‹ Examen littéraire et grammatical des deux dernières traductions de TaciteChapitre 94 sur 101 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

« Ils changent de terres tous les ans , et n'eu manquent jamais. C'est que Yhomnie ne s'évertue pas à épuiser le sol et à rétrécir l'espace. » — Nul doute que M. Burnouf ne se donne souvent pour traduire mal plus de peine qu'un autre n'en prendrait pour bien traduire. Ce passage en est la preuve ; rien de plus facile à exprimer que la pensée de Tacite ; mais le traducteur ne le veut pas. C'est que l'homme , dit il, ne

s'évertue pas , etc.; mais quel homme, s'il vous plaît? Est-ce l'homme en général? Le texte dit eux , les Germains. Ne s'évertue pas est encore une de ces locutions de brillante fantaisie dont M. Burnouf seul comprend tout le mérite. Le reste de la phrase est une espèce de glose qui accuse à peu près la pensée de Tacite , mais non pas le moins du monde une traduction.

« Quant à l'automne , ils en ignorent également le nom et les présens. » — Tacite ne dit pas les présens de l'automne , mais les biens (bona) , que M. Panckoucke traduit très-bien par « les fruits. » La Germanie de Tacite est un ouvrage plein de poésie , il ne faut pas y en ajouter.

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