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dt Cycl. 804.
n’a-t-il pu régler que d’aprcs les successions des règnes et des sacerdoces toutes les généalogies des rois d’Argos et d’Arcadie. Or, ainsi que les chroniqueurs du vi. e siècle , comme il n’avoit été que le copiste des monumens des temples, il falloir donc que ces dates de sacerdoces et de règnes en aient accompagné les listes originales.
Examinons maintenant à quel degré d’exactitude pouvoient être portés les calculs des anciens, d’après l’emploi de ces moyens.
Le plus ancien sacerdoce marqué dans l’histoire grecque, est celui d lo CaJIithyia, première prêtresse de Junon à Argos, et, suivant les connexions généalogiques, ce sacerdoce se rapporte à l’an 1650 avant J. C. Celui d’Hypermnestre remonte à l’an 1510; celui d’Alcyoné, à 1320; celui d’Admeta, à 1270; enfin celui de Cailisto , qui ne nous est connu que par un fragment des Mithomiriques de Tzetzès, date de l’année même du sac de Troie. Ces dates, distribuées presque de siècle en siècle , dans la suite des règnes d’Argos, sont les seules de ce genre que le temps ait respectées; mais on peut juger, d’après ces exemples, comment, en se combinant avec les successions de règnes , les suites alors complètes des sacerdoces devoienttrouverdans ces mêmes successions des moyens de contre-épreuve, qui suffisoient, sinon pour amener
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les dates à une exactitude égale à celle que nous obtenons à présent par des calculs plus rigoureux , du moins pour jeter un grand jour sur la connoissance de ces temps reculés.
Ces prétresses avoient chacune leur statue dans l’enceinte de I Herœum d’Argos , et le même usage avoit lieu dans les villes qui la reconnoissoicnt pour métropole ; témoin la ville d’Hermioné, fondée par un fils de Phoronée : elles étoicnt représentées 'assises, et probablement l'époque de leur sacerdoce étoit gravée sur leur siège. Une découverte récemment faite à Khamnus en Attiquc nous apprend qu’à la porte de la cella du temple de Némésis ou de Thémis, on a trouvé à droite et à gauche , sous le portique, deux sièges de marbre sur les dossiers desquels se lisoient séparément les noms du prêtre Philostrate et de la prêtresse Cailisto. On vient encore de retrouver à Priène douze statues de prêtres assis. Enfin la découverte, faite par Fourmont , des marbres d’Amycles , fait connoître qu’indépendamment de ces moyens les anciens Grecs réunissoient sur un seul et même marbre des séries entières de sacerdoces avec les années de leur durée à la suite de chaque nom; et voilà sans doute les monumens que les chroniqueurs du vi. c siècle avant J. C., et Polémon au ni.', avoient littéralement copiés.
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a m. XXIII, p.
s 8 DISCOURS
On voit ainsi continuer i’usage de calculer les temps par ce moyen, depuis le sacerdoce d’Io Cailithyia jusqu’au temps d’Héraclide de Pont , qui régloit encore de meme sa chronique des musiciens de Sicyone. Timée se servoit de ce moyen de calcul l’an 264 ou 2 y 4 avant notre ère, et précisément à la même année où se terminent pour nous les Marbres de Paros , dont les dernières époques manquent.
Il résulte donc des quatre-vingt-un fragmens de Phérécyde , qu’il avoit mis en ordre la série non interrompue des descendans, par diverses branches, d’Inachus , premier roi d’Argos , depuis Æzéus et Phoronée jusqu’à Agapénor , contemporain de la guerre de Troie. Nous savons d’autre part qu’il avoit conduit jusqu’à Miltiade la ligne de ses ancêtres depuis Æacus, père de Télamon. Or ces deux séries embranchées l’une avec l’autre par la coïncidence du synchronisme d'Alcæus, père d’Amphitryon, comprenoient un espace de treize cent soixante-quatre ans, dont sept cent vingt -un ans n’avoient pu être réglés que par les sacerdoces et les règnes , lorsqu’il n’existoitpas d’archontats. Des citations tirées d’Hellanicus, de Thucydide et de Timée , qui nous ont transmis des dates réglées d’après les sacerdoces , depuis Io Callithyia, l'an 1679, jusqu’à l’an 264 avant notre ère, prouvent qu’on avoit sous les yeux une échelle
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de faits suivis qui remplissoit un espace de quatorze cent quinze ans. Enfin la copie des marbres d’Amycles nous a fait connoitre une liste de prêtresses qui comprend un espace de plus de huit cents ans, à partir d’Amycias , dont la naissance datoit de l’an 1 460 avant notre ère.
