‹ Excursion dans l'Amérique du Sud: esquisses et souvenirsChapitre 16 sur 27 · LU · texte numérisé non relu

LU

Arrête sur des plage^ lointaines , que le voyageur s'e'tonne et reste e'merveille' des phénomènes de la nature , il est toutefois d'autres sentiments qui suspendent son attention, Ayide de considérer les traits car^tçristiques des hommes qui se pressent sur sa route , leur phy^sipnomie générale est pour lui comme tine légende, qu'il êp piaf t à consulter : ce ne sont , il est vrai , ni des documents , ni des traditions certaines ; mais, s'il est des souvenirs f^i^i le préoccupent, il cherche leur trace daas l'oeil d'un grec moderne , ou sur le front élevé 4t& nouvel habi^^t des rives du Tibre^

LHL

Mais la dégradation, souvent, prête à ces visages, tïft dont le type primitif révèle encore l'élévation et les

hautes pensées , le calme d'une immobile indifférence ou les traits contractés d'une servilité prolongée. Telle chose qui puisse être , on aime cependant à retrouver ,' dans le farouche africain

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4tt Caire , cet œil oblong et ce visage olirâire qiJ4^ noas avon^ vu »i soaveot se découvrir sons les bandelettes aromatisées des momies qui peuplent depuis des siècles, et rancienne Thèbes , et ces cités opulentes qui virent couler le Nil dai]ts leurs murs. Pourquoi le même sort ne serait-il pas réservé à des hommes d'une origine commune j pourquoi ne seraient-ils pas les émules de leurs p^res ?

Que de fols ces réflexions se présentent eu parcourant les plaines nouvellement affranchies de l'Amérique 1 Que de fois aussi j'ai cherché la Gorélation que j'aurais voulu trouver entre la physionomie des habitants et les phénomènes que j'admirais ; mais , ni les rapports les plus éloignés , ni l'observation la plus subtile ne sauraient assurer que la fortune des naturels sera aussi grande que les phénomènes sont imposants ou majestueux. Ici, c'est tantôt la physionomie sauvage des Tartares , tantôt celle des Asiatiques ou de l'habitant de l'Arabie ; là p l'œil et le regard de l'Espagnol ; plus loin ^ l'attitiide de l'Africain et la couleur foncée de l'habitant de l'Ethiopie. Ne cherchez , dans cette confusion , ni un trait , ni un caractère national : tous- se sont effacés dans le mélange des couleurs ; ce

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n'est que fortuitement qu'on retrôuye, à Fan, la candeur de l'indien ; à l'autre » la fierté des anciens naturels.

Combien plus poignantes sont ces piémes idées y lorsqu'on a gravi les paramos et que l'on considère la neige qui couvre la tête des andes , en s'étendant sur leurs flancs comme un vaste tapis , dont la blancheur n'est interrompue que par les pics sourcilleux de quelques roches noirâtres* — Qui saurait résister it un tel spectacle^ et repousser le frisson dont on se sent glacé en voyant toute la nature comme enveloppée d'un drap mortuaire , et pareille à un cadavre dont les extrémités percent le linceul qui l'enveloppe.. • Çà et là , cependant , paraissent quelques ais en croix. Ce sont autant de victimes que l'ouragan k frappées de mort. Le frailecon , seule plante de ces lieux , fleurit à leurs pieds. Sa tige est d'un noir foncé , sa corolle d'un jaune éclatant : on dirait une torche funèbre.... La nature aurait-elle ses émotions et ses moments de pitié!!

Mais cette même croix , ce signe de miséri-

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corde, à décoré la. plaine comme il décore aujourd'hui le sommet du Sérinsa. Destiné à protéger le faible , il ne désigna non plus alors que des victimes. Celait dans «les jours où l'Espagnol cherchait à étendre sa puissance ; tout avait été dévoué à la mort ; les temples furent désignés comme un lieu de merci et de pardon.... O double perfidie de l'homme et du chrétien ! la plus infernale machination se ca«^ chait sous le signe du rédempteur ; quand les églises furent ouvertes , la maison du pasteur avait déjà ses retranchements ; cet asile de la paix 9 cette autre bergerie fut le lieu où le^ victimes devaient être égorgées....

Lvn.

Laissons couler nos pleurs , car le sang a partout inondé la terre, et , si nous devons nous étonner , c'est de ne point trouver des fleuves dont les eaux en soient restées rougi es...* Quelle était ma méprise en croyant n'avoir à observer que les sites agrestes de la Cordillière ; ne suis- je pas à Boyaca. C'est encore une arène ensanglantée , un lieu consacré par le génie des révolutions , un champ de deuil , où il eut ses hécatombes et ses victimes.... C'est ici que les pasteur sauv^geç de Gasanare se sont mesurés

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