‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 44 sur 60 · ÉQUIVALENTS DE CHAUVEAU · texte numérisé non relu

ÉQUIVALENTS DE CHAUVEAU

Graisse

Amidon

Sucre de canne

Albumine

Glucose

On voit combien ces équiv^alents diffèrent. On remarque, par exemple, tout en tenant compte des tolérances digestives, que la graisse si utile dans un régime de résistance au froid, perd une grande partie de ses avantages dans un régime de travail.

Les expériences par lesquelles Chauveau a justifié les équivalences iso-glycosiques, dans le travail, sont dignes de remarque. On a déterminé d’avance le travail qu’un chien peut faire, sans changer de poids, avec une ration quotidienne de 100 gr. de saindoux ajoutés à sa ration normale d’entretien. Puis, on lui fait exécuter le même travail, en substituant à la graisse son équivalent isodynamique de sucre, à savoir 235 gr. A la fin de cette deuxième période de travail, l’animal a augmenté de poids ; ce qui prouve que la substitution isodynamique du sucre est exagérée.

Mais si, dans une troisième période d’exécution du même travail on fait la simple substitution iso-glycosique de i53 gr.

de sucre, le poids de l’animal reste stationnaire. — Avec les diverses substances alimentaires, le résultat obtenu par Chauveau est le meme : la substitution doit se faire toujours selon le poids iso-glycosique de Chauveau, jamais d’après le coefficient de Rubner.

Je résume cet enseignement par les trois lois suivantes :

Les diverses espèces alimentaires peuvent se substituer par équivalence énergétique, suivant des poids déterminés;

2® Dans le repos, où la dépense totale d’énergie est essentiellement d’ordre thermogénétique, ce sont les équivalents caloriques de Rubner (poids isodynamiques) qui représentent, au point de vue énergétique, les nombres proportionnels des substitutions alimentaires;

3® Dans le travail, où l’énergie motrice est tout entière empruntée au glucose, ce sont les équivalents de Chauveau (poids iso-glycosiques) qui expriment, au pointde vue mécanique les nombres proportionnels des substitutions alimentaires.

Ainsi donc, si vous établissez une ration de repos, pour la thermogénèse (i), il faut prendre les aliments avec les coefficients caloriques et les équivalents de substitution de Rubner.

Si vous établissez au contraire des rations de travail, il faudra baser leur valeur mécanique sur leur rendement en glucose et sur les équivalents de substitution de Chauveau.

Enfin, le problème plus général de l’énergie dans le travail e.xige que l’on détermine pour chaque espèce alimentaire le partage de son énergie totale en chaleur et en mouvement. La solution de ce problème exige l’emploi simultané des nombres de Rubner et de Chauveau.

Prenons pour exemple la graisse. L’énergie totale de 100 grammes (calculée sur le coefficient de Rubner) est de 984 calories. — La transformation complète de cette graisse se fait en deux étapes : i® Transformation en 161 gr. de glucose (calculés sur les équivalents de Chauveau), sans intervention musculaire, avec dégagement de 33o calories; 2® Combustion musculaire des i6i gr. de glucose, dont l’énergie, équivalente à G04 calories, se partage, pour i/3, en 202 calories pour le

I. Nous allons voir en effet qu’une ration dite de repos représente pratiquement une ration de chaleur, l’énergie mécanique dépensée par l’homme dans la vie commune des affaires restant insignifiante.

travail, et, pour 2/3, 00402 calories pour la chaleur. — Au total, 1 énergie de 100 grammes de graisse, consommés pour le travail, fournit, en deux étapes, 33o et 402 ou y32 calories en chaleur, et donne, en mouvement, l’équivalent de 202 calories, c’est-à-dire un travail de 85.85o kilogrammètres.

Le tableau suivant détaille pour chaque espèce alimentaire, 1° son énergie thermique au repos; 2° son rendement en glucose ; 30 le partage de son énergie totale ( i ) en chaleur et en force dans le travail musculaire.

ÉNEPGIE

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