‹ Excentricités américainesChapitre 8 sur 13 · PICCOLOMINI · texte numérisé non relu

PICCOLOMINI

(( Celte artiste de talent, que les citoyens de la Nouvelle-Orléans ont eu l'occasion d'entendre

dernièrement, a trouvé, d'après ce qui nous a été dit, que notre climat nuisait à sa voix. Les pluies abondantes que nous avons eues pendant plusieurs mois doivent avoir eu cet effet. Nous apprenons qu'une seule chose lui a fait du bien, et nous ne voyons pas pourquoi il n'en serait pas de même avec d'autres personnes. Nous voulons parler des American aromatic bitters, dans lesquels nous avons une confiance sans bornes, et qui conviennent surtout aux dames. Nous sommes heureux de signaler cette excellente préparation à la plus belle moitié du genre humain. A vendre chez, etc. »

Au moment de la pose du cable transatlantique, on se souvient que ce cable fut inauguré par un échange de dépêches entre la reine Victoria et le |)résident Buchanan, les deux seules dépèches (ju'il ait jamais transmises. Abusant ou profitant, comme, on voudra, de l'émotion causée par cet événement, un autre pharmacien publia , sous forme de dépêche, l'annonce suivante, qui nous a paru être le comble de l'audace :

u Seconde dépêche de la reine.

« Londres, 17 août 1858.

(i Cher vieux Biichanan, le prince Albert est souffrant d'une grave attaque de kings evil; le prince de Galles est au lit avec le royal itch ; notre propre personne est atteinte d'indian scores. M. Dallas m'informe que V Oriental life, liniment de Porter, est un remède cerlain pour ces maladies. Achetez-m'en, je vous prie, une provision, et adressez-la-moi par le premier steamer; vous obligerez votre amie,

» VICTORIA, reine. »

Aucun journal ne s'arrêta devant l'irrévérence d'une pareille spéculation, dont toute l'importance était dans le titre : Seconde dépêche, et dans la signature de la reine Victoria, imprimée en gros caractères.

Je n'en finirais pas de citer. Les spécimens que je viens de donner suffisent à faire comprendre le côté excentrique des annonces qui font la fortune des journaux américains, en enlevant à ceux-ci le caractère sérieux de leur mission.

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