‹ Excursion à Bou-Saada et M'Sila. Racontée par de Galland, illustréeChapitre 15 sur 28 · L'OASIS ET L'OUED BOU-SAÂDA · texte numérisé non relu

L'OASIS ET L'OUED BOU-SAÂDA

La ville est complétée par l'oasis qui en est le charme et la parure. L'oasis, qui a une superficie de 140 hectares environ, est complantée de S, 000 palmiers et d'une multitude d'arbres fruitiers. Elle est divisée en un grand nombre de jardins clos de murs et irrigués par des ruisseaux dérivés de l'oued Bou-Saâda. Vue de haut, cette masse de verdure s'éployant en palmes dentelées est assurément imposante; mais je préfère à cette agglomération trop dense le palmier isole qui s'élève prés d'une kouba blanche. Lorsqu'il est seul, en son cadre, l'arbre s'érige et s'infléchit avec toute sa majesté

et sa mélancolie.

Bien qu'ils soient abondamment pourvus d'eau. Ks palmiers de Bou-Saâda ne produisent que des dattes inférieures.

Tous ces jardins, par leur fraîcheur, forment, avec l'aridité de la dune, un contraste violent. Les cultures y sont très variées: les vignes grimpantes, qui enveloppent les arbres de leurs lianes vigoureuses, ressemblent à de gros serpents: les figuiers, de belle structure, y étalent leurs branches de ton si fin et leurs larges feuilles au milieu des abricotiers et des pêchers: les grenadiers y poussent parmi les orangers et les citronniers. Entre les branches on voil des crânes de béliers ou de taureaux pour écarter le mauvais oeil. A côté des arbres fruitiers, la culture maraîchère a une large place dans ces jardins qui produisent toute- sortes de légumes, ainsi que du blé, de l'orge et du maïs.

Sans la rivière. Bou-Saâda n'existerait pas. Sur ses bords les premiers errants se sont désaltères et ont plante leur- tentes: -ur se- rives le Saharien s'est arrêté avec son chameau chargé du baldaquin où la femme se dérobe aux regards. C'esl d'elle que les traditions et les légendes sont nées. Au

milieu de la tristesse et de l'aridité des solitudes, le n ade épuise, en apercevant ses méandres

argentés, recouvre les forces et le courage. C'est elle enfin qui apporte au sol la fertilité, et la vie aux hi imrnes.

La rivière descend des mont- des oulad Naïl ; dans son parcours à travers les montagnes, elle

ur des grès rouges, sur des ardoises violettes donl elle avive les tons. A El-Hamel, elle'met,

à côté de l'austérité de la zaouïa, la joie de ses rives où poussent des lauriers-roses colorés comme

utu chair de vierge. In peu plus loin, elle fait tourner un moulin; puis, elle entre à Bou-Saâda,

dan- le prestige d'un décor incomparable, avec tout le chatoiemenl des couleurs.

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