‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 59 sur 60 · JUSTIFICATION PRATIQUE DU VÉGÉTARISME DANS LA RÉSISTANCE AU FROID · texte numérisé non relu

JUSTIFICATION PRATIQUE DU VÉGÉTARISME DANS LA RÉSISTANCE AU FROID

J’ai fini, Et pourtant, à la fin de ce travail, il me semble nécessaire de fournil-, par quelques exemples, la preuve matérielle de la vigueur thermogénétique extraordinaire à laquelle peut arriver l’organisme d’un végétarien bien entraîné.

Un sait déjà la force et la puissance de travail des paysans russes et norwégiens. Leur résistance au froid n’est pas moins remarquable puisqu’ils restent pendant plusieurs mois exposés aux températures de — 20 et — 3o degrés. La plupart pourtant ne connaissent guère l’usage de la viande et vivent ordinairement de légumes et de pain noir.

Presque tous végétariens par force, les paysans bavarois, saxons, wurtembergeois, supportent les hivers les plus rudes en ajoutant simplement à leur costume ordinaire une vulgaire chemise de grosse toile.

La résistance du fameux cycliste fruitarien, M. de Vivie, est extraordinaire. Quelque temps qu’il fasse, il dort la fenêtre grande ouverte, tout en se couvrant fort peu. En excursion, il couche presque toujours dans son hamac, e.xcepté aux époques de grand froid ou par les nuits de mauvais temps.

Pour moi, j’ai trouvé dans la diète lacto-végétale et fruitarienne une endurance thermogénétique qui reste et restera une énigme pour ceux qui ne connaissent pas encore les ressources de la chaleur animale.

En hiver, je n’ai jamais souffert d’aller à mes diverses occupations et de sortir sans pardessus, en léger costume d’été ou de demi-saison.

Pendant quatre années consécutives, j’ai supporté facilement les épreuves de réfrigération les plus rudes, à l’époque où j établissais mes fameuses lois de résistance thermique. — Chaque jour, je m imposais deux bains de dix ou quinze minutes dans une masse d’eau refroidie (parfois 2 ou S degrés) avec de la neige ou de la glace !...

Dans 1 intervalle, je me livrais à de multiples occupations professionnelles, subissant, sans me couvrir, les froids quel-

quefois très vifs qui ont sévi pendant l’hiver 1894-1895,

Ce même hiver, je suis resté de longues heures immobile (imis l'eau à des températures comprises entre 7° et i5<>, et j’ai fait mes expériences de bam double qui me transportaient brusquement des températures tièdes aux températures glacées.

Les deux hivers suivants sont ceux où j’ai réalisé mes recherches calorimétriques dans les courants d’air restant nu et immobile dans un calorimètre à ventilation, exposé pendant 3 ou 4 heures au choc de courants glacés et violents !...

J’ai résisté sans peine à tous ces coups, à toutes ces brutales et invraisemblables atteintes du froid. Et pourtant, aux 1 .000 ou i.5oo calories chaque jour dépensées par ces expériences, s’ajoutaient encore les i.5oo calories de résistance au froid de saison, en costume léger, et l’énergie nécessaire au travail commun de la nutrition. A tout cela mon alimentation a largement suffi, parce qu’elle se fondait essentiellement sur les fruits, sur les végétaux et Je lait richement énergétiques, et en général sur l’emploi des matières qui, sans fatigue digestive, dégagent abondamment le combustible vital.

Ma conclusion générale sera celle du précédent chapitre : Ce que nous avons fait, beaucoup d’autres pourraient arriver à le faire, car le végétarisme est le seul régime qui permette, sans surjnenage et à l’abri de toute intoxication, de développer entièrement les forces 7notrices d’un orgatiistne et d’épanouii~ sa puissance de résistance au froid.

Mais, en terminant, je tiens à vous mettre en garde contre une illusion qui pourrait vous décourager dans vos essais de régime. J’ai dit et prouvé que le végétarisme vous procure aisément le coynbustible le plus riche et le plus pur. N’allez pas croire cependant qu’il va vous procurer, à lui seul, cette vigueur musculaire et cette force de résistance au froid dont nous avons donné de remarquables exemples. Il faut en outre développer la puissance trophique (ou nutritive) des tissus et surtout du système nerveux. Et vous n obtiendrez cette puissance que par Ventraînetneni méthodique et par des exercices réguliers d'endurcissement

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