En voilà bien assez pour montrer la continuité et l’abondance des moyens que les anciens avoient à leur disposition pour éprouver les dates de leur histoire, à partir des temps les plus reculés; et maintenant, pour concevoir une idée de l’exactitude et de la sûreté de ces moyens , il suffit d’en connoître l’exemple suivant. Timée qui précéda Hipparquc d’un siècle et demi, n’avoit mis en usage pour sa chronologie que des généalogies, des suites de règnes et de sacerdoces, et néanmoins il ctoit parvenu au point de relever dans les archives publiques des anachronismes de trois mois qui avoient été commis faute d’avoir eu égard aux différences du commencement des années civiles dans chaque localité.
Lorsqu’en 1 595 Scaliger publia son grand ouvrage De emendatione temporum , il n’avoit aucune connoissance des marbres de Paros , dont la première copie ne parut qu’en 1628. Le premier soin des savans qui suivirent l’époque de cette découverte, fut d’en comparer les dates avec celles qui résultoient du système
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particulier qu’ils se faisoient suivant la question qu’ils avoient à traiter ; et comme le monument ne s’accordoit pas toujours avec des conjectures formées pour le besoin du moment, et fondées sur des bases toujours hypothétiques, la chronique de Paros, examinée par partie , et jamais comparée dans son ensemble , fut diversement appréciée par ceux qui croyoient ne devoir la considérer que comme le système particulier d’un chronologiste inconnu.
Cette chronique avoit etc précédée dans la même ile par celle d’Eudémon, cité, dans l’énumération de Denys d'Halicarnasse, parmi les chroniqueurs du vi.* siècle, et il me paroît que le monument anonyme des marbres qui ont été déterrés de notre temps n’est peut-être que la chronique d’Eudémon , continuée et restituée. On peut du moins observer, à l’appui de cette conjecture , que les observations physiques et astronomiques n’y commencent qu’à l’an 479; ce qui paroît indiquer un changement de rédaction et de système, à l’époque même à laquelle Eudémon a pu cesser de vivre. C’est à peu près à la même date où l’inscription marque une éruption de l’Etna, qu’appartient Empédocle, le premier connu pour avoir fait des observations sur ce genre de phénomènes physiques.
C’est donc ici pour (a première fois que paroît
une partie de cette chronique, dans son état de corn paraison avec tout ce qui résulte des généalogies et des règnes confrontés de l'histoire grecque durant l'espace de trois cent quatre-vingt-quatre ans , en deçà desquels je n’étends pas mes parallèles. L’accord continuel de ce monument avec la chronologie entière nous est promis par celui de nos académiciens qui se montre le plus versé dans ces matières.
Mais, pour atteindre au seul but que je me suis proposé en dressant un Tableau simplement synchronique , il a dû me suffire de lui donner pour base chronologique l’époque de la prise de Troie, quelle que soit l’année à laquelle on en ait fixé la date fondamentale dans les divers systèmes. Si j’ai donné la préférence à celui de M. Saint-Martin , qui la fixe à l’an i 1 99 avant notre ère, en années réduites, c’est qu’indépendamment des raisons savantes que notre académicien donnera de la réduction de dix ans qui doit s’exercer et se répartir sur la totalité des deux colonnes chronologiques de mon Tableau , cette réduction cadre bien avec l’intention continuelle que j’ai de laisser à la date approximative de chaque fait une latitude égale de dix ans.