LXXXIII. — LXXX1V
Discours d'Othon à ses soldats :
« C'est de tempérer le feu de ce courage, de mettre des
bornes à cette affection, que je viens vous prier. » Bf. 11
nous est impossible d'approuver une pareille phrase.
« Le vol si rapide de l'occasion , » Bf. , n'est point dans le latin.
« Il est des choses que le soldat doit ignorer, comme il en est qu'il doit savoir. » Bf. — Ce n'est pas ren<^£ toute ia force du latin : Tarn nescire quam scire oportet.
« C'est pour moi , je le sais , que s'armèrent vos bras. »
11 s'agit de ce qui s'est passé la veille. Il fallait : « se sont armés. » « Vos bras » est une expression poétique, fort mal a sa place en cet endroit.
« Ouvrir des chances contre moi. » Bf. — « Ouvi ir une chance » n'est point français. D'ailleurs il y a dans le texte : occasio.
« Si Vilcllius et les satellites qui l'entourent pouvaient avec des imprécations nous inspirer au «ré de leur haine. » Bf.
Cette paraphrase longue et diffuse est loin de rendre l'énergie et la beauté de animum imprecentur. Il faudrait de plus un régime à « inspirer, » la phrase serait plus française.
« Combien ils voudraient voir » n'est point dans le texte.
« Que le reste abolisse à jamais la mémoire , etc. ; que nulle autre armée ne sache quelles paroles ont été proférées contre le sénat, » (pour dire les paroles que vous avez proférées) mal écrit et mal conçu.
« Dévouer aux supplices un ordre , etc. » — Othon parle à des soldats qui avaient voulu massacrer eux-mêmes les sénateurs ; il ne s'agit pas de « dévouer aux supplices. » Le latin porte : ad pœnam vocare*
« Ce corps glorieux dont la splendeur illustrant notre cause fait honte à V obscure abjection du parti de Vitellius, etc. » — - Ce corps « glorieux » a l'air d'une plaisanterie ; « faire honte à l'obscure abjection » est écrit dans un style que , par respect pour le savant professeur, nous n'osons qualifier.
« Un ordre dont la splendeur et la gloire font tout notre éclat auprès de la bassesse et de l'obscurité du parti de Vitellius, » traduit très-bien M. Panckoucke, dont nous avons à nous reprocher de ne pas citer plus souvent la (traduction , qui, mieux que nos remarques , ferait comprendre les défauts de l'autre traducteur.
« Ces ouvrages muets et inanimés périssent chaque jour et chaque jour on les relève. » Bf. — Ce n'est point rendre exactement la pensée de l'auteur : « ces monumens , muets et inanimés , peuvent aussi bien se détruire que se réparer, » dit M. Panckoucke.