Nommé depuis à Tiflis
DE CONSTANTINOPLE A BATOUM il
de la mer, nous suivons une route qui tourne brusquement à gauche et s'engage dans la vallée creusée par la rivière. La chaussée, bâtie en corniche, suit la rive droite entre deux coteaux de sept à huit cents mètres de hauteur, couverts de bois et de rochers, et coupés, de temps en temps,*par des vallées transversales de la plus grande beauté. Au fond de chaque thalweg coule un torrent dont les eaux claires, bondissant par-dessus les rocs qui leur barrent le chemin, et descendant en cascades des crêtes plus éloignées, viennent grossir les flots tumultueux du fleuve et leur donner à chaque instant une impulsion nouvelle. A cette époque do l'année, le lit du Chaurok est plus qu'à moitié desséché et la navigation y est impossible, mais, au printemps et pendant Tété, où Teau coule à pleins bords, une des plus intéressantes et curieuses expéditions qu'on puisse faire de Batoum, est de remonter à cheval pendant quatre jours le cours de la rivière, puis, abandonnant sa monture, de s'embarquer sur un de ces légers caïques à deux paires de rames qui, par leur souplesse, leur légèreté, leur petit tirant d'eau et la facilité avec laquelle on les dirige, passent partout. Seul à bord, avec les deux rameurs, on se laisse emporter par le courant du fleuve. Avec leurs grandes pagaies, les bateliers dirigent le frêle esquif do manière à l'é-
12 EXCLUSIONS EN TUHKESTAN
carter des rochers dont est semé le lit du fleuve, et la vitesse de Teau est telle, les rapides si nombreux et si violents, qu'en moins de six à sept heures, on redescend, presque avec la rapidité d'un express, les cent soixante à cent quatre-vingt kilomètres qui séparent de la mer.
Malheureusement, le niveau des eaux ne nous permet pas de tenter l'aventure, et nous rentrons à Batoum, d'où nous parlons le lendemain matin pour Tiflis.
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