance de ce sujet hystérique ; il n’a pas de contact avec mademoiselle Ganot , dit le rapporteur (p. 17), mais il a la vive intention de produire sur elle quelques phénomènes magnétiques. Ces deux personnages se regardent mutuellement et fîxément , et aussitôt la fille hystérique pousse des soupirs longs et entrecoupés , ses bras se raidissent, elle tombe en arrière, etc. Vous voyez qu’elle ne s’est pas amusée à avaler sa salive, à clignoter, à abaisser ses paupières , mais qu’en vraie femme hystérique, placée sur un bon fauteuil, fixée opiniâtrément par un homme, elle n’a pas tardé à raidir ses bras , à les rapprocher fortement de son sein , comme dans les étreintes d’un fougueux embrassement.

Le 27 juillet, dit le rapporteur (p. 17), nous plaçons M. Dupotet derrière elle , de sorte que le derrière du fauteuil est interposé entre la magnétisée et le magnéti-^ seur. Le magnétiseur fait peu de gestes, et bientôt mou* vemens hystériques très-violens. Mademoiselle Ganot tourne la tête en arrière, et elle déclare à son réveil qu’il lui semblait que quelque chose agissait derrière elle. Qu’y a-t-il donc d’extraordinaire dans cette scène ? Un homme est placé derrière une femme hystérique, et elle avoue avoir senti quelque chose qui agissait derrière

elle ! Mais on croirait, si on ne connaissait les commissaires, qu’ils n’ont jamais assisté à une bonne attaque d’hystérie ! Quel médecin ignore que ces sortes de malades, tout en se pelotonnant , tout en se roulant dans leurs lits et les yeux fermés , ont un instinct admirable pour distinguer non seulement le contact , mais encore l’approche d’un homme ? qu’elles saisissent en passant avidement les mains des hommes , qu’elles se tournent vers eux, qu’en même temps elles poussent de longs et profonds soupirs , quelquefois des cris sauvages , et qu’enfin la scène finit par un sommeil de lassitude ? Tout cela est connu , tout cela dépend d une excitation d’organes qui ne trouve que trop de causes de paroxysmes dans les manœuvres des magnétiseurs.

Enfin, le 28 juillet, mademoiselle Ganot est mise dans “toutes les circonstances semblables , ainsi qu il est dit dans Je rapport (p. 18) à celles des autres épreuves : meme heure de la journée, même local, même silence, même préparatif, mêmes assistans, etc., etc., excepté M. Dupotet , qu’on avait fait rester chez lui \ or les mêmes symptômes , à un peu moins de violence près , se sont encore développés.

Il résulte de tout ce que nous venons de dire que les commissaires, tout médecins, tout guérisseurs qu’ils étaient par état, déterminaient comme à plaisir et tous les jours des attaques d’hystérie chez la demoiselle Ganol} cela est positif, puisque tous les jours ils s’établissaient autour d’elle, ou plutôt ils se constituaient causes d’excitation hystérique pour cette demoiselle : le silence qu’ils observaient, le lieu de retraite dans lequel ils manœuvraient , le grand fauteuil dans lequel ils la faisaient asseoir, tous ces préparatifs, toutes les circon-

stances étaient en effet autant de causes d’attaques hysté' riques.

Nous dirons donc , pour nous servir des termes de M. Husson , que nous sommes nécessairement forcés de conclure que si le 28 juillet la scène a été moins violente et moins prompte , c’est que M. Dupotet , cause intégrante d’excitation , avait été mis aux arrêts chez lui.

Ici se termine l’examen de ces trois observations. Nous avons vu qu’il n’est pas nécessaire , pour expliquer les phénomènes insignifians des deux premières et les convulsions de la dernière , de recourir à rien d’extraordinaire \ tout s’explique naturellement.

Les commissaires, ont donc bien fai t de rejeter toule influence magnétique dans les résultats de ces trois expériences ; mais ils ont mal fait de remplacer la puissance magnétique par la puissance de l’imagination, et je leur sais d’autant moinsde gré d’avoir rejeté ici lemagnétisme, qu’ils semblent aussitôt demander pardon à MM. les magnétiseurs de la liberté grande qu’ils ont prise. Ainsi , loin d’appuyer sur les résultats tout-à-fait négatifs en fait de magnétisme animal , ils s’empressent de déclarer que si le magnétismé a été trouvé cette fois , non pas impuissant , nul et infidèle , mais inutile > et en quelque sorte de luxe , dans bien d’autres circonstances ils rendront hommage à sa puissance. Pour prouver ce que j’avance, je vais transcrire ici ce que dit le rapporteur, après avoir fait remarquer que dans ces trois cas c’est à l’imagination et non au magnétisme qu’il faut attribuer toute la série des phénomènes :

« Nous nous empressons de déclarer, dit M. Husson » (comme pour ne pas fâcher les magnétiseurs), qu’il est » plusieurs autres cas aussi rigoureusement observés.

» dans lesquels il iious eût été difficile de ne pas admettre » le magnétisme animal comme cause de ces phénomè- » nés ; nous les plaçons dans notre quatrième classe. » (Pag. 19.)

Nous verrons bien !

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