‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 5 sur 60 · E.XTE.NSION DU VEGETARISME DANS LES PAYS ALLEMANDS ET EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

E.XTE.NSION DU VEGETARISME DANS LES PAYS ALLEMANDS ET EN AMÉRIQUE

Dix ans après l’Angleterre, l’Allemagne entrait à son tour dans le mouvement végétarien. Aujourd’hui, le végétarisme y est florissant. Deux sociétés principales étendent leur influence sur l’Allemagne et les pays de langue allemande, l’Autriche et certains cantons suisses.

La société de Leipzig date de 1876. Tous ses adhérents sont en même temps membres de l’Union végétarienne allemande, Deutsche}' Vegetarier Bund. Celle-ci résulte de la fusion de deu.x sociétés anciennes. Son extension est considérable ; de locale elle est devenue nationale, puis, en quelque sorte, pai}germanique. Elle a un organe mensuel, la Vegeiai'ischeWai'te; mais d’autres périodiques, tels que le Vegetaj'ischei' Yoi'waj'ts (hebdomadaire), soutiennentaussi la cause végétarienne. De très actives sociétés locales e.xistent en outre à \ie)uie, Budapest, Zurich, etc., et, dans toutes ces villes, les restaurants végétariens sont en grande prospérité.

En effet, la liste d’annonces mensuelles de la Vegetanschc Warle. qui ne les comprend pas tous, indique actuellement pour l’Allemagne 85 établissements, dont yS strictement végétariens, et 12 où l’on peut facilement vivre en végétariens. Ce sont des restaurants, des hôtels, des sanatoria et établissements de cure.

En Danemark, sous l’action de la Société végétai tenue danoise et de la Société philanthropique Scandinave, se sont

créés deux sanatoria végétariens, l’un dans le Jutland, l’autre près de Copenhague.

Le mouvement végétarien des Pays-Bas est digne d’attention. La société végétarienne de ce pays atteint déjà 600 membres. 11 y a restaurants ou hôtels à la Haye, Utrecht, Amsterdam, Rotterdam, Délit, Arnhem, Haarlem, etc.; en tout 12 hôtels et restaurants, plus un sanatorium (i).

La même prospérité existe dans la Suisse avec le Dock, et en Belgique, dont la société végétarienne est habilement dirigée par le très savant D^ Nyssens (2).

Mais c’est surtout en Amérique que le mouvement a pris une grande intensité. Dans la seule année i8gg, se sont ouverts des restaurants à Chicago, San Francisco, Portland, Oregffn, Topekâ, etc. Un collège où les principes du végétarisme sont strictement appliqués existe maintenant dans l’État de Washington. Les étudiants peuvent y vivre largement avec une moyenne dépense de i fr. 25 par jour.

Depuis la récente arrivée au Manitoba des Doukhoborstes, émigrants russes, la population végétarienne du Nouveau- Monde s’est encore accrue de 7.000 individus. On a beaucoup admiré la vigueur et la bonne santé de ces joyeux travailleurs, qui vivent e.xclusivementde pain, de fruits, de végétaux. Aussi parle-t-on déjà d’organiser en Amérique une vaste colonie végétarienne à laquelle pourraient participer des végétariens de tout pays.

Aux États-Unis, non seulement ce sont les sociétés qui se multiplient avec leurs conférences, brochures et journaux, mais les hôpitaux végétariens eux-mêmes se développent. Tel l’institut du D'' Rkinold, deNew-York, celui du D'’ Anderson, de Chicago. Au sanatorium de Battle-Creeky malades et employés (plusieurs centaines) sont tous végétariens (3). C’est le D-- Kellogg qui dirige ce sanatorium.

Dans les restaurants et établissements inspirés par Kellogg, les produits alimentaires variés extraits de la noix et des di-

1. La Suisse possède 12 sanatoria et 6 restaurants végétariens.

2. Citons enfin l’ouverture récente d’un restaurant î\ Var.sovie.

3. L’Australie est également le siège d’un important mouvement végétarien. On peut citer : The Vegelarian Society 0/ Victoria; The South Australian Vegelarian Society.

verses graines oléagineuses — toutes extrêmement nutritives— tiennent la première place. — Dans la seule ville de Battle- Creeke, existent plus de 20 fabriques fournissant sans cesse les produits Kellogg, lesquels sont expédiés de tous côtés dans l’Ancien et le Nouveau-Monde.

A New-York même, il y a huit restaurants végétariens; presque tous datent de l’année 1902. Il convient de mentionner tout spécialement le restaurant de Mac Fadden, appelé Physical Culture Strength Food Restaurant. — Situé dans le quartier des affaires, il contient 200 places, et, bien que n’ayant pas encore un an d’existence, il est tellement fréquenté qu’à midi, heure du lunch, toutes les places sont enlevées en un instant. La nourriture, simple, variée etabondante, comprend des soupes de légumineuses, de farine d’orbe, tomate, avoine étuvée, froment complet, riz, maïs, Strengtfood fpréparation spéciale de Mac Fadden), composée de noix, d’avoine et de froment. Il y a ■encore des plats variés de légumineuses et de légumes verts, des salades, des puddings, des tartes aux fruits, des noix, des fruits frais et étuvés, du beurre animal et végétal. Enfin, comme boissons, lait, café de céréales, vin non fermenté. Mac Fadden a encore installé deux autres restaurants semblables avec prix plus modérés, l’un à New-York même où la portion coûte seulement 8 centimes!..., l’autre à Brooklyn. Ces établissements excellents montrent que le régime végétarien n’a pas pour but -de bourrer simplement l’estomac de choux et autres légumes verts.

Ce qu’il faut retenir surtout, c’est que Mac Fadden édite deux Journaux, dont l’un Physical Culture, tire à 375.000 exemplaires, répandus en Amérique et en Angleterre.

Le mouvement vers les traitements naturels favorise le développement du végétarisme ; aussi la revue Le N aturopath offre-t-elle en prime à ses lecteurs l’ouvrage allemand d’.\d. Just intitulé Kehrt Natilr Zurück. (Le retour à la nature.) (1)

Il existe enfin de puissantes associations internationales.

I. Les Et.its-Unis pos.scdent d’ailleurs plusieurs grands périodiques végétariens. Avec le Physical Culture, il faut mentionner le The \ egetarian Magazine, le Gnod Health du Ü' Kellogg, le t\aturopalh et llygienic Rewiew.

Outre le Deutscher vegeiarier Bund, déjà mentionné, il faut signaler VUriion végétarienne Jéminine, The Women’s vegetarian Union, fondée par notre compatriote Veigelé. Mais j’appelle l’attention du lecteur sur The vegetarian Cycling Club, qui. se propose de prouver jusqu’à l’évidence, par des records extraordinaires, la grande supériorité de l’alimentation végétarienne au point de vue énergétique et sportif. Les hauts faits de Georges Olley, de Parker VValk.er, d’Eric Newmann, etc., ont été mis en relief par le très intéressant travail de M. Light, sur les athlètes végétariens, travail récemment publié avec le rapport annuel de la Vegetarian Fédéral Union.

Cette dernière est encore une association internationale dont l’action dépasse les pays de langue anglaise, pour s’étendre à la plupart des autres nations. Elle représente une riche organisation, dont le budget annuel en 1899 atteignait déjà près de 40.000 francs.

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