‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 30 sur 60 · calories · texte numérisé non relu

calories

Imaginez deux demi-menus semblables, pour chacun des deux repas, vous, trouverez par tête i ,3oo calories, avec une dépense de o fr. 23. En comptant le pain, on arrive au chiflfre de 2.65o calories pour o fr. 43. Cette nourriture est surabondante, puisqu’elle dépasse la ration normale, de 5oo à 600 calories ; et pourtant, dans une famille de six à sept personnes, elle ne prélève, sur le budget mensuel, que la modeste somme de 77 francs.

Encore une fois, mettez ce budget en parallèle avec celui d’une famille semi-carnivore. Les o fr. 40 ou o fr. 5o de viande qu’elle dépensera, au minimum, par tête, n'apportant que 25o calories sur les 2.000 qu’il faut avoir, pèsera cependant de 2 fr. 5o ou 3 francs par jour sur le maigre budget général, en doublant, sans aucun bénéfice physiologique ou nutritif, la dépense relative à la nourriture. — Ce n’est pas seulement le loyer, c’est encore le prix de quelques vêtements indispensables, que l’on fait naïvement tomber dans la caisse du boucher!...

Est-il bien nécessaire, maintenant, d’appeler votre attention sur l’aisance d’une table végétarienne où chaque personne a droit à une nourriture quotidienne de 0 fr. 75 ou o fr. 80 ?

— En conservant le repas à trois services, on pourra joindre à 1 ordinaire que nous venons de définir, des plats au lait et aux œufs, des légumes verts au beurre, des fromages variés^ des fruits crus, cuits ou conservés, et l’on prendra le matin un déjeuner au lait avec café, malt ou cacao.

J’arrête cet abrégé de physiologie economique. Peut-être me reprochez-vous les chiffres et calculs qui lui donnent une forme un peu sévère. Mais une question si grave peut-elle se traiter en badinant? — Auriez-vous même toléré que l’on vous présentât quelque esquisse rapide, que l’on vous offrît quelque étude sceptique ou sentimentale sur un problème où entrent en jeu les intérêts les plus élevés de l’humanité?

Fidèle à mon principe d’enseignement exact et presque mathématique, j’ai donc voulu prouver ici, à la lumière des chiffres et des faits, et sur le fondement de la physiologie la plus claire, que le changement de régime alimentaire peut, dans une famille moyenne, apporter une économie annuelle de 800 à 900 francs, si l’on supprime la viande et les boissons e.xcitantes toujours inutiles et souvent fiuiestes — 800 francs, entendez bien!... c’est presque la moitié du salaire de l’ouvrier, des appointements du petit employé. C’est, infortuné prolétaire! beaucoup plus que tu n’oses réclamer à ton patron dans ces grèves interminables qui ne sont que des abîmes de malheur; c’est enfin la transformation de ta misère en un commencement d’aisance, à l’abri des terreurs du lendemain...

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