LE HODNA
Il faut <lire adieu à Bou-Saâda, pour faire la traversée du Hodna et aboutir à M'Sila. On nous a représenté cette partie de notre excursion sous des couleurs assez tristes : 70 kilomètres à franchir à travers une plaine desséchée, ••sans un arbre, sans un accident de terrain, sans rien pour récréer la 'vue! • • • Au départ, du sable dans lequel enfonceront vos carrioles et d'où ne pourront vous tirer "vos méchantes rosses . . . au milieu du Hodna, vous serez pris dans des terres argileuses détrempées "par la pluie. . . . (Y ne sera qu'ennui, énervement, lassitude."
- fâcheux pronostics ne se réalisèrent point; et, en dépit de la longueur du trajet, chacun se félicita d'avoir vu un des plus beaux et 'les plus rare- spectacles qui -oient au monde, le mirage dans toute sa splendeur; indépendamment de l'intérêt géographique qui, pour les spécialistes, s'attache à cette région.
Pour donner satisfaction aux géographes, quelques renseignements sommaires sur le Hodna: 1 le nom que l'on donne à une vaste plaine, qui est comprise, dan- le département de Constantine, entre les dernière- peut.- des montagnes des oulad Naïl et du Zab au sud et le massif du Hodna et du Rira au nord.
Le fond de ce bassin, à 400 mètre- d'altitude, est occupe par une cuvett< centrale, longue et étroite, qui s'étend dans la direction de l'ouest à l'est, sur une longueur de 70 kilomètres, sur une largeur de 25 kilomètres.
La flore des dunes qui entourenl la sebkhat du Hodna. sans être très variée, comprend cependant, un certain nombre d'espèces, dont voici les nom- arabes et scientifiques:
Guettaf Atriplex halimus.
Chih Artemisia herba alba.
Alfa Stipa tenaeis-ima.
Drinn Aristida pungens.
Senrah (variété de jonc) Lygeum spartum. Belbal (salsoKei Anabasis articulata
Hadd (que mandent les chameaux) Cornulaca monochanta. Tarfa Tamarix articulata.
Mekerba (valérian. Scabiosa camelorum.
Diss Ampelodesmos tenax.
Retem Rétama retem.
Neçi Aristida plumosa.