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Ilomolle, Vile de Délos, p

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des dieux étrangers. Avec les relaikms camœercuJes tournées vers l'Orient, h la suite des marchands étrangers établis à Bélos, les dieux «taîsnt venus aussi. L'Egypte donna Sérapis, Isis, Ànubis, la Syrie introduisit le culte d'Aphrodite : ici encore, comme partout k Délos, le commerce et la religion avaient marefaé du même pas.

Telle est la topographie de Délos; tel est le cadre où se mouvait jadis la population de File sainte. GrAco à ces fouilles, une ville entière renaît des décombres amoncelées; et telle est la rigueur des lois de Tarchitecture grecque, que quelques morceaux découverts suffisent k reconstituer tout un monument. Ce n'est donc pas seulement le squelette d'une ville morte que nous a rendu l'exploration de Déios : le crayon de l'architecte peut retracer l'exacte image des édifices écroulés, et Thabile collaborateur de M. Homolie, M. Nénot, a su relever les teuiples détruits de l'Ile sainte d'Apollon. Grâce à cette restauration certaine, tout renaît à Délos et tout reprend la vie : les solitudes s'animent, les splendeurs disparues faorilleot de leur antique éclat. Ce n'est pas tout; l'imagination peut sans effort, après avoir rendu à Délos ses édifices, lui rendre aussi ses habitants. Il suffît pour œla d'interroger les archives retrouvées du temple, tous ces actes publics accumulés sous la prcd^ection du dieu aux alentours du sanictuaire, toute cette masse de documents épigraphiques, décrets, dédicaces, monuments honorifiques, recueillis parmi les mines; et ces inscriptions nous diront, avec une sâreté, une abondance,, une précision d'informations admirables, la longue et curieuse histoire de Délos et de son temple saint.

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La série des inscriptions déliennes va du vu* siècle avant noire ère au i*' après J.-G. Sans doute, entre ces huit siècles^ les documents sont répartis de manière inégale, mais ils n'en éclairent pas moins toutes les périodes de l'histoire de Délos. Sans doute, pour les temps reculés du vu^ et du vi* siècle, pour cette époque obscure et demi-légendaire où Délos pourtant tient déjà une place éminente dans le respect des hommes, les monuments sont rares : quelques statues, quelques inscriptions accompagnant ces pieuses offrandes, représentent seules cette période primitive; toutefois la provenance de ces dons, qui viennent de Ghios, de Cos, de Naxos, répond bien à Tidée que l'hymne homérique nous donne de Délos, rendez-vous des insulaires de l'Archipel et centre du culte d'Apollon. Quand, au V* siècle, la domination athénienne s'établit à Délos» il semble qu'on doive rencontrer une plus riche série de documents. Il n'en est rien pourtant. Pour connaître l'histoire de Délo>s au v* et au iv*» siècle, c'est à Athènes qu'il faut aller; c'est là qu'il faut, pendant cette période» chercher les archives du temple d'Apollon et les comptes du trésor sacré. A ce moment, la vie politique de Délos est annulée au profit de sa suzeraine, et quelques actes peu nombreux se rapportent seuls à cette époque. Mais, à la fin du iv* siècle, les inscriptions se trouvent en plus grand nombre. A ce moment, vers 315, Délos redevient maîtresse de ses destinées et alors commence pour elle la période la plus heureuse et la plus brillante de son histoire. Pendant 150 ans.

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durant tout le m* siècle et la première moitié du ii% la réputation de son sanctuaire attire à elle les hommages du monde grec élargi par les conquêtes d'Alexandre. Son influence s*étend sur tout TOrient et son commerce prospère d'une manière étonnante. Sans doute, en 166, Délos perdra son indépendance, et Rome la rendra aux Athéniens : mais alors môme, sous la protection de Rome, son essor ne s'arrêtera point; et peut-être la dernière époque de l'histoire de Délos en est-elle aussi la plus éclatante. Ces trois périodes de l'histoire de l'île sainte méritent d'être étudiées avec une égale attention. Pendant toute la durée de sa vie politique, Délos a dû à sa position géographique et à son renom religieux de ne jamais vivre à part du reste de la Grèce ; et, tour à tour, chacun des grands États qui ont aspiré à la domination de la Méditerranée orientale a tenté de soumettre à son autorité, à son protectorat ou à son influence ce poste qui entre les mains d'un ennemi pouvait devenir redoutahle, ce sanctuaire dont la renommée était si glorieuse, ce port qui oflrait au commerce une situation si commode et si sûre.

Lorsque, au lendemain des guerres Médiques, Athènes comprit la nécessité d'unir tous les Grecs pour lutter efflcacement contre la Perse, une ligue de tous les peuples helléniques du continent et des îles se forma sous la présidence des Athéniens. Pour continuer la guerre nationale, pour afl'ranchir les Grecs d'Asie, il fallait une flotte et de l'argent : on demanda à chacun des alliés de fournir une contribution, et lé trésor commun fut placé sous la protection d'Apollon Délien. De tout temps, les confédérations antiques ont choisi pour siège fédéral le temple de quelque divinité.

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Les égards des Perses pour Délos venaient de prouver le caractère sacré de File, qui en faisait un asile inviolable; sa position centrale convenait à merveille pour une ligue de tous les Grecs. Ce fut donc là qu'on déposa la caisse dé Talliance et que se réunirent les diètes de TAmphictyonie attico-délienne. Cet honneur coûta à Délos sa liberté. Athènes, qui comme présidente de la Ligue administrait le trésor, une fois établie dans Tile, n'en voulut plus sortir. Sous prétexte que la caisse de la ligue était déposée dans le sanctuaire, elle mit la main sur l'administration du temple et chargea des Athéniens du maniement des affaires sacrées. Quand, en 454, le trésor fédéral fut transporté à Athènes, le prétexte cessa d'exister, mais non l'usurpation. On laissa pour la forme aux Déliens une apparence d'autonomie politique, des magistrats nommés archontes e\ quelque rôle dans l'administration du sanctuaire; mais des commissaires athéniens, les Amphictyons, eurent la réalité du gouvernement. C'est que Délos, bien située, déjà riche et forte, pouvait, soit par un développement spontané, soit entre les mains d'un ennemi habile, devenir une rivale redoutable : le plus sûr était donc de la tenir entre ses mains. D'ailleurs Athènes n'était pas une suzeraine commode, et elle traita les gens de Délos sans aucun ménagement. En 426, sous prétexte de rendre l'île sainte vraiment digne d'Apollon, elle ordonna une puriQcation générale du territoire : pour ne point souiller le sol sacré, les tombeaux antiques furent enlevés et des règlements restrictifs interdirent désormais de naître et de mourir dans l'île. Sans doute, il y eut quelques résistances : on en triompha en 422 par une mesure plus radicale, l'expulsion totale des Déliens. Ainsi Athènes arrêtait

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