Puissance de production de la chaleur
2. L’acte réflexe est le phénomène naturel et incon.scient de réaction et de défense d’un organisme aux influences extérieures. La production de chaleur est précisément réglée ainsi par la dépense, c’est-à-dire par la grandeur du froid extérieur.
provient uniquement de l’énergie alimentaire, et cherchons maintenant quels sont dans notre corps les grands loyers de la chaleur animale.
D’après l’enseignement qui précède, on peut répondre d'emblée, en adoptant la formule d’Arthus : « Seront producteurs de chaleur tous les tissus dans lesquels se font des réactions chimiques; et leur rôle calorifique sera d’autant plus important qu’ils seront le siège de réactions chimiques plus intenses... » Chaque tissu apporte donc sa contribution à la formation de la chaleur générale du corps et intervient ainsi dans la thermogénèse en proportion de son activité. Quant au sang qui circule à travers les organes, il se charge d’égaliser et de répartir la chaleur empruntée à ces divers foyers.
Mais parmi tous les organes, il en est qui semblent avoir le monopole presque exclusif de la calorification; je veux parler des glandes et des muscles, dont nous allons étudier brièvement la remarquable puissance thermique.
Il y a longtemps déjà que Ludwig en Allemagne, Cl. Bernard en France, ont montré que les glandes salivaires sont plus chaudes pendant la sécrétion que lorsqu’elles sont au repos. On sait aussi que le sang qui sort du foie a une température \ pk^. élevée que celui qui y pénètre..^ "
Voici d’ailleurs comment j’ai mis en évidence la force thermogénétique considérable du foie (i).
Un animal est d’abord refroidi de plusieurs degrés dans un bain. On relève par des procédés spéciaux, connu des physiologistes, sa température aux divers points du corps. En suivant ainsi les températures du foie, des muscles, du rectum, de la peau, on constate (tandis que l’animal se réchauffe) que le foie est un des grands foyers de cette réaction thermique : il prodigue la chaleur et contribue ainsi pour une large part à ramener le corps vers sa température normale. Il n’y a pas lieu de s’en étonner. On sait de quelle activité le foie est capable.
Ce foyer n’est pas le seul. Nous en trouvons un autre, plus important encore, dans la masse des organes musculaires qui, même au repos et à l’abri de toute contraction, dégagent une grande quantité de chaleur. — Nous en avons déjà la preuve
I. J. Lkfèvre : Sur le Mécanisme du réchauffement. Journal de Physiologie et de Pathologie générale, 1898. • — ■
dans ce fait connu que le muscle au repos consomme deux ou trois grammes de glucose, par kilogramme et par heure. D’ailleurs, la physiologie expérimentale nous enseigne que, dans la plus complète inaction, les muscles produisent encore 40 pour 100 de la chaleur totale du corps.
Ces faits sont déjà clairs. Cependant, comme pour le foie, j’ai voulu donner la preuve directe de la puissance thermogène des muscles (1).
Un chien refroidi de quelques degrés est maintenu au repos. Tandis qu’il se réchauffe, on voit se produire les violents frissons musculaires, et l’on s’aperçoit alors, parl’e.xamen des températures, que les muscles s-’associent au foie pour exécuter le travail de réaction.
Ces résultats précis se résument dans la conclusion suivante :
Che^ l'animal au l'epos, les muscles et le foie sont les deux grands foyers de la chaleur animale.
Supposons maintenant que l’organisme fasse du travail, en d’autres termes, qu’il fonctionne en moteur. — L’activité générale des organes de nutrition s’exagère : le cœur bat plus énergiquement pour distribuer un sang plus abondant. La respiration s’accroît pour donner une plus forte ration d’oxygène aux combustions agrandies. Les glandes sécrètent plus énergiquement. Le foie active ses transformations afin de suffire à la dépense du sucre qui est le combustible essentiel. Bref, la nutrition profonde s’exalte et la chaleur physiologique (\m la mesure s’exalte avec elle.
Mais ici, c’est surtout au jeu des muscles en activité que revient la grande part dans ledéveloppementde lachaleur animale.
Rappelons ce qui a été dit précédemment au chapitre de la th e rm odynamique.
Produit par le foie, le glucose est distribué aux muscles. Dans le travail mécanique, l’énergie musculaire, empruntée tout entière à ce sucre, se divise en deux parties, à savoir :
1/3 pour le travail extérieur (2);
2/3 pour la chaleur musculaire.