‹ Excursion à Bou-Saada et M'Sila. Racontée par de Galland, illustréeChapitre 27 sur 28 · MOSQUÉE DE BOU DJEMLIN · texte numérisé non relu

MOSQUÉE DE BOU DJEMLIN

La mosquée apparaît grandiose dans sa simplicité et son archaïsme

ïlrs* IRauûa^ ïirinruratt, a rrabrrs" 1rs agcs îians Itinnirnsitr ïfr la jilattif s'tlrnnrus'r, rommc 1rs, rrmaignagr£ ïrr la brnrratt'tm Bré tïirlrs" pour Tcui-sf niarabnuts'.

La mosquée apparaît grandiose dans sa simplicité et son archaïsme. Le plafond, composé de poutres transversales en genévrier et en thuya, est soutenu par des colonnes aux chapiteaux effrités par les ans. Ce premier sanctuaire de la cité naissante est bien un lieu de prière.

La mosquée de Si Omar ben Abid fut détruite, en 1885, par un tremblement de terre. Elle a été remplacée par une vilaine construction moderne, sans style, à l'aide d'une subvention allouée par le gouvernement. Dans la cour de cette mosquée on remarque des colonnes en pierre dont le chapiteau est constitué par deux rondins parallèles qui rappellent les supports en bois des constructions primitives.

La mosquée de Kherbat-Tellis, également détruite en 1SS5, a été réédifiée en 1S97. Bon Tellis (l'homme au sac) n'est pas le seul à être vénéré en cet oratoire. Un vieil Arabe nous apprit, en effet, qu'un autre marabout, Si Amar bon Djemaa, y est aussi l'objet d'un certain culte. Ce qui fut pour me surprendre ; car Sidi bou Djemaa, originaire de la montagne des Nara, vécut et mourut à Tlemcen où tous les musulmans ont conservé son souvenir. D'abord berger, il entendit la voix de Dieu, devint son ouali et s'absorba dans l'extase, dans 1' "âcheuk." Il s'était installé sur une pierre à la porte d' El-Guechout ; et là, sans jamais bouger, pareil à un fakir de l'Inde, il vécut des aumônes et de la libéralité des passants.

La mosquée de Kherbat-Tellis, à défaut d'autres avantages, a un minaret dans lequel on ne peut se hisser qu'en rampant, mais d'où l'on a une vue admirable. Ce sont d'abord les monts voisins découpés en molles ondulations violettes avec des taches de lumière et d'ombre; la plaine de M'Sila parsemée de dômes ovoïdes, s'élevant sur des cubes ; et toutes ces koubas demeurent, à travers les âges, comme les témoignages de la vénération des fidèles pour leurs marabouts. S'il m'est permis d'exprimer un vœu, je souhaiterais que le gouvernement veillât à l'entretien de ces vieux monuments et de tous ces vestiges si intéressants.

De l'autre côté s'étend, en teintes graduées jusqu'aux brumes légères de l'horizon, le Hodna qui s'estompe déjà dans les tons opalins d'un coucher de soleil.

Page 1