‹ Examen littéraire et grammatical des deux dernières traductions de TaciteChapitre 81 sur 101 · LXXXV · texte numérisé non relu

LXXXV

Ver avia Mœsiœ ultra montent Hœmum profugit. — « S'enfuit par les déserts de la Mésie jusqu'au-delà du mont Hé-^mus. » Bf. — Avia ne veut point dire « déserts , » mais « chemins détournés , » comme traduit M. Panckoucke,

XGf. 60.

Aliis id ipsum placebat , quod neminem ex prœpotentihus , sed Thraseam ad exemplar verœ gloriœ legisset. — « D'autres se complaisaient dans la pensée que ce n'était pas quelque riche en crédit, mais Thraséas qu'il avait choisi pour modèle de la véritable gloire. » Bf.

« Se complaisaient dans la pensée, » c'est à-dire, aimaient à croire, est un faux sens ; « quelque riche en crédit » est une expression barbare et inexa^L M. Panckoucke a très-bien rendu cette phrase : « D'a^B lui surent gré d'avoir choisi non pas des hommes puissans , mais Thraséas, pour modèle d'une véritable gloire. » — Cité comme modèle eût cependant mieux fait comprendre encore la pensée de Tacite.

XCilI. 61.

Jnfam\bus Vaiicani locis magna pars tetendit. — « Une partie campa dans les lieux les plus insalubres du Vatican. » Bf. — Le mot « lieux » n'est pas français ici. Il faut dire : les parties les plus malsaines , etc.

T nde primum creditur Cœcinœ fides Jluitasse. — « On croit que la foi de Cécina commença de cette époque \\ flotter incertaine. » Uf. — « Commencer d'une époque » n'est pas fran-

çais j ensuite il ne s'agit pas d'une époque, mais d'un moment; « flotter incertaine » est une locution impardon; table chez M. Burnouf , qui devrait, en homme grave, mépriser ces petites élégances de rhétorique.

Page 1