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LE PROBLÈME ECONOMIQUE ET LA RÉDUCTION DES DEPENSES

Les questions économiques comptent assurément parmi celles qui préoccupent le plus l’humanité. Faut-il s’en étonner ? Avec un salaire minime, avec des appointements ou des honoraires très modestes, le chef d’une famille souvent nombreuse doit arriver à l’équilibre des dépenses et des recettes, tout en assurant aux siens les conditions matérielles de l’existence, tout en se préparant à faire face aux coups redoutables du chômage et de la maladie, aux pertes considérables que ces terribles éventualités produisent.

De tout temps, sans doute, la solution de ce problème a été mise en tête des plus graves préoccupations de l’homme et des sociétés ; la question sociale a toujours appelé l’attention et les soins des esprits éclairés, des natures généreuses. Rarement, pourtant, ces préoccupations ont pris le caractère de gravité qu’elles ont aujourd’hui ; jamais peut-être elles n’ont eu l’allure passionnée et presque critique que nous voyons actuellement.

Il ne m’appartient pas de proposer la solution d’un problème où tant de facteurs entrent en conflit. Qu’il me soit permis toutefois de faire observer que le principe de l’augmentation

des salaires ne paraît devoir apporter aucun soulagement positif et durable au mal social et que son application resterait sans doute illusoire. « C’est un fait d’observation journalière et d’une vérité indiscutable, que toutes les réformes tendant à accroître les ressources positives du peuple — augmentation des salaires et autres prestations — sont incapables d’assurer définitivement son aisance... Dès que tous les salaires auront été relevés, tous les produits seront augmentés en même temps, et le mal restera le même... Seule la réduction des dépenses peut avoir une elficacité durable et non équivoque. Elle résulte de la suppression des faux besoins ; suppression qui procure le bonheur en faisant cesser le regret de ne pouvoir les satisfaire; et j’ajoute que, contrairement à 1 augmentation des ressources, elle reste entièrement à la disposition de celui qui veut en user (i)... »

Je ne crois pas que cette opinion puisse être sérieusement contestée. Examinez d’ailleurs les transformations rapides qui, en moins d’un siècle ont altéré les mœurs du peuple et de la petite bourgeoisie. Avec la ridicule et folle vanité qui pousse au lu.xe et à la dépense, s’est développée la soif des jouissances : excentricités de la table et de la toilette, faux besoins et mauvaises habitudes de tous genres ont doublé ou triplé

décuplé peut-être les principaux articles du budget de nos dépenses.

N’est-elle pas extraordinaire et presque cynique cette sensualité que tant de gens apportent dans leur alimentation? Le vin, le cidre, le café et les liqueurs, excitants nuisibles et pour le moins inutiles, ont d’avance leur place marquée sur la table des familles les plus humbles. Au surplus, les viandes, le gibier, les fines charcuteries ont vite fait à' engouffrer chaque jour, pour le seul plaisir de la bouche ou au nom d’un ridicule préjugé, la totalité d’un salaire que beaucoup de sages eussent trouvé suffisant.

Cette sensualité, ces exigences alimentaires, opposées aux sobres coutumes des générations précédentes, ont contribué pour une large part à porter ju.squ’à sa forme aiguë la crise économique et sociale dont nous souffrons.

t. Opinion formulée par M. J. Roux,- docteur en droit.

Au moment où le cri d alarme et d’impuissance menace de soulever l’orage des folles utopies, j’ai la conviction de faire œuvre utile en montrant que le retour à la pratique des régimes simples — diètes lacto-végétale et végétarienne — déjà réclamé par la physiologie, l’hygiène et la thérapeutique, est encore capable d’apporter au mal social une détente bienfaisante que les économistes ont vainement cherchée.

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