‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 26 sur 60 · go · texte numérisé non relu

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Viande

Lait

Œufs

Blé. .......

Riz

Pain

Pommes de terre.

Lentilles

Haricots

(en moyenne)

Cerises

Gruyère

Amandes

(sèches)

gie alimentaire suivant qu’on la rapporte au goids ou au grix de l’aliment. Certes, ce dernier point de vue est particulièrement intéressant, car nous mesurons nos repas, non seulement sur le poids que notre estomac tolère, mais encore sur le prix que nous pouvons y mettre. 11 est clair toutefois que les meilleurs aliments sont ceux qui donnent le plus fort rendement calorique par unité de poids et par unité de prix, car ce sont ceux aussi qui, nourrissant sous le moindre volume et avec la moindre dépense, ménagent le mieux à la fois l’estomac et la bourse.

Voyez, par exemple, la pomme de terre. : au poids, sa valeur nutritive est faible (900 calories); au prix, elle est énorme puis-

qu’elle atteint 9.000 calories. — C’est l’inverse pour les amandes : très nutritives au poids, elles le sont peu dès qu’on les mesure au prix. Quant à la viande qui n’a déjà qu’une bien faible valeur nutritive par rapport à son poids, elle présente un pouvoir énergétique encore plus insignifiant — 5go calories — par rapport à son prix. Par contre, les céréales et les légumineuses, fortement énergétiques au poids et au prix, doivent assurément former la base d’une alimentation à la fois saine, vigoureuse et économique. ^

Quoi qu’il en soit, remplaçons la viande par d’autres aliments. Nous aurons, au même prix, 2 ou 3 fois plus d’énergie avec les amandes, les noix et les fruits oléagineux; nous en aurons 3 ou 4 fois plus avec les fruits sucrés et le régi nîS lacté, 7 fois plus avec le riz, 10 fois plus avec les lentilles et les légumineuses, Il fois avec le pain, 12 à i3 fois avec la farine des céréales, 14 à i5 fois avec les pommes de terre.

N’oublions pas cependant que ces substitutions alimentaires ne sont pas toutes physiologiquement équivalentes. Les pommes de terre exigent un grand volume et sont insuffisamment azotées; la viande, le fromage de gruyère, beaucoup trop azotées, ne sont pas respiratoires (i).

Cherchons maintenant comment, dans les différentes diètes alimentaires, on peut réaliser la ration officielle de 2.600 calories composée de 120 grammes d’albuminoïdes et 400 ou 5oo grammes de matières respiratoires.

Nous pourrons alors fixer le prix de cette ration dans chacun des régimes. J’ai déjà dit que le carnivore, qui prend presque tout son azote dans la viande, consomme chaque jour 600 à 700 grammes de chair animale qui lui coûtent en moyenne I fr. 70. Cette ration de viande ne lui donne pourtant que 800 calories. 11 doit donc encore en trouver 1.800 dans le pain, les légumes, les fruits, les corps gras dont il assaisonne ses plats. En supposant qu’il ait quelque souci de l’économie et qu’il ne charge sa table ni de primeurs ni de rares produits exotiques, il dépensera encore o fr. 40 ou o fr. 45; ce qui, au total, fait une dépense un peu supérieure à 2 francs, abstrac-

I. Sous ce nom peu scientifique et un peu vieilli, je désigne ici avec Liebig, et pour abréger, tout ce qui n’est pas azote : graisses et hydrates de carbone.

tion faite de toute boisson, dacafé et des liqueurs à 1 usage desquels son régime le pousse. U n'y a aucune exagération à admettre que ces extras chargent encore son budget alimentaire

personnel de o fr. 5o par jour.

Le semi-carnivore ne dépense plus que o fr. 6o ou o fr. 8o de viande, dont l’énergie est seulement de Sqo calories. S il est économe, il se procurera les 2.35o calories complémentaires, au moyen d’aliments végétaux, avec une dépense de o fr. 55. Total : I fr. 25. Mais cette somme s’accroîtra nécessairement de o fr. 40 à 0 fr. 5o de boissons, liqueurs et excitants, dont notre semi-carnivore ne voudra jamais se priver.

Comme type de végétarien, nous prendrons celui qui, chaque jour, consomme en moyenne un demi-litre de lait, un oeuf de 5o grammes, i livre de pain, et prend le reste de sa ration dans les légames, le fromage et les fruits qui constituent son ordinaire. Additionnez les dépenses, et vous trouverez un total de 0 fr. 60 (i) ; et cest tout, car le végétarien par principe refuse toute boisson fermentée ou excitante.

Le fruitarien intransigeant ne prend que des fruits. Admettons toutefois un fruitarisme mitigé qui tolère l’usage modéré du pain. Alors, 25o grammes de fruits oléagineux, 5oo grammes de fruits sucrés frais, 25o grammes de pain, donneront, avec l’azote nécessaire, une énergie supérieure à 2.600 calories. — Le prix de cette ration conduit à un total de i fr. 3o. Le fruitarisme est, en somme, pour les anticarnivores, un régime de luxe. Un peu moins coûteux que le semi-carnivorisme arrosé de boissons, il est cependant 2 fois plus cher que le végétarisme lacto-végétal.

Quant au régime végétalien, c’est assurément à lui que revient la place d’honneur parmi les diètes qui joignent la sobriété à l’économie. Très substantiel sous un faible volume et de prix très modéré, il assurera une forte ration azotée et une énergie supérieure à 2.660, avec i livre de pain, 356 grammes de légumineuses et 25o grammes de pommes de terre, pour o fr. 40 par jour.

I. En effet, il y a o fr. 20 de pain qui donneront i.35o calories; un demi-litre de lait de o fr. i5 qui fournit 38o calories, et un œuf de o fr. 10 qui vaut 70 calories. Ces trois articles donnant 1.800 calories, le végétarien n’aura plus qu’à prendre 800 calories dans les légumes et les fruits, pour o fr. i5. Le tout fait bien o fr. 60.

Ainsi donc, si vous ôtes semi-carnivore et que vous acceptiez le végétarisme, vous économiserez chaque jour o fr. 85, tout en gardant les boissons, et i fr. aS en les supprimant.

Avec le végétalisme, votre économie sera, dans les mêmes conditions, de i Ir. o5 ou i fr. 65. , .

D'une façon plus saisissante encore, le tableau suivant met en parallèle les dépenses annuelles de nourriture de quatre personnes soucieuses de vivre économiquement avec des rations physiologiquement équivalentes, mais en admettant des régimes differents.

RÉGl.ME DÉPENSE ANNUELLE

Carnivore. gio francs.

Semi-carnivore • . . . . 5/5 —

Végétarien 220 —

Végétalien. 144 —

Direz-vous que j’exagère pour le besoin de la cause végétarienne ? Si cette mauvaise pensée vous vient, repoussez-la en réfléchissant que nos calculs acceptent une ration que nous savons e.xagérée et que le végétarien réduira pou7' le moins d’un quart. — Ce n’est donc pas en réalité 220 francs, mais seulement 170 que dépense annuellement un végétarien. Quant au végétalien, le choix de son régime lui permet, s’il le veut, de réduire ses frais de nourriture à 1 10 francs par an.

Vous êtes encore incrédules? Eh bien ! lisez avec attention le chapitre suivant ; il vous montrera, avec la dernière évidence, que l’on peut aisément établir des repas nutritifs et des menus suffisamment variés, au prix que je viens d’indiquer.

EXE.MPLES d’une NOURRITURE ÉCONOMIQUE, SAINE, FORTIFIANTE

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