LA GERMANIE
«c Le reste (de la Germanie) est environné de VOcéan. » — Nous sommes fâchés d'avoir à quereller M. Burnouf dès la quatrième ligne , mais assurément ce qu'il dit ici n'est point vrai. Les côtes maritimes de la Germanie ne sont pas plus « environnées » de l'Océan que la Normandie ou la Bretagne. Il fallait dire baigné par l'Océan, ou « fermé, » comme traduit M. Panckoucke.
« Le Rhin, tombant d'un sommet rapide, etc. » — Ceci pourrait bien s'entendre du Rheinfall , ou chute du Rhin , à Schaffhouse , mais non pas de la source du Rhin , dont parle Tacite : Rhenus inaccesso ac prœcipiti vertice ortus : « le Rhin ? qui se précipite à sa naissance des sommets escarpés et inaccessibles , etc. »
a Le Danube , versé par ha pente doucement inclinée du mont Abnoba. » — Nous reconnaissons avec M. Burnouf que la Germanie de Tacite est un*ouv'rage plein de poésie, et presque toujours exempt de mauvais goût ; mais nous voyons avec peine le traducteur se noyer dans le mauvais goût pour atteindre à la poésie. « Le Danube versé par la pente » n'est point une façon de parler naturelle et juste. L'autre traducteur dit bien mieux , avec une véritable entente de l'expression poétique : « Le Danube , qui s'épanche doucement, etc. »