‹ Excursion dans l'Amérique du Sud: esquisses et souvenirsChapitre 19 sur 27 · Utiiriqtt^ in Bub · texte numérisé non relu

Utiiriqtt^ in Bub

Cent fait goûter avec la légère émotion an trouble.

Si tu n'eus pas le bonheur d'arriver k cette profonde persuasion de ce que la pensée a de plus auguste» Quand le hasard, jeune adolescent , te fera entendre, dans la bouche d'un de tes compagnons d'âge , une parole de retenue , mêlée 4 l'expression ravissante d'un amour pénétrant , prête une oreille attentive et goûte cette joie indicible qu'il n'a pas été donné à tous les hommes de connaître. Adjoins à cette joie un sentiment de reconnaissance pour celui qui pro-fessera de tels principes , et n'aie garde de repousser l'influence persuasive de ses paroles. Celui-là est un ami sûr ; il a la force et la pureté.

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Je connus aussi une puissance capable de m'inspirer cette retenue. Hélas ! elle fut comme l'idole devant laquelle se consuma le feu de ma jeunesse. Une main barbare vint troubler mon culte , et j'ai vu le temple s'écrouler sur luimême.

O toi y qui parcours ces lignes , pour prix de mes soins ^ mêle une de tes larmes aux tor^

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rents de pleurs que je verse incontinent. Permets que j'épanche dans ton sein mon cœur obsède de souvenirs; et, m'aidant à disputer k la mort une dernière illusion , regarde avec moi cette e'toile que je vois briller sur un fond d'azur, suis sa lumière oscillante.... N'est-ce pas l'image de celle que j'ai perdue , le feu caressant de son œil quand il me transmettait les agitations de son âme.... Mais elle n'est plus y et cette lumière tremblante , qui s'agite à la surface des eaux, n'est que l'emblème du souvenir qui doit s'effacer lui-même.

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O doux souvenir , tu répands cependant sur les longues périodes cette lueur paisible qui adoucit tout ce que la mort a de hideux et de pénible. Oui, je te révère, sentiment indéfinissable f affection triste et mélancolique , pâle lumière du passé , nouvel amour qui s'entretient de larmes , de douleurs et d'espérances. Gomme le feu du ciel , qui féconde la terre et réchauffe son sein , tu appaises aussi les angoisses de l'âme et tu rends à celle-ci sa force et son activité.

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Déjà Tdâtte du jour avait parcouru les trois quarts de sa course annuelle, et ses bienfaits s'étaient répandus Sur la terre où germe For. Les nombreux descendants de Manco , les yeux tournes vers l'occident , épiaient le moment où brillerait , au milieu de 1â Toûte enflammée du soir, le disque argentë du nouveau croissant. Telle brille aussi la lame arquée qu*un artiste a 6xée au sommet d'une flèche , de laquelle tombent des draperies de pourpre , que des vierges viennent tirer sur la couche nuptiale d'un époux heureux, au moment où il va se soustraire aux regards de la multitude.

Toute la cité sainte s'inspire d^un pieux recueillement. Les Incas se pressent en foule datis 1* maison sacrée du" soleil , et chaque

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habitant de Cusco se dispose , par la prière , à la solennité qm doit commencer an prochain lever de l'astre du jour. Les vierges choisies , retirées dans le réduit myste'rieux , où s'exhale leur amour pour Fe'poux divin qu'elles honorent, attendent l'heure où , proce'dant aux détails de la cérémonie 9 elles commenceront leurs chants pour demander à Pachamac l'invisible , que les maux qui affligent l'humanité soient écartés de l'empire. »

i( Par ordre suprême ^ én^tné de la bouche auguste du grand -prêtre, oi^çle de Vlnca royal, et du plus pur sang des descendants du soleil, l'austérité sévère du Cad a. été décrétée. Quelque peu de maïs torréfié sou^ la cendre, et les feuilles amëres d'uue plante herbacée, dont Tépice est mitigée par le sel , doivent être la seule nourriture du peuple péruvien, d'un soleil à l'autre. — Conduites de leur demeure au templje, les chastes épouses du dieu de la Lumière ont tendu le lieu saint en tentures tissées de leur9 propres mains, et où brillent l'or et les plumes éclatantes de l'oiseau sacré qui erre sur le bord des lacs. »

ce Deux agneaux, blancs comme la wi|e et

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yemis de la- môme portée , ont été remis , par les viergesi choisies, au collège des prêtres, après que leur toison a été latvée à l'eau courante d'une source vive qui jaillit au milieu du temple et retombe dans uu bassin d'or massif. En rentrant dans leur demeure elles se sont inclinées sous ]a voûte d'un i arc-en-ciel , ;6guré :par des bandes de métal poli., sur lesquelles des couleurs , heureusenpient fondues , s'animçi[tt d'une . t^ransparence ardente. Elles ont aussi heprté les. portes d'argent àç la, ^emeur^^fi^Çj leur mèr^, épouse céleste d^n soleil , et ont adressé^ leur prière à Chasca (^a) la chevelue ^^^^qui est, .au firma*menlj, le .guide du berg/êr.cl le .précurseur du jour. Pendant que le peuple de tÇuscp se livre au sommeil , et que les Incas , prosternés sur les degrés exlérleurs du temple , au pied d'un obélisque couronné de fleurs, attendent, le front dans la poussière , les premières lueurs de Faube matinale , elles pétrissent la farine da maïs et y mêlent le sajig que des matrones fout tomber goutte à goutte de leur jeune front, incisé avec le tranchant d'une pierre consacrée. »

Cl Cependant les heures s.' écoulent^ et. la nuit se

(a) Etoile d« Vénns.

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retire romme un mystère. Tout le peuple s* est rendu dans la place publique qui sert d'avenue au temple et qu'entoure la maison des Incas et celles des vierges sans tache. Lisses et polis comme les masses rocheuses que la mer lava de ses eaux pendant des siècles , les murs de ces édifices , cihientés par des torrents de métal infiltrés dans les joints y s'élèvent par étages et portent des dômes en pyramides qui s'élancent vers le ciel en échelons ' variés . On distingue par dessus tout, le faite majestu'eiiic de la maison du soleil , recouvert de chaume et couronné d'ulie large bande d'or qui se présente sous la saillie d'un diadème où se réfléchii'oû l les premîex'S fen^ de l'astre du jour. »

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