‹ Excursion à Bou-Saada et M'Sila. Racontée par de Galland, illustréeChapitre 10 sur 28 · BOU-SAADA. LA KOUBA, LE FORT ET LA VILLE · texte numérisé non relu

BOU-SAADA. LA KOUBA, LE FORT ET LA VILLE

Après avoir dépassé l'éperon du djebel el Bathen, nous arrivâmes enfin sur les dunes qui s'étendent devant Bou-Saâda, et l'oasis nous apparut dans la magie d'une cité de rêve.

sujets que l'on ne doit effleurer que des lèvres. Nous fîmes mieux : le café fut effleuré et même absorbé. La foi sauve ! Des félicitations et des remerciements furent prodigués à la piquante Ascension dont la belle humeur égayé la tristesse du caravansérail.

A partir d'Aïn-Kerman, on franchit un petit désert où, entre les pierres et les éboulis de rochers, poussent à foison des roses de Jéricho qui s'épanouissent subitement sous l'influence de l'humidité. A cette solitude d'une grande mélancolie je donnerai le nom de désert de la " tortue " à cause d'une roche qui a l'apparence d'une gigantesque carapace.

Quelques instants après, nous sortions de cette nature désolée, de ces mamelons et de ces collines, pour aboutir à la plaine et contourner le massif montagneux des oulad Sidi-Brahim. Par un contraste subit, le décor se développa dans toute sa splendeur.

A droite s'élèvent des montagnes presque parallèles, s'allongeant de l'ouest à l'est. Le sommet en est constitué par une surface plane soutenue par des murailles rocheuses semblables à des remparts. L'une d'elles, isolée, de forme presque rectangulaire, s'appelle " le billard du colonel Pein."

Apres avoir dépasse l'éperon du djebel El-Bathen, nous arivâmes enfin sur les dunes qui s'étendent devant Bou-Saâda, et l'oasis nous apparut dans la magie d'une cité de rêve. D'Aïn-Hadjel à Bou-Saàda nous avions franchi 70 kilomètres. Rien, je crois, ne saurait rendre des sensations qui deviennent si subtiles et si affinées, que le coloris des mots ne les peut traduire ni peindre.

La dune, couleur d'or vierge, s'élève en monticules, s'épand en nappes, se dresse en petite- vagues, et semble défendre l'accès d'une ville sacrée, protégée d'autre part par les parois rocheuses déjà teintées de rose.

Sur les palmiers, sur les maisons flottaient des fumées bleuâtres, et toute cette nature semblait être imprégnée de mélancolie douce, dans un recueillement de prière.

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