‹ Examens analytique et tableau comparatif des synchronismes de l'histoire des temps héroïques de la GrèceChapitre 10 sur 80 · IV. 4 S · texte numérisé non relu

IV. 4 S

M. xix . 34.

Pattutn. IX , t*p. XXXI.

« On donna audience aux députés de Lacédémone » et de Messène, qui se disputoient la possession du » temple de Diane Limnatide. Les Lacédémoniens » prétendoient qu’il avoit été dédié parleurs ancêtres, » sur leur propre territoire ; et ils produisoient en » témoignage les textes de leurs annales et de leurs » cantiques sacrés. Les Messéniens produisoient de » leur côté l’ancien partage du Péloponnèse entre les » descendans d’Hercule, partage par lequel le champ » de Denthélie, où se trouve le temple, étoit échu à » I un de leurs rois. Cet acte étoit gravé sur d'anciens » monumens de pierre et d'airain encore sur pied. Oïl » décida en faveur de Messène. » •

Si l’histoire de la fondation d’un temple fut constatée contradictoirement, il y a dix-huit cents ans, par le témoignage d’inscriptions reconnues pour originales , et comme ayant alors onze cents ans d’antiquité, qui pourra douter qu’il ait existé aJors même d’autres monumens de siècles plus anciens, et surtout des sources bien plus importantes de l’histoire sommaire, telles que les généalogies royales et les suites des dynasties! Il me paroît très-probable que dans la haute antiquité les inscriptions ont été d’abord gravées sur des lames de plomb ; Job fait allusion à cet usage, et Pausanias en cite un exemple.

Il faut donc repousser l’opinion qui réduiroit les

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premiers temps de l’histoire grecque à de simples traditions orales et fugitives, quand tout paroît prouver, au contraire , que les chroniqueurs du vi.* siècle ont copié, dans les temples, les monumens de l’histoire, accompagnés des mêmes notes chronologiques dont les listes étoient marquées nécessairement nom par nom, et fait parfait, dans l’ordre des temps réglés suivant la succession des sacerdoces. C’est encore Denys d’Haiicarnasse qui nous le fait connoîtrc, lorsqu’en continuant de critiquer Thucydide , il désapprouve surtout la méthode suivie par ce dernier, de ranger ses narrations sous la répartition bizarre de saison d’été et de saison d’hiver.

«Thucydide, dit cet historien, n’a point partagé » son Histoire suivant l’ordre des lieux où les événe- » mens se sont passés, comme l’avoient fait Hérodote , » Hellanicus et quelques-uns des historiens quiavoient » écrit avant celui-ci. Il n’a pas non plus suivi l’ordre » des temps, selon la méthode qu’ont tenue ceux qui » ont publié des histoires locales , et réglé leurs nar- » rations , soit d'après les successions des rois ou des » prêtres, soit d’après les olympiades ou les magis- » tratures annuelles. »

Ce sont surtout les dernières lignes de ce texte dont l’explication est ici importante : car ce morceau suit trop immédiatement celui que j’ai rapporté plus

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haut en entier, pour qu’on ne comprenne pas aussitôt qu’en spécifiant les histoires locales , Denys a voulu parler de celles dont les chroniqueurs du vi. e siècle avoient publié les copies, et nous apprendre par conséquent quelle étoit la division des temps dont on faisoit le plus anciennement usage. Pour le prouver aussi directement qu'il est possible , je sépare à dessein trois d’entre ceux dont Denys d’Halicarnasse a fait plus haut l’énumération , savoir, Acusilas d’Argos, Hellanicus de Lesbos , et Damaste de Sigée , et j’ajouterai Phérécyde, que Cicéron a nommé comme auteur aussi du même temps. Ce petit nombre de chroniqueurs suffira pour montrer que la nature des histoires qu’ils ont écrites , ne pouvoit se prêter à d’autre division méthodique que celle des successions des règnes et des sacerdoces.

En effet, tous les fragmens qui nous restent des chroniques d’ Acusilas ont été rassemblés, et il est aisé de voir qu’aucun ne traite d’un seul fait qui ne concerne des temps antérieurs à la guerre de Troie, il est donc naturel d’en conclure qu’étant connu pour avoir publié les généalogies d’Argos , d’après le monument que son père avoit déterré, Acusilas n’en a pu déterminer les dates que d’après celles des sacerdoces et des règnes. La connoissance de la division des temps que Damaste de Sigée a dû employer dans

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son ouvrage , ressort également du sujet même de son travail. Suidas nous apprend que Damaste avoh composé deux livres sur les généalogies des ancêtres de ceux qui avoient combattu à la guerre de Troie; et comme il n’y pouvoit être question que de degrés ascendans, l’historien étoit donc nécessairement remonté vers les origines des dynasties anciennes : mais, comme au temps déterminé par le titre même du travail de Damaste il ne pouvoit encore être question ni d’archontats ni d’olympiades, il est évident que Denys d’Halicarnasse avoit en vue ce généalogiste en parlant de ceux qui assujettissoient leurs chroniques à des successions de règnes et de sacerdoces.

Parmi les quatre-vingt-un fragmens auxquels se réduit à présent ce qui s’est conservé des généalogies grecques publiées par Phérécyde , on n’en trouve qu’un seul qui descende jusqu’au temps des olympiades. C’est la généalogie de Miltiade, dont il avoit fait remonter les ancêtres jusqu’à Ajax , petit-fils d’Æacus. Cet exemple nous explique bien ce que Denys d’Halicamasse dit en parlant des auteurs des histoires locales , et l’ordre dans lequel Phérécyde, l’un des chroniqueurs , avoit remonté jusqu’à Æacus, en suivant progressivement les divisions de temps propres à chaque période différente ; mais , parvenu au-delà de la guerre de Troie , à plus forte raison

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