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Lechat, ibid., XIII

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d'Alhéna Promachos, montées sur de petites plinthes où se lit le nom du donateur, et qui portent encore la trace de Tincendie allumé par les soldats de Xerxés. C'étaient des marbres précieux, des tètes exquises de jeunes hommes, élégantes et flnes, c'étaient des Victoires ailées au buste vu de face, placé, suivant la vieille convention des maîtres archaïques, sur des jambes tournées de profil, et où Ton trouve déjà un bien curieux mélange des anciennes traditions et des tendances nouvelles; c'étaient surtout de nouvelles statues de jeunes femmes, au mystérieux sourire, à la parure étincelante, de ces idoles fardées et peintes, bien faites, par leur saveur étrange, pour tenter le pinceau d'un Gustave Moreau ou la plume d'un Pierre Loti. Comme leurs sœurs, ces nouvelles venues ont la même attitude et le même costume, les mêmes coquetteries de parure, le même soin de leur chevelure, la même expression aussi : pourtant à la série déjà nombreuse elles ont ajouté quelques œuvres exquises, et trois d'entre elles en. particulier méritent d'être signalées. L'une est une merveille de coloris : sa tunique à large bande rouge , sa chemisette d'un vert foncé bordée de pourpre, son manteau orné de méandres et de grecques du dessin le plus fin, ses vêtements parsemés de croix rouges ou vertes, qui se retrouvent sur le diadème de ses cheveux, sont d'un incomparable éclat. Sous les tons chauds de ces riches couleurs disposées avec un goût exquis, il semble que le marbre s'anime et se fasse chair vivante : et un charme étrange émané de cette figure. Celle-ci, d'une date plus récente, probablement l'une des plus jeunes de la série, montre l'effort d'un artiste habile pour créer une œuvre originale. Dans ces formes élancées, dans cette tête petite

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LES FOUILLES DE L ACROPOLE D*ATHÈNES i05

et fine, dans ces bras jetés en avant du corps, on sent la volonté du maître qui cherche à faire autrement que ses devanciers ; le sourire traditionnel est devenu presque imperceptible, les yeux, qui souriaient jadis h Funisson des lèvres, ont cessé de se relever vers les tempes; les joues creuses se remplissent et s'arrondissent. Avec des œuvres de cette sorte, Tarchaïsme est près de finir; la personnalité du sculpteur s'est dégagée des traditions de l'école. La troisième enfin est une des œuvres les plus remarquables de l'art attique. Plus ancienne que la précédente, elle est d'une valeur artistique bien supérieure. Le modelé en est exquis, et son irréprochable finesse fait un contraste singulier avec les procédés qui sentent encore les conventions de l'école. Suivant les traditions de l'art archaïque, les yeux sont obliques et bridés, le sourire fait toujours grimacer les lèvres; mais dans ces yeux le regard n'est plus indifférent et fixe, il brille d'une lueur de vie et de pensée; le sourire de ces lèvres n'est plus sec et dur, il semble avoir une douceur attendrie. Certes il n'y a dans cette sculpture nul effort pour /chercher des chemins nouveaux : mais parmi les œuvres de l'art archaïque, parmi celles où le maître a docilement suivi la route frayée et battue, cette sculpture « à l'expression candide, imperceptiblement attristée * » est l'une des plus admirables.

Ce n'est pas tout. A côté des œuvres d'art antiques, on a vu réapparaître, sous la couche de débris entassée par les siècles, les restes mêmes des vieux édifices qui couvraient autrefois la colline sacrée; et nous connaissons aujourd'hui l'Acropole d'avant les guerres médiques presque aussi bien que celle du temps de Périclès. On a retrouvé les vieux murs pélasgiques qui entou-

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