LE RÉGIME — CLASSIFICATION DES INFLUENCES MORBIDES DU RÉGIME CARNÉ
Le régime définit l’emploi que nous devons faire des aliments pour assurer l’équilibre de nos forces et la plénitude de notre vie.
Un régime alimentaire n’est donc justifié que s’il fournit toute la gamme àts matériaux indispensables à la réparation des tissus de notre organisme et à 1 entretien de 1 énergie qu il dépense à chaque instant.
Or, de tous ces matériaux — albumines, hydrates de carbone, corps gras, sucrés et féculents, phosphates et carbonates, sels de potasse, de soude, de chaux et de fer, — la chair animale ne fournit guère que le premier, c’est-à-dire 1 albumine qui forme à peine i 5 de sa masse, quelques matières mineraies, une trace de fer, peu de phosphore, et aucune des substances de force et de vigueur que l’on connaît sous le nom de combustibles ou respiratoires. Par contre, elle est fortement chargée de ces déchets de la vie nutritive que la chimie appelle produits extraclijs.
Au total, il est clair que la viande est par elle-même incapable d’entretenir la vie et que l’on en mangerait journellement plusieurs kilogrammes sans atteindre l’équilibre nutritif de l’organisme. L'ignorance peut seule excuser l’ardeur dépensée par notre civilisation en faveur de ce régime carnivore. Très azotée, la viande est pourtant fort pauvre en matières réellement alimentaires. et, sans l' action excitante qu elle exerce, *1 y a longtemps que l’on aurait reconnu l’impuissance nutritive dont elle est frappée.
Le mangeur de viande, tout en absorbant beaucoup, se nourrit mal et maladroitement ; il tombe donc fatalement dans quelque grave morbidité, à la fois par défaut et excès alimentaire d’une part, par excitation et dépression consécutive d’autre
part. En un mot, le régime carné conduit à la maladie par quatre voies qui commandent, dans leur ensemble, la plus grande partie du domaine nosologique. En effet, ce régime pèche :
1° Par défaut et spécialement par une insuffisance minéralisatrice qui conduit et à l’anémie et à la neurasthénie ;
20 Par excès, excès azoté qui favorise les fermentations mène rapidement aux mille formes de l’ar-
3® Par excitation, excitation engendrée parles produits extractifs de la viande qui dérèglent la nutrition et favorisent l’alcoolisme ;
4° Par intoxication, qui résulte du processus vicieux de sa fermentation digestive et finit par tuer l’organisme !...
Après avoir développé successivement ces quatre chapitres qui résument les diverses actions pathologiques d’une alimentation trop riche en viande, je donnerai, dans un dernier chapitre, les conclusions qu’il faut en tirer au double point de vue de l’hygiène et de la thérapeutique.
acides et u^jj^ues^ thritisme ;