‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 58 sur 60 · oo · texte numérisé non relu

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ment, en abondance, sans fatigue ni surmenage digestif, sans intoxication nutritive, \ccombustible nécessaire, afin de résister victorieusement au froid. C’est à cette importante question d’hygiène pratique que nous allons nous arrêter un instant.

CHOIX DU RÉGIME THERMOGÉNÉTIQUE d’hIVER

Nous savons que les deux grands foyers de la chaleur animale sont les masses musculaire et hépatique. Or, elles sont, l’une et l’adtre, chargées de glucose, de ce glucose que le foie produit sans cesse et qu’il extrait péniblement de la viande dont vous chargez votre organisme. C’éstque véritablement leglucose est le principal et, pour ainsi dire, le vrai' combustible animal, en partie brûlé dans le foie et surtout consumé dans les muscles. Les meilleurs régimes de thermogénèse ou de résistance au froid sont donc ceux qui donnent facilement et rapidement une grande quantité de glucose. Quels sont ces aliments? Quels sont ces régimes ? Nous l’avons déjà dit à propos de l’énergie du moteur animal. Je n’y reviens que pour mieux mettre en lumière la donnée du problème que nous poursuivons et pour mieux vous montrer l’alimentation qu’il faut chercher, celle qu’il faut éviter en hiver.

Passons donc en revue chaque espèce d’aliment :

L’albumine, et particulièrement celle de la viande, ne dégage son potentiel qu’après une laborieuse intervention du foie et en laissant paraître avec l’urée un certain nombre de déchets azotés plus ou moins toxiques. Elle ne donne donc sa chaleur, qu en provoquant le surmenage des organes dige.stifs et hépatiques et en exposant l’organisme aux dangers d’une mauvaise nutrition.

Les graisses ont une valeur thermique deux fois plus grande que celle de la viande; elles se transforment lentement en glucose sans d’ailleurs produire aucun résidu toxique. Elles peuvent ainsi entrer avantageusementdans un régime de longue résistance a.u froid. En réalité, c est aux graisses animales et non a la viande elle-même que les peuples~Bes régions polaires empruntent leur chaleur. Quant a nous, nous trouverons la

même source de chaleur dans le beurre, la crème, les huiles, les fruits oléagineux.

Les matières féculentes n’exigent qu’un travail digestif modéré. Sans fatigue et sans intoxication, elles peuvent donner avec le glucose lui-même une forte quantité de chaleur. Ces matières doivent donc former, dans nos pays où elles abondent, l’une des bases essentielles du régime de résistance au froid.

Le sucre de canne — sucre commun — donne très rapidement du glucose, à la suite d’une facile transformation digestive. Introduit en large proportion dans le régime de résistance, il donnera aisément et presque sûrement la chaleur nécessaire.

Enfin, le glucose lui-même se trouve dans les fruits sucrés. Immédiatement assimilé, avant tout travail digestif, il épargne au foie le surmenage des transformations glycogéniques, et se rend aussitôt aux foyers de combustion de l’organisme.

Le glucose estdoncl’a/fme«/^7;?e de la rapide thermogénèse.

■■EnhÎY£j. le miel,les fruits secs, les compotesetles confitures,enfin les fruits frais de saison fourniront, avec une alimentation saine et légère, des conditions exceptionnelles de résistance au froid.

11 est aisé maintenant de faire l’examen critique des divers régimes dans la saison d’hiver.

Nous supposerons que l’on absorbe déjà sous une forme quelconque la ration commune d’entretien nécessaire à la réparation des pertes et des forces. A cette ration commune d’entretien, s’ajoutera évidemment en hiver, d’une façon plus ou moins consciente, une ration supplémentaire destinée spécialement à lutter contre le froid. Nous prenons pour poids de cette ration supplémentaire le chiffre moyen de 55o grammes, et nous allons chercher la chaleur donnée parce poids d’aliments dans les principaux régimes.

En hiver, une personne vraiment carnivore ab.sorbera, en dehors de sa ration d’entretien, environ 3oo grammes de viande et 25o de pain. Elle y trouvera i.ooo calories supplémentaires, c’est-à-dire une chaleur très insuffisante, puisque l’hiver lui fait perdre au moins deux ou trois fois plus de chaleur q.ue la température mo}'enne des autres saisons, (i).

I. A moins toutefois que l’on ne vive en serre chaude ou caclié sous d’épaisses fourrures, ce qui, je l’ai déjà dit, est contraire à l’ordre physiologique dans nos climats tempérés.

