‹ Examen raisonné, ou, Décisions théologiques sur le commandements de Dieu etChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE ^QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ^QUATRIÈME

Quatrième Commandement de Dieu : Tes pere> et mère honoreras , etc. .'•

Les trois préceptes contenus dans la première table de la loi ont fixé et déterminé tous les devoirs de l'homme à l'égard de «on Dieu : les préceptes de la seconde table lui prescrivent ses devoirs envers le prochain. Le père et la met e tenant le premier rang , le devoir de leurs enfants à leur égard est l'objet immédiat du premier précepte de cette seconde table, qui est le quatrième commandement; et comme le mot père, ainsi que nous le voyons dans les saintes Ecritures, ne s'entend pas seulement de ceux dont nous avons reçu la naissance , mais encore de tous ceux à qui Dieu a donné quelque autorité sur nous (1) , on«peut dire que le quatrième commandement de Dieu rçnfçnpe les devoirs réciproques, l°des enfant s; envers leurs parents, et des parents à l'éfgard de leurs enfants ; 2° des servi- . .leurs, envers leurs nôtres, 'étdps ifaâitres à tfêgard ' $eiçnTS seçyiteùîsj y ^femmes envers letiri maris, * et fle$ marjs è l'égard 4e leurs femfaies; 4° de tous les autres înfépett*è $ l'égard Ue leurs supérieurs; et des supérieurs enver&leurs inférïeurs : tçut autafit de devoirs que nou^ allôfls éïamîher . *

* (i) Dans la langue hébraïque , le woinr de 1 * père s'aitrijjue a tous ceux qui sont élevés en rang ou en dignité dn-Jcssus des aulres. « . . '«•■.». • 1 y •

Article premier.

Devoirs des enfants envers leurs parents.

jSous le nom de. parents sont compris le père , là mère, le grand-père et la grand'mère, et tous les autres ascendants.

Un enfant doit à ses parents l'amour, le respect f l'obéissance et l'assistance. Tous ces devoirs sont fondés sur la nature : les païens eux-mêmes les ont reconnus ; et si Dieu en a fait un précepte positif , c'est pour lçs rendre méritoires , en obligeant les enfante de s'en acquitter par soumission à ses ordres.

Ariour pour les parents.

Nous^devorçs aimeç nos parents d'un amour' complaisant , l leur •témoigner de l'empressement , leur p^ler avec tendresse* les servir avec affection , et supporter avec patience • leur : qpauvaigë humeur ,• leurs défauts et leurs infirmité* V*es.t-cé ainsi* que \ vous avez aimé le&v0tres£../Aû îieu'cfe les aimer de cet amour réel qui se fait connaître dans toufes les occasions , n'avfe-vous-pas nourri- dans votre -cœur . de l'aversion efr de la hajne contfe eut? (Si la haûie est grave , péché mortel contre la charité et contre l'amour filial ; si çlle n'est que légère , péché /véniel : une haine qui ne serait pas grave par rapport à tout

autre ; peut l'être à l'égard des parents. Filliuciiis. L'amour filial ne souffre point les sentiments naturels de haine que peuvent produire les défauts et les mauvaises manières des parents ; il n'admet nulle exception : il ordonne aux enfants l'aftiotfr de leurs parents, quels qu'ils soient, bons ou méchante, parfaits ou vicieux. Il n'y a qu'un seul cas où il soit permis de les haïr, c'est lorsqu'ils sont un obstacle ai* salut , et encore , dit Bossuet , la haine ne doit pas tomber directement sur les parents , mais seulement sur l'obstacle qu'ils mettent à notre salut. Dieu étant le père de tous , on doit résister aux parents quand ils veulent détourner de l'amour souverain; qui n'est dû qu'à lui. )

Ne vous ètes-vous pas réjoui , par haine pour vos parents, des maux nôtabl^p qui leur arrivaient; et ne leur en avez-vqus point souhaité vousrmème de graves , telle que la mort , par exemple , pour hériter de leurs biens, pour être débarrassé d'eux et vivre avec plus de liberté? (Péché très -grave contre la charité et la piété filiale , s'il y a consentement parfait. Sporerjt qM. Se réjouir d'un mal léger qui leur

•serait arrivé , ou leur en souhaiter qui ne serait nullement considérable, péché véniel seulement, quoi- •fBe plus grave que si lé mal était souhaité à tout étrari^er. )

«Sans- précisément haïr vos parents , ne vous est-il pa* arrivé Quelquefois . de Jes traiter avec dureté , les regardant souvent de travers*, ne voulant pas leur parler ^ ou du mohïs 4eur pariant avec aigreur ,

. connue $i ^vous ayiez eu* de 'la haine contre eux ? ( Péché; m8rtel ordinairement v iVat-arrws , B* IÂgori Â

*50 Sporer et alii. Pour bien jugei\ de la nature du péché que commet un enfant dans ce cas-là et 'dafts d'autres, il fout toujours faire attention aux mœurs, aux usages de tel pays* de teUe condition, et à la bonne ou mauvaise éducation de l'enfant. Une éducation grossière peut diminuer l'injure faite aux parents , et par

conséquent h malice du péché. ) .

Respect pour les parents.

Au lieu d'avoir pour vos parents le respeet qui jeur est dû', reconnaissant en eux l'autorité dont p Dieu les a 'revêtus, n'avez -vous pas eu dans votre cœur des sentiments de ipépris pour eux ? ( Tout enfant doit à . ses parents un respect intérieur et efxté- • Heur ; il doit; manifester, par ses paroles et par* ses . actions , irrévérence dont il doit être intérieurement pénétré pour eux : s'il y manque de propos délibéré , en matière grave , il pèche mortellement. Sic vmnes. Par conséquent , tout sentiment de mépris qui détruit ou diminue notablement le respect dû aux parente ,♦ est péché mortel ; si le mépris n'est que léger, et qtfrf né diminue que peu ce respect , le péché n'est que* véniel. Y * - •

N'avez-vous point témoigné à l'extérieur du mépris

pour vos parçnts*, leur priant d'une Manière iofax-

* / rieuse , leur faisant des repentes dures .et insolente»,

., ; ou vous moquant en leur présence de leurs ^vîs et

Page 1