‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 7 sur 60 · LA PHYSIOLOGIE ALIMENTAIRE · texte numérisé non relu

LA PHYSIOLOGIE ALIMENTAIRE

ET

LES DOCTRINES VÉGÉTARIENNES

On venait’ de terminer une discussion sur les régimes alimentaires et les doctrines végétariennes. C’était chez un de mes amis, entre deux trios de Beethoven et de Schumann. Encore que courtoise, I affaire avait été chaude. J’avais cependant réfuté l’une après l’autre toutes les objections présentées, et l’on s’était tu. A bout d’arguments, prêt à se rendre, le maître de maison réfléchissait encore et je suivais curieusement le progrès de .sa pensée, lorsque tout à coup, l’air mécontent et un peu ironique, il me dit avec un haussement d’épaules : « Vous nous supprimez le rôti ! n’est-ce pas ? Eh bien ! c’est absurde ; je vous déclare que ma cuisinière n’abandonnera jamais son rôti! »

Vous avouerai-je que j’attendais presque cette protestation; je connais parfaitement toutes les tyrannies de la mode!... Je sais que pour beaucoup de personnes la question du rôti est une des plus graves de l’existence. Je sais aussi que nos cordons bleus, trônant en leur office, traitent les questions alimentaires comme des académiciens. Certes, je sais tout cela et bien d’autres choses encore. Mais, voyons, trêve de plaisanterie!... Êtesvous, oui ou non, les maîtres chez vous? — Ayant à choisir entre un enseignement scientifique précis et les préjugés de cuisine, abandon nerez-vous le droit chem i n de la vérité et les grands intérêts de la santé, dans la crainte d’être raillés par vos amis les X..., ou dans le but d’éviter un chagrin aux gens de service!

Laissons donc les snobs systématiquement attachés aux idées de convention d’un certain monde. Abandonnons aussi

à leur décourageante inertie ces craintifs et ces indécis qui acceptent le principe d’une réforme sans en jamais admettre les conclusions pratiques.

Nous devons, en toute sagesse, croire fermement à la vérité démontrée. Restant au-dessus de toute mesquine préoccupation, demandons à l’expérience physiologique et à l’analyse physico-chimique bien conduite de résoudre l’importa<it et difficile problème des régimes alimentaires. Tout en découvrant ainsi la source, la nature et le rôle e.xact des aliments, nous serons amenés à conclure — ainsi que je l’ai précédem-: ment annoncé à mes lecteurs — que, résumant au plus haut degré toutes les qualités essentielles de l’alimentation physiologique, le régime végétarien est véritablement adéquat aux besoins de l’organisme, au parfait et harmonieux épanouissement de ses forces et de sa santé.

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