RÉGIME DE RÉSISTANCE AU FROID
Le corps de l’homme est un admirable transformateur d énergie. J ai montré ce qu il vaut comme moteur. On sait qu’il possède un rendement mécanique supérieur à celui des meilleures machines industrielles si l’on a soin de lui fournir un régime approprié à ses besoins et à sa nature.
Cette force motrice, qui est la manifestation la plus claire de l’énergie, est généralement prise comme mesure de l’intensité vitale.
Aussi importante, plus expressive peut-être au point de vue de la vigueur nutritive, la grandeur de 1 energie calorique révèle
à tout instant la puissante réaction vitale d’un organisme.
Tout le monde sait que le corps de l’homme est chaud. 11 possède et conserve un degré de chaleur déterminé ; il le garde à travers les mille circonstances qui semblent le devoir modifier. Enveloppé de froid ou de chaleur, dans les climats polaires ou tropicaux, à travers les saisons contraires les plus excessives de l’année, l’organisme humain reste fixé à une tem'pérature moyenne deSy». Plus bas, il souff rirait gravement d’une n'éjyression nutritive. bientôt fatale; plus haut, il serait atteint d’une surexcitation fébrile rapidement mortelle.
Toujours soumis à l’inffuence d’un milieu moins chaud que lui, le corps de l’homme résiste donc sans cesse au refroidissement qui le menace ; il apparaît ainsi comme une source thermique dont la puissance, tout autant et mieux peut-être que le mouvement, définit et mesure la grandeur et les qualités énergétiques de la vie. On sait que cette vigueur thermique de résis-
tance au froid n’est pas la même chez tous ; chez la plupart des personnes du monde, toujours frileuses et grelottantes, elle reste très imparfaite et manifestement insuffisante. Les anémiques, les neurasthéniques, beaucoup d’arthritiques et d obèses, les amollis, les vieillards précoces, tous victimes d’une nutrition vicieuse et d’un régime insuffisant, et tous plus ou moins dégénérés, souffrent l’éternelle torture du froid et la crainte trop fondée de succomber sous le choc brutal d’une maladie de refroidissement.
Je me propose dans ce dernier chapitre d’expliquer le mécanisme de la chaleur animale; d’en donner ensuite la source féconde; d’indiquer le régime alimentaire le plus favorable a son complet développement.