Le semi-carnivore, prétextant qu’il ne sait quoi manger en hiver, fera porter l’accroissement de sa ration principalement sur la viande et très peu sur les légumes, iy5 grammes de viande, j5 de légumes secs (légumineuses) et 200 de pain lui donneront seulement i.i5o calories, c’est-à-dire une quantité de chaleur encore très insuffisante.

Au contraire, avec le même poids de légumes, de pain et de fruits, le végétalien bénéficiera d’un supplément de 2.000 calories, et se trouvera déjà en état, bien que moyennement vêtu, de sulfire aux dépenses de chaleur exigées par l’hiver.

Quant au truitarien, dont le supplément alimentaire de 55o grammes comprendrait 35o grammes de sucre, principalement pris dans les fruits sucrés secs, et 200 grammes de fruits oléagineux, il atteindrait le chiffre énorme de 2.700 calories. — c’est-à-dire une chalqj^r trois fois plus grands que celle qu’obtient le carnivore. — sans surmenage digestif et sans intoxication nutritive. Il aurait .\insi une chaleur assez grande pour affronter sans effort et sans peine les froids les plus durs de nos hivers.

Au total, les régimes anticarnivores tiennent la première place dans une ration supplémentaire d’hiver. — Pauvres en albumine, riches en potentiel sucré, et en matières minérales, ils se laissent absorber en quantité considérable sans que l’on ait à craindre les fermentations toxiques dangereuses, ni les redoutables atteintes de l'arthritisme.

COMMENT l’hiver DEVIENT LA SOURCE COMMUNE DES MALADIES

Je ne voudrais pas terminer cette étude sans montrer au lecteur les conséquences de son régime d'hiver.

L’hiver, j’entends le véritable hiver avec son froid normal, n’est pas la mauvaise saison dont on a coutume de se plaindre.

Mais, pour lutter contre les rigueurs de l’hiver, que faitesvous habituellement? — Ne demandez-vous pas à la viande et presque exclusivement à la viande, cette précieuse chaleur qu’elle ne peut vous donner? Certes, vous en doublez et triplez parfois la dose; et, sans parvenir à vous réchauffer, vous

adoptez quand même un régime qui surmène votre mécanisme nutritif, intoxique vos humeurs et accélère votre déchéance organique. C est pourtant ce carnivorisme aigu de l'hiver qui prive l’organisme de sels nutritifs et vivifiants et demande, par compensation, l’excitation constante des apéritifs, des boi.ssons fortes et de l’eau-de-vie. — Aussi est-ce le carnivorisme d’hiver, bien plus que celui de l’été, que nous devons dénoncer ici.

fin etc, quelles que soient les dépravations de notre goût et les déviations de nos instincts, malgré nos routines et nos préjugés, l’appétit qui reste médiocre se refuse à la consommation des larges rations de chair sanglante et nous tait accepter les primeurs et les fruits. Mais en hiver où les besoins sont grands, où l’appétit se développe, nous croyons être sages en usant cet appétit sur un régime que l’on convient à' fortifiant!... Je n’en donnerai pas le détail; mais je ne crois pas me tromper en affirmant que, pendant 1 hiver, vous ne vivez plus que de rôtis énormes, de gigots, de civets de lièvre, de quartiers de chevreuil, et des gibiers variés dont le prévoyant fusil du chasseur garnit toujours votre table. — Et ce déplorable régime, autrefois compensé par les sages préceptes de l’Église, .se prolonge maintenant a travers le printemps jusqu’aux premières chaleurs d’été.

Vous savez les conséquences de cttlç. débauche àc: viande :

Bien que parfois très gros et de haute couleur, l’homme s’affaiblit rapidement, il devient frileux; sa crainte du froid ne connaît plus de bornes. De la pointe des pieds au sommet de la tête, il s’enveloppe de flanelles, de laine et d’ouate, se chauffant enfin et se surchauffant chez lui nuit et jour sans pour cela cesser d’avoir froid jusqu’aux os et de conserver éternellement les pieds glacés. Et de fait, il est bien devenu la proie du froid, la proie sans résistance de toutes les attaques que l’hiver prodigue.

Ai-je e.xagéré? — Assurément non; car vous savez qu’à cette inertie déjà si grave s’ajoutent rapidement, après les excès d’hiver, les terribles effets du surmenage nutritif, c’est-à-dire l’arthritisme et l’intoxication.

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