‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 24 sur 60 · IIJ · texte numérisé non relu

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Ces chiffres se passent de commentaire. Le végétalien peut économiser chaque jour, pour la seule ration azotée, i fr. 5o sur le carnivore et o fr. 55 sur le semi-carnivore; et le végétarien fait encore, sur le partisan du régime mixte, une économie quotidienne de o fr. 5o.

Mais ce n’est pas encore tout. Vous vous rappelez que, d’après l’enseignement le plus clair de la physiologie alimen-

( taire, la ration azotée quotidienne peut et doit même se^rédujre à 5o ou 60 grammes. Les adeptes du carnivorisme et du semicarnivorisme ignorent ou repoussent cet enseignement; mais les anticarnivores qui le connaissent et le pratiquent arrivent à réduire encore les frais de leur réparation azotée de 1/2 ou i/3, et ne dépensent plus ainsi que o fr. 10 ou o fr. i5 d’albumine par jour.

11 y aurait lieu d’étendre cette étude économique à la réparation alimentaire de l’homme qui fournit un fort travail physique quotidien. Je me contente de remarquer que si l’on acceptait les chiffres de Gaspaf<in pour un robuste ouvrier anglais, ou ceux donnés soit par Hirn, soit par Gautier pour l’ouvrier français, il faudrait en moyenne 5oo grammes de viande et 1.000 grammes de pain, c’est-à-dire une dépense journalière de 1 franc en albumine animale et de o fr. 10 en albumine végétale. Au contraire, l’ouvrier végétarien — par exemple le métallurgiste des usines de M. Hills — se procure la même ration totale d’albumine pour o fr. i5 ; mais, comme il — sait que la ration azotée ne doit pas augmenter avec le travail, il se contente, en réalité, comme l’homme qui reste au repos, de o fr. 10 d’albumine, et fait ainsi, par rapport à l’ouvrier

carnivore, une économie quotidienne d’azote de i franc.

En somme, le végétarien à modeste bourse économise, sur le seul budget de la réparation azotée ;

O fr. 55 à O fr. 6o, s’il vit au repos ;

O fr. 90 à I franc, s’il fait un travail musculaire énergique.

PRIX DE LA RATION ENERGETIQUE TOTALE. — VALEUR DE LA CALORIE DANS LES DIVERS ALIMENTS. — FRAIS EXIGES PAR LA NUTRITION GÉNÉRALE DE l’oRGANISME, SELON LA NATURE DU RÉGIME.

La dation azotée, celle de la réparation des pertes, dont nous venons de faire l’étude économique dans les différents régimes, ne représente qu’une fraction de la ration totale. 11 faut eji effet que l’organisme absorbe encore une masse alimentaire assez grande pour trouver la source de l’énergie parfois considérable qu’il dépense chaque jour. On aura donc une idée plus complète et plus frappante de la valeur economique des régimes, en calculant d’abord l’énergie contenue dans les principaux aliments, puis le nombre de calories que l’on se procure pour i franc avec chacun d’eux. Nous verrons alors l’extraordinaire économie réalisée par les régimes végétariens.

On sait que l’énergie totale d’un aliment (i) se mesure par le nombre de calories — c’est-à-dire par le nombre d’unités de chaleur — que sa combustion dégage. Calculons donc les calories produites par les principaux aliments.

D’après les expériences calorimétriques de Rubner, i gmmme de matière alimentaire combustible, brûlant avec l’oxygène che:^ un être vivant, dégage les quantités de chaleur suivantes :

Albumine 4,3 calories

Hydrates de carbone (sucre et féculents) . 4,1 —

Corps gras 9,3 —

Il résulte de là que le kilogramme de viande, qui ne contient que 170 grammes d’albumine et 5o de graisse, développe une médiocre énergie de i .180 calories; tandis que le froment qui

I. Dans cette énergie totale nous comprenons la valeur calorique de l’aliment, au repos; et, au travail, sa double valeur calorique et mécanique.

renferme 146 d albumine, 12 de graisse, 6yc) de fécule, fournit jusqu a 3.5yo calories!... — En etendant ce calcul aux principaux aliments, il est facile de dresser un tableau de l’énergie contenue dans i.ooo grammes de chacun d’eux :

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