‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 51 sur 60 · JUSTIFICATION EXPERIMENTALE ET PRATIQUE DU VÉGÉTARISME DANS LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

JUSTIFICATION EXPERIMENTALE ET PRATIQUE DU VÉGÉTARISME DANS LE TRAVAIL

L’enseignement physiologique est irréfutable et la théorie dicte clairement la formule rationnelle de 1 alimentation énergétique et sportive. « Mais, objecterez-vous, votre théorie expéiimentale ne me suffit pas encore. 11 me faut des laits nombreux, frappants, avant de me prononcer. »

Ce désir est, somme toute, trop légitime pour que je me refuse à lui donner immédiatement pleine et entière satisfaction. Commençons, si vous le voulez, par le travail professionnel ; nous verrons ensuite l’exercice sportif.

J’ai déjà cité le rapport de M. Phillips au Congrès végétarien de 1900. Il nous apprend les bienfaits du végétarisme parmi les ouvriers des vastes ateliers de construction dirigés par M. Hills à Blackwall.

Le végétarisme compte dans ses rangs de robustes ouvriers qui trouvent dans notre régime l’énergie nécessaire aux plus rudes travau.x de laminoir et de hauts fourneaux.

A Anvers existe un restaurant de bienfaisance destiné aux ouvriers et manœuvres du port. Ils y consomment pour quelques sous un menu végétalien composé d’une soupe aux pois et d’un plat de pommes de terre(i ). Ce fait, signalé par un prêtre dévoué à cette œuvre, est une preuve éloquente en faveur du régime végétal dans le travail professionnel le plus rude.

D’après le rapport du D'' Capell-Bpook, les cochers et les charretiers norwégiens, qui ne connaissent pas l’usage de la viande, franchissent aisément, en courant, trois ou quatre lieues à côté des charrettes qui transportent les touristes.

Le célèbre Ch. Darwin s’émerveille de la force prodigieuse des mineurs du Chili. Strictement végétaliens, ceux-ci mangqpt au déjeuner des figues et du pain ; au dîner, des fèves cuites ; au souper, du blé rôti sur une plaque de fer. Or, ces hommes portent sur leurs robustes épaules des blocs de minerai de

I. J’ajoute que ce restaurant d’Anvers fournit toute espèce d’aliments. — Si les ouvriers choisissent le menu végétalien, cela prouve d’autant mieux le double avantage économique et énergétique qu’ils y trouvent.

100 kilogrammes, avec lesquels ils montent i2 fois par jour une échelle verticale de 70 mètres!

Les troupiers de Bolivie, connus par leur hardiesse et qui parfois accomplissent avec bagages des marches de 10 lieues sansjatigue, ne se nourrissent que de maïs, de cacao et d’eau- C’est le Panama Star and Herald qui rapporte ce fait remarquable.

Au.x îles Canaries, M. Jewelt, capitaine d’une goélette américaine, a vu quatre matelots de son bord essayer vainement de soulever une balle énorme de marchandi.ses apportée par un seul homme. Or, les aborigènes des Canaries se nourrissent de matières e.Kclusivement végétales.

Les porteurs de Smyrne, nourris de pain noir, de fruits, de légumes, remplacent les charrettes qui n’existent pas dans cette ville. Ce sont eux qui portent sur leurs épaules toutes les maichandises qui arrivent ou qui partent. M. Langdon, marchand américain, a vu l’un d’eux porter à la fois une caisse de sucre de 200 kilogrammes et deux sacs de blé de 100 kilogrammes. M. WooD cite également un paysan smyrniote qui portait sur son dos une charge de 3oo ou 400 kilogrammes!...

A Chang-Haï, les ouvriers du port, alimentés de riz, transportent à deux d’énormes pièces de vin de 200 ou 3oo kilogrammes, suspendues à une forte tige de bambou passée sur leur épaule, et gravissent ainsi, d’un pas rapide, les rues escarpées de la ville. — Je dois ce fait à M. B..., capitaine au long cours, qui l’a bien des fois admiré dans sa vie de navigateur. Le même capitaine me décrit souvent avec enthousiasme la beauté toute gauloise de cette forte race de Ténériffains dont l’Américain Jewelt a signalé la vigueur merveilleuse. Leur aliment préféré est une pâte crue formée d’eau et d’une farine de céréales grillées qu’ils nomment g-oyîo. La plupart de ces hommes, me dit M. B..., vivent strictement degofio, sans toucher au produit de leur pêche qu’ils vendent aux étrangers.

Je ne puis citer tous les faits; mais je termine ce chapitre par le résumé d’un rapport de la Revue anthropologique de i8y2 sur l’alimentation de l’ouvrier agricole en Europe. — Belges, Néerlandais, Irlandais, Écossais, Prussiens, Bavarois, Saxons, Italiens, Espagnols, Russes, Suisses, Turcs, etc., ouvriers du Nord et du Midi, ceux des climats rudes comme ceux.

de la zone tempérée, vivent de pain noir, céréales, pommes deterre, légumes, laitage et fromage. La viande ne paraît guère sur leur table que les jours de fête!...

Ces faits ne suffiront-ils pas ù vous convaincre que le végétarisme est bien le régime de force que je vous avais scientifiquement indiqué !...

JUSTIFICATION E.VPERIMENTALE ET PRATIQUE DU VÉGÉTARISME

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