‹ Examen raisonné des ouvrages de M. de VoltaireChapitre 31 sur 34 · D’ALZIRE · texte numérisé non relu

D’ALZIRE

appris le son de son eponx pi^r aucun de ses gardes , y a-t-il rien de plus inconcevable? Alzire peut-elle s’imaginer qu’on la mettroit dans les fers, si Zamore n’étoit allé simplement que se faire tuer? Quand on vient l’arrêter , elle doit dire : O ciel ! Zamore a donc tué mon époux? Et cette pensée qu’elle n’a pas, est la seule qu’elle puisse naturellement avoir. *

La dernière partie du dénoùment ressemble à celui deCinna, mais elle est plus pathétique, en ce que Gusman pardonne sa mort, et qu’Auguste ne pardonne qtie la conjuration '.Le pardon deGusman surpreiidroit moins; mais il seroit pitis touchant^ si l’on avoit pu s’intéresser à ce Gusman dans le cotirs de la pièce. L’intérêt cpi’un personnage commence à exciter dans une dernière scène , ne sauroit être assez vif, pour faire entièrement oublier l’iiisipidiié du rôle qu’on lui a vu jouer; et l’homme que nous avons méprisé, parvient difficilement à nous toucher. Ainsi la clémence d’Auguste , représentée sous dos couleurs intéressantes, fait verser plus de larmes que le pardon accordé par le malheureux Gusman^ , quoique la situation de celui-ci soit plus pathétique en elle-même que celle d’Auguste.

' Linguet est d’un avis contraire, et donne la préférence * an dénoùment de Cinna. Les raisons qu’il en apporte nous ont paru sans réplique.

’ C’est précisément le sentiment de Linguet. Âu surplus, tout ce que Clément critique ici avec sévérité, mais avec raison, dans le plan et la conduite de cette tragédie, a été également remarqué par La Harpe , qui , malgré l’espèce